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	<title>Paul MASSON</title>
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	<description>informer partager cr&#233;er</description>
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		<title>Un r&#233;veil salutaire</title>
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		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Moutons ne songez qu'&#224; pa&#238;tre, notre berger veille sur nous &#187; Eug&#232;ne Pottier . Lorsqu'en octobre 2001, apr&#232;s huit ans de responsabilit&#233; &#224; la t&#234;te de Culture et Libert&#233; Pas-de-Calais, je quitte cette fonction pour devenir formateur ind&#233;pendant, je pars avec un sentiment d'&#233;chec relatif. Sur le Pas-de-Calais, Culture et Libert&#233; est un organisme d'accompagnement social reconnu. C'est &#233;galement un centre de formation appr&#233;ci&#233; pour son travail aupr&#232;s des personnes sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Moutons ne songez qu'&#224; pa&#238;tre,&lt;br class='autobr' /&gt;
notre berger veille sur nous &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Pottier&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;font color=&#034;white&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/font&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsqu'en octobre 2001, apr&#232;s huit ans de responsabilit&#233; &#224; la t&#234;te de Culture et Libert&#233; Pas-de-Calais, je quitte cette fonction pour devenir formateur ind&#233;pendant, je pars avec un sentiment d'&#233;chec relatif. Sur le Pas-de-Calais, Culture et Libert&#233; est un organisme d'accompagnement social reconnu. C'est &#233;galement un centre de formation appr&#233;ci&#233; pour son travail aupr&#232;s des personnes sans qualification scolaire. L'association fonctionne, ses comptes sont &#233;quilibr&#233;s, mais la dimension mouvement d'&#233;ducation populaire a pratiquement disparu des actions. Si elle reste dans certains discours convenus, plusieurs de ses acteurs n'en comprennent m&#234;me plus le sens. Je pars d&#233;&#231;u, un peu d&#233;pit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Six mois plus tard, le 21 avril 2002, le verdict des &#233;lections tombe, s&#233;v&#232;re. le Pen obtient presque 20 % des voix au premier tour des pr&#233;sidentielles, il est devant Jospin, le leader socialiste. C'est dans les quartiers populaires, ceux dans lesquels nous sommes implant&#233;s depuis des ann&#233;es, que les &#233;lecteurs se sont le moins d&#233;plac&#233;s et que le vote d'extr&#234;me droite est le plus fort. Surprise g&#233;n&#233;rale, gifle en pleine figure, coup de poing KO. Je suis furieux, furieux contre la soci&#233;t&#233;, contre les autres, contre moi... Col&#232;re de l'impuissance, une col&#232;re plus forte que le d&#233;sespoir. Nous avons tout faux. Je sentais bien que nous, acteurs de l'&#233;ducation populaire, &#233;tions dans une orni&#232;re, parfois m&#234;me, je craignais que nous soyons dans l'impossibilit&#233; d'en sortir. Et aujourd'hui, le r&#233;sultat des &#233;lections confirme mes intuitions : Nous sommes sur une fausse piste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence, pendant vingt ans, d'une v&#233;ritable &#233;ducation &#224; la d&#233;mocratie, d'un v&#233;ritable &#233;veil politique a favoris&#233; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est de saintes col&#232;res, &#233;nergie cr&#233;atrice, celle-ci en est une pour moi. Un fil se rompt. Il ne m'est plus possible de continuer comme avant. C'est d&#233;cid&#233;, je ne veux plus mettre d'&#233;nergie dans la gestion des dispositifs sociaux, faire fonctionner le curatif bien pensant. Je ne veux plus organiser le travail des classes moyennes qui g&#232;rent la mis&#232;re, font tourner les pauvres dans les dispositifs, distribuent &#224; la petite semaine des revenus faibles et pr&#233;caires &#224; des couches de population de plus en plus d&#233;pendantes. Ils contribuent &#224; entretenir la mis&#232;re culturelle qui accompagne la mis&#232;re &#233;conomique et sociale.