Sur les hauteurs

retour en Forez 3
lundi 12 août 2013
par  Paul MASSON
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Le 31 juillet

Je quitte Saint-Yvoye vers 9 heures et demi. Le ciel est entièrement bleu, sans nuage. Mais à 1200 mètres d’altitude, l’herbe des prés et des chemins est encore couverte de rosée.
Aujourd’hui, je voyage sur les hauteurs, avec peu de dénivelé. Mon chemin suit approximativement celui des crêtes. La montagne qui fixe la ligne de partage des eaux entre le bassin de l’Allier et celui de la Loire, constitue une frontière naturelle. Elle a longtemps marqué la limite entre les terres des ducs d’Auvergne et celles des comtes du Forez. Aujourd’hui, plus modestement, elle marque celle entre le Puy de Dôme et la Loire.
Peu après le col des Limites - il porte bien son nom - j’emprunte le GR 3 qui me conduit jusqu’à ma prochaine étape : la Chapelle en Lafaye. Aujourd’hui, les parties boisées dominent sur les pâturages, et je rencontre bien moins d’habitations qu’hier.
Dans un pré, deux chevaux s’ébattent, ils ne m’ont pas remarqué. Je m’assois sur un tronc de pin coupé et regarde la vie qui s’exprime harmonieuse, légère,dans les corps en mouvement de ces deux chevaux blancs. Une impression de joie s’en dégage. Quand je reprends ma route, une buse, haut dans le ciel, lance ses longs cris. Je la cherche du regard mais ne parviens pas à l’apercevoir.
Le chemin circule entre ombre et lumière. Dans les parties ensoleillées, les mouches bourdonnent autour de moi. Dans une pâture humide où poussent des joncs, un troupeau de Salers cherche la fraîcheur près d’un bosquet qui longe la pâture. La température en montant ravive les senteurs, ici, de pins, là, de genêts. Je me laisse pénétrer par les odeurs, elles éveillent des souvenirs diffus, anciens. A plus de 1100 mètres, à l’ombre des bois, la chaleur n’est pas accablante, je me sens bien.
Mon pas de marcheur solitaire progressivement se ralentit, s’arrête parfois. J’écoute alors un chant d’oiseau, le bruit des insectes, je regarde la couleur d’une feuille au sol, d’une mousse. J’avance lentement, en symbiose avec le calme du lieu, comme dans un espace hors du temps. Un moment, je prends conscience du ralentissement qui s’est opéré en moi et me demande jusqu’où cela peut aller. Mon cœur va-t-il s’arrêter de battre ? Non, mon cœur, métronome régulier, bat toujours. Tranquille, il marque le temps, égrène la vie. D’ailleurs, autour de moi, dans la nature au ralenti, rien n’est totalement immobile. Dans le calme silencieux, une foule de bruits. Tout change imperceptiblement. Je suis vivant dans un grand tout vivant. Au contact de la nature qui m’entoure, mon rythme s’est harmonisé au sien, et je suis bien.

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