Un coin de ciel bleu dans le ciel sombre.

Des lueurs de printemps dans un temps d’automne….
vendredi 27 novembre 2020
par  Paul MASSON
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Il se trouve que j’ai regardé Désobéisant.e.s le film d’Alizée Chiappini et Adèle Flaux le jour où je lisais Sortir de notre impuissance politique un essai de Geoffroy de Lagasnerie.
Ces deux œuvres ouvrent des espérances.

Désobéisant.e.s [1] est un documentaire, tourné caméra à l’épaule, entre l’été 2018 et début 2020. Un documentaire sur une jeunesse qui, face à l’urgence climatique et l’inaction des gouvernements, organise une mobilisation sans précédent. Il restitue un an et demi d’actions et de rencontres. La jeunesse dont il est question, fait le choix de la désobéissance civile. Les animateurs de ces désobéissances, avec une majorité de femmes sur l’avant-scène, ont moins de 30 ans. Leurs formes d’actions, mais surtout leur mode d’organisation autour de leur Quartier Général : « La base », sortent des sentiers battus. Les mobilisations, coordonnées par des activistes de différents mouvements [2], sont largement ouvertes. D’autres acteurs, d’autres organisations rejoignent chaque action. L’inventivité, la recherche, les rapprochements avec d’autres initiatives européennes, sont au cœur du processus de lutte.

J’ai vu, dans ce film, comme la suite du documentaire : Irrintzina, le cri de la génération climat [3] réalisé, entre 2015 et 2017. L’essor des marches pour le climat, en 2019, semble une suite du premier Tour Alternatiba qui avait mobilisé 60 000 personnes. Le blocage de la République des Pollueurs, en avril 2019 ressemble, en encore mieux réussi, à celui du sommet pétrolier, perturbé trois journées d’affilée en avril 2016 par des militants climat. En 2019, les décrochages de portraits d’Emmanuel Macron, pour « inaction face aux changements climatiques », procède de la même démarche que celle, en 2016, des Faucheurs de chaises dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux.
Dans les deux cas, lorsque les désobéissant.e.s sont convoqués devant les tribunaux, leurs luttes juridiques aboutissent à de réelles avancées du droit.
Les deux films sur cette jeune génération qui ne se résigne pas, créent et inventent un avenir désirable, sont porteurs d’espoir.

Dans Sortir de notre impuissance politique l’essai de Geoffroy de Lagasnerie, [4] je trouve une réflexion qui aide à comprendre comment, et pourquoi nous nous sommes laissés enfermer dans des actions défensives. J’y trouve aussi des pistes pour construire un avenir pour notre XXIe siècle. Des pistes que la génération montante explore avec certains succès.

En cette période où l’État renforce l’action répressive et tente de réduire les libertés collectives, en cette période de confinement, de ciel gris et de temps d’automne, ces films et ce livre ouvrent un nouvel espace, un morceau de ciel bleu. Oui, la jeunesse est là, le printemps viendra.

Emprisonnez les gens faites-en des martyrs
Tuez si ça vous plaît toutes les hirondelles
Vous n’empêcherez pas le printemps de venir

extrait des saisons [5] de Gaston COUTE

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Retrouvez les autres chroniques


[1Désobéisant.e.s film documentaire réalisé par Alizée Chiappini et Adèle Flaux novembre 2020

[2Alternatiba, Action Non Violente-COP21, les Amis de La Terre

[3Irrintzina, le cri de la génération climat, film documentaire réalisé par par Sandra Blondel et Pascal Henne en 2017

[4Sortir de notre impuissance politique Geoffroy de Lagasnerie, éd Fayard août 2020 - 5 €

[5Écouter les quatre poèmes des Saisons de Gaston Couté lu par Yvon Jean


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