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#233;nergie cr&#233;atrice, lib&#233;r&#233;e par ce refus, je veux la r&#233;orienter dans le combat culturel, celui que j'ai d&#233;couvert dans les ann&#233;es 1970 &#224; Culture et Libert&#233;, ce combat mobilisateur qui accompagne les luttes, suscite des initiatives alternatives. Je veux revenir &#224; la culture d&#233;finie d&#232;s 1970 par Culture et Libert&#233; comme &#171; capacit&#233; pour chacun d'assumer pleinement ses responsabilit&#233;s et de d&#233;velopper ses possibilit&#233;s &#187;. Je veux revenir au fondamental, permettre &#224; tous d'avoir prise sur la vie sociale par l'action collective. Mon engagement &#171; ne peut se limiter &#224; de vagues repl&#226;trages ou mesures de d&#233;tail. Il n&#233;cessite une action d'ensemble rigoureuse et vigoureuse dans les domaines essentiels que sont l'information, l'animation et la formation &#187;. Le r&#233;veil est violent mais salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai cinquante-trois ans, mon exp&#233;rience, ma formation militante et professionnelle m'ont fourni un bagage pour conduire ce d&#233;fi. Mon statut de formateur me donne des marges de man&#339;uvre pour l'action. J'entends les utiliser. En plus de mon engagement &#224; Culture et Libert&#233;, j'adh&#232;re &#224; ATTAC, qui se d&#233;finit comme &#171; mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233;e vers l'action &#187;. Mais quelle action entreprendre dans le contexte o&#249; les associations institutionnalis&#233;es ont perdu leur capacit&#233; de formation des citoyens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Voici le monde</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avant-propos de Chemins et m&#233;moires &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous n'&#233;crivons pas notre vie parce que nous avons une histoire, nous avons une histoire parce que nous faisons un r&#233;cit de notre vie. &#187; Paul RICOEUR &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Admettons dans l'absurde que tous les hommes soient morts, mais que la terre subsiste avec les arbres, les animaux, les rivi&#232;res, la mer, les &#233;toiles, est-ce que ce ne serait pas encore le monde ? &#187; demande l'&#233;ducateur au paysan. &#171; Non, r&#233;pondit le paysan avec conviction, il manquerait quelqu'un pour dire : &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant-propos de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;Chemins et m&#233;moires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous n'&#233;crivons pas notre vie parce que nous avons une histoire,&lt;br class='manualbr' /&gt;nous avons une histoire parce que nous faisons un r&#233;cit de notre vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul RICOEUR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Admettons dans l'absurde que tous les hommes soient morts, mais que la terre subsiste avec les arbres, les animaux, les rivi&#232;res, la mer, les &#233;toiles, est-ce que ce ne serait pas encore le monde ? &#187; demande l'&#233;ducateur au paysan. &#171; Non, r&#233;pondit le paysan avec conviction, il manquerait quelqu'un pour dire : &#171; voici le monde.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Paolo Freire &#171; P&#233;dagogie des opprim&#233;s &#187; Petite collection Masp&#233;ro, 1974 la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette r&#233;flexion, l'homme se tait, comme troubl&#233; par la phrase qu'il vient de prononcer. Une &#233;motion l'envahit, faite d'&#233;merveillement, de respect et de craintes. Des images lui viennent, lui reviennent : une prairie verdoyante un apr&#232;s midi de printemps, des arbres aux diff&#233;rents tons de mauve un matin d'automne, une nuit claire d'&#233;t&#233;, la journ&#233;e torride qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e, la mort de son p&#232;re cette ann&#233;e l&#224;. &#201;merveillement, respect, crainte, l'immensit&#233; du monde, le temps qui glisse sans laisser de prise pour le tenir, pour le retenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme veut comprendre, prendre avec lui ce temps qui fuit, chercher un sens, une r&#233;ponse &#224; ses &#171; pourquoi &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire commence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sensation, &#233;motion, m&#233;moire, histoire, conscience. Retrouver, raconter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre que s'il comprend, l'homme sera moins vuln&#233;rable aux hasards de la vie, aux al&#233;as du temps ? Alors il met de l'ordre. Il d&#233;crit, compare les sources, distingue, recherche le contexte, d&#233;finit les influences de l'environnement. Il classe au fil du temps, des jours, des ann&#233;es et des si&#232;cles, d&#233;couvre d'autres faits, qui pourraient expliquer. Il fabrique du sens, reconstruit le pass&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il va se raconter l'histoire non pas depuis le d&#233;but, mais &#224; partir d'aujourd'hui. Il raconte le pass&#233; en connaissant la fin. Et c'est pour &#233;clairer aujourd'hui, c'est pour chercher &#224; ma&#238;triser demain que l'homme en qu&#234;te de sens, enqu&#234;te sur son histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
A travers une histoire, il veut chercher &#224; s'inscrire dans l'histoire, peut &#234;tre pour se sentir moins seul, peut &#234;tre pour se sentir membre de ce mouvement de vie qui porte l'humanit&#233; depuis ses origines&#8230;et qui continuera lorsqu'il ne sera plus l&#224;&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'homme &#233;crit l'histoire, son histoire, celle qu'il a v&#233;cue&#8230;. Il veut laisser sa trace. L'homme, inscrit son pr&#233;sent dans l'histoire des hommes, survivre apr&#232;s sa mort, ne pas dispara&#238;tre tout &#224; fait&#8230;.. Il remonte &#224; sa source, interroge ses racines, reconstitue le chemin parcouru, donne sens au pr&#233;sent&#8230;. Prend conscience de lui, et des autres, et du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant ce chemin, ce parcours pour comprendre, l'homme s'humanise, il se construit une identit&#233;, une culture commune avec d'autres humains, car ce chemin il ne le fait pas seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;white&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &#233;galement : &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article877' class='spip_in'&gt;&lt;strong&gt;Le sens de l'(H)histoire... ! ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; une chronique de &lt;strong&gt;Christian Lejosne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paolo Freire &lt;strong&gt;&#171; P&#233;dagogie des opprim&#233;s &#187;&lt;/strong&gt; Petite collection Masp&#233;ro, 1974&lt;br class='autobr' /&gt; la suite de la citation dit : &lt;i&gt;Ce paysan voulait dire pr&#233;cis&#233;ment qu'il manquerait une conscience du monde, ce qui n&#233;cessairement, suppose le monde de la conscience &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#224; la chaine</title>
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		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de Chemins et m&#233;moires &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5 septembre 1969, je suis embauch&#233; comme man&#339;uvre chez Beillard, une entreprise de cartonnage. Elle fabrique des tubes en carton pour l'industrie. Le temps de travail est de quarante-sept heures par semaine. Il s'organise par postes : une semaine de 5h30 &#224; 13h30 ; la semaine suivante, de 13h30 &#224; 21h30. Le samedi, nous terminons &#224; 19h. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici deux extraits de mon journal relatant ma premi&#232;re journ&#233;e de travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce vendredi 5 septembre &#224; 13h15, j'arrive devant le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&lt;strong&gt;Chemins et m&#233;moires&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 5 septembre 1969, je suis embauch&#233; comme man&#339;uvre chez Beillard, une entreprise de cartonnage. Elle fabrique des tubes en carton pour l'industrie. Le temps de travail est de quarante-sept heures par semaine. Il s'organise par postes : une semaine de 5h30 &#224; 13h30 ; la semaine suivante, de 13h30 &#224; 21h30. Le samedi, nous terminons &#224; 19h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici deux extraits de mon journal relatant ma premi&#232;re journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce vendredi 5 septembre &#224; 13h15, j'arrive devant le portail de l'usine. J'ai dans un sac un casse-cro&#251;te et mes bleus. Le garde me re&#231;oit. C'est un homme de la cinquantaine pass&#233;e. Il me conduit &#224; la pointeuse, me montre un carton sur lequel est &#233;crit mon nom et un num&#233;ro. Il dit :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8220;Chaque fois que tu arrives et que tu pars, tu pointes.&#8221;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il me conduit ensuite vers une grande machine toute proche de la pointeuse et dit :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8220;C'est l&#224; que tu travailles, avec lui !&#8221; Il me montre un jeune homme de vingt-quatre ou vingt-cinq ans.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je demande :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8220;O&#249; est-ce que je me change ?
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Tu te mets l&#224; !&#8221;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il d&#233;signe un cagibi en planches construit dans l'atelier, tout pr&#232;s. Je m'arr&#234;te avant d'entrer. C'est un cachot. Une odeur acre s'en d&#233;gage. Trois hommes sont en train d'enfiler leur bleu de travail dans la p&#233;nombre. Il n'y a pas d'&#233;clairage &#224; l'int&#233;rieur. La faible luminosit&#233; du lieu arrive de l'atelier par la porte ouverte. A terre, p&#234;le-m&#234;le, de vieux papiers, des chiffons sales. Je dis un &#8220;bonjour&#8221; de formalit&#233;. J'entre, cherche un porte-manteau. Il y en a cinq, tous sont occup&#233;s. Je fais comme le jeune qui est l&#224;, j'accroche mon blouson, mon cache nez et mon pantalon &#224; un clou fix&#233; dans la palissade. Pour me changer, je me retiens au mur, bouscule un peu mes voisins. La pi&#232;ce o&#249; nous sommes mesure moins de cinq m&#232;tres carr&#233;. Je suis g&#234;n&#233; par la promiscuit&#233;, eux aussi probablement. Deux autres hommes entrent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon bleu enfil&#233;, je sors du &#8220;vestiaire&#8221;, mon casse-cro&#251;te &#224; la main.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je suis l&#224; jusqu'&#224; 21h30.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La batteuse</title>
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		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



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&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but ao&#251;t, la batteuse arrive au village et pendant une quinzaine de jours, elle organise la vie de tous les habitants. Les hommes se retrouvent le matin autour d'elle. Aujourd'hui dans le champ du p&#232;re Faure, demain dans celui de Jean. Ensuite, elle restera deux journ&#233;es chez les Dubessay, la grosse ferme du village. Mon p&#232;re, en cong&#233;s pay&#233;s, est happ&#233; par le mouvement qui entoure la machine. Certains jours, il participe aux t&#226;ches : approcher les &#233;pis sur les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but ao&#251;t, la batteuse arrive au village et pendant une quinzaine de jours, elle organise la vie de tous les habitants.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les hommes se retrouvent le matin autour d'elle. Aujourd'hui dans le champ du p&#232;re Faure, demain dans celui de Jean. Ensuite, elle restera deux journ&#233;es chez les Dubessay, la grosse ferme du village. Mon p&#232;re, en cong&#233;s pay&#233;s, est happ&#233; par le mouvement qui entoure la machine. Certains jours, il participe aux t&#226;ches : approcher les &#233;pis sur les chars tir&#233;s par les vaches ; les enfourner dans la batteuse, d&#233;charger les gerbes de paille, fabriquer les meules, remplir les sacs de bl&#233;, les transporter sur des chars &#224; la ferme ou &#224; la coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes aussi travaillent pour la batteuse. Elles approvisionnent les hommes en eau, en vin, fournissent le pain, le saucisson et le fromage pour la pause, pr&#233;parent le repas de midi. Ces jours-l&#224;, selon les fermes, ce sont dix &#224; quinze personnes qui seront attabl&#233;es. Tout doit &#234;tre pr&#234;t lorsque les hommes arrivent, le travail n'attend pas. Les tr&#233;teaux qui tiennent lieu de tables sont am&#233;nag&#233;s dehors, t&#244;t dans la matin&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;La boulang&#232;re a pr&#233;par&#233; dans son four les &#171; p&#226;t&#233;s &#187; : d'&#233;normes chaussons aux pommes de cinquante centim&#232;tres de diam&#232;tre, qui invariablement terminent les repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les enfants, les journ&#233;es de batteuse respirent la f&#234;te, les adultes trop absorb&#233;s ne s'occupent pas d'eux. A condition de rester suffisamment &#224; l'&#233;cart des hommes et de la machine, les enfants circulent &#224; leur aise. Les paillots, les chars rassembl&#233;s offrent des jeux extraordinaires. La vie sociale r&#233;organis&#233;e leur offre des opportunit&#233;s exceptionnelles : l'occasion d'aller chez des voisins, visiter des endroits habituellement interdits, profiter d'un reste de repas savoureux, d'un bout de g&#226;teau... Les journ&#233;es de batteuse apportent un surplus de vacances au c&#339;ur des vacances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le Th&#233;&#226;tre du Levant</title>
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		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1974, le centre national de Culture et Libert&#233; passe une convention avec le Th&#233;&#226;tre du Levant. Ses com&#233;diens utilisent l'expression th&#233;&#226;trale dans les actions de Culture et Libert&#233;. Ils interviennent dans les quartiers populaires, les entreprises. Alain Manac'h, Christian Nouaux, Armelle Huyard ainsi que G&#233;rard Berthier et Catherine Sanan&#232;s sont les cinq com&#233;diens &#171; du Levant &#187;. Aujourd'hui, je suis aux anges. Cela fait cinq ans que je souhaite les faire intervenir &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1974, le centre national de Culture et Libert&#233; passe une convention avec le Th&#233;&#226;tre du Levant. Ses com&#233;diens utilisent l'expression th&#233;&#226;trale dans les actions de Culture et Libert&#233;. Ils interviennent dans les quartiers populaires, les entreprises. Alain Manac'h, Christian Nouaux, Armelle Huyard ainsi que G&#233;rard Berthier et Catherine Sanan&#232;s sont les cinq com&#233;diens &#171; du Levant &#187;. Aujourd'hui, je suis aux anges. Cela fait cinq ans que je souhaite les faire intervenir &#224; Saint-&#201;tienne, et en ce mois de d&#233;cembre 1981, l'&#233;v&#232;nement arrive.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le hall d'entr&#233;e du Foyer de Jeunes Travailleurs, un peu avant le repas du soir, les com&#233;diens jouent &#171; Quand le bas remue, le haut tremble &#187;. Le spectacle porte sur l'&#233;chelle sociale et les rapports homme-femme. Deux clowns et un Monsieur Loyal autour d'un escabeau pr&#233;sentent une journ&#233;e ordinaire de travailleur. _ Une vingtaine de personnes venues sp&#233;cialement pour le spectacle, y assistent ainsi que des r&#233;sidents du foyer. Plusieurs jeunes restent debout un peu &#224; l'&#233;cart, alors que des chaises sont pr&#234;tes &#224; les accueillir. Ils regardent, surpris. Ils rient lorsqu'un clown se d&#233;bat et fait semblant de s'&#233;trangler quand un autre clown, un entonnoir &#224; la main, cherche &#224; lui faire ingurgiter la culture par la bouche. Ils &#233;coutent, attentifs, lorsqu'Armelle explique qu'elle commence &#224; travailler plus tard que son mari, parce que, auparavant, elle doit pr&#233;parer les enfants et les conduire chez la nourrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle termin&#233;, plusieurs pensionnaires s'engagent dans l'entr&#233;e du self-service pour le repas du soir. D'autres restent pour un d&#233;bat sur la repr&#233;sentation &#224; laquelle nous venons d'assister. Les com&#233;diens, toujours l&#224;, se taisent et &#233;coutent. Un spectateur un peu plus hardi que les autres prend la parole, un autre encha&#238;ne, une discussion s'engage. Le contenu glisse d'un th&#232;me &#224; l'autre : l'&#233;cole, le travail, le ch&#244;mage... Des t&#233;moignages arrivent. Trois quarts d'heure plus tard, le d&#233;bat s'arr&#234;te. Mais des &#233;changes se poursuivent &#224; la caf&#233;t&#233;ria et dans le hall. Certains participants, avant de partir, nous remercient de ce temps fort. Leurs yeux, leurs sourires, la chaleur de leurs poign&#233;es de mains en disent plus que leurs mots. Des id&#233;es sont n&#233;es dans leurs t&#234;tes. &#171; On ne peut pas en rester l&#224;, il va falloir qu'on se revoie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;autres extraits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>la cinquantaine</title>
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		<dc:date>2014-08-05T16:02:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour de mes cinquante ans, je re&#231;ois une carte de ma s&#339;ur. Elle a recopi&#233; le texte de la chanson de Reggiani, La cinquantaine &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On arrive &#224; la cinquantaine, moiti&#233; sage, moiti&#233; fou Le cul assis entre deux chaises &#224; tenter d'en joindre les bouts Sur la route de la chim&#232;re, on se retrouve souvent un jour Pour faire le compte de ses guerres, des petites joies, des grands amours.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ajoute : &#171; Je trouve que c'est tout &#224; fait toi en ce moment.... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jour de mes cinquante ans, je re&#231;ois une carte de ma s&#339;ur. Elle a recopi&#233; le texte de la chanson de Reggiani, La cinquantaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;On arrive &#224; la cinquantaine, moiti&#233; sage, moiti&#233; fou&lt;br class='manualbr' /&gt;Le cul assis entre deux chaises &#224; tenter d'en joindre les bouts&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur la route de la chim&#232;re, on se retrouve souvent un jour&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour faire le compte de ses guerres, des petites joies, des grands amours.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ajoute : &#171; Je trouve que c'est tout &#224; fait toi en ce moment.... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, il est bien fini le temps o&#249;, d&#232;s les derniers jours des cong&#233;s, mon esprit pr&#233;pare la reprise. Le temps o&#249;, dans ma t&#234;te, les projets se bousculent, o&#249; d&#233;j&#224;, p&#232;le-m&#234;le, sont jet&#233;s sur des bouts de papiers, quelques mots, quelques phrases pour retenir une pens&#233;e, fixer une id&#233;e, planifier un projet. Le temps o&#249;, apr&#232;s quelques jours de repos, le besoin d'activit&#233; s'impose et o&#249;, d&#233;j&#224;, mon esprit libre court vers un nouveau d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il est bien fini, ce temps-l&#224;. La reprise me p&#232;se. Les conditions de travail sont de plus en plus &#233;prouvantes, les tensions augmentent. R&#233;ussir &#224; effectuer l'ensemble des t&#226;ches qui m'incombent devient pour moi une &#233;preuve. L'abattement devant le travail &#224; accomplir remplace le d&#233;sir d'entreprendre. J'arrive &#224; la cinquantaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me reste dix ans avant la retraite, je ne pourrai pas tenir &#224; ce rythme. Mon corps se fatigue plus vite, mon esprit est plus lent, ma capacit&#233; d'attention moins forte. Je m'enthousiasme toujours pour de nouvelles causes, j'ai toujours envie de d&#233;couvrir d'autres horizons, mais mon esprit per&#231;oit les difficult&#233;s des nouveaux d&#233;fis avant d'en ressentir les exaltations. L'ombre de la vieillesse s'approche de mon territoire familier. J'ai vu, dans des batailles anciennes, de jeunes loups regarder, assoiff&#233;s, un plus ancien qui lutte. Ils cherchent &#224; l'&#233;puiser, pr&#234;ts &#224; le d&#233;vorer pour prendre sa place. J'ai peur des ans qui viennent. La f&#233;brilit&#233; de l'activit&#233; professionnelle et militante qui occupe la majorit&#233; de mon temps ne pourra plus durer longtemps, j'aspire &#224; de nouveaux d&#233;sirs, de nouveaux espaces alimentent mes r&#234;ves. Plus int&#233;rieurs. Un besoin d'approfondissement, d'intimit&#233;, de po&#233;sie, de retour &#224; la nature remplace peu &#224; peu le besoin d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;autres extraits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>d'un bassin minier &#224; l'autre : l'empreinte de la mine </title>
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		<dc:date>2014-07-20T15:28:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1981, &#224; trente-deux ans, j'arrive &#224; Lens. Je d&#233;couvre le Nord. Je quitte l'ancien bassin minier st&#233;phanois, &#224; l'apog&#233;e des &#171; Verts &#187;, pour Lens, la ville des &#171; Sang et Or &#187;, au c&#339;ur d'un autre bassin minier finissant. C'est plus qu'un symbole, car, au-del&#224; du football, les deux cit&#233;s ouvri&#232;res vibrent au m&#234;me diapason. Lorsque le samedi apr&#232;s-midi, je vais sur le march&#233;, s'il n'y avait les &#171; chicons &#187; et les &#171; wassingues &#187; je pourrais me retrouver chez moi. Je (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1981, &#224; trente-deux ans, j'arrive &#224; Lens. Je d&#233;couvre le Nord.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je quitte l'ancien bassin minier st&#233;phanois, &#224; l'apog&#233;e des &#171; Verts &#187;, pour Lens, la ville des &#171; Sang et Or &#187;, au c&#339;ur d'un autre bassin minier finissant. C'est plus qu'un symbole, car, au-del&#224; du football, les deux cit&#233;s ouvri&#232;res vibrent au m&#234;me diapason. &lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque le samedi apr&#232;s-midi, je vais sur le march&#233;, s'il n'y avait les &#171; chicons &#187; et les &#171; wassingues &#187; je pourrais me retrouver chez moi. Je rencontre une population proche de celle que j'ai connue, avec un petit d&#233;calage. A Saint-&#201;tienne, il y a presque une g&#233;n&#233;ration que les puits sont ferm&#233;s ; dans le Nord, la mine est toujours une r&#233;alit&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Aussi, par moments, ai-je l'impression de rejoindre le cadre de mon enfance.&lt;br class='manualbr' /&gt;Arrivant &#224; Lens, je per&#231;ois d'abord ce qui me rapproche de ce que je viens de quitter : l'empreinte omnipr&#233;sente des mines. Par ses puits, ses terrils, ses cit&#233;s, la mine marque le paysage, conditionne l'habitat : long alignement de corons, cit&#233;s mini&#232;res construites toutes semblables, chantiers des r&#233;novations en cours en ce d&#233;but des ann&#233;es 1980. Chaque maison de cit&#233;, avec autour un jardin, abrite deux familles. Les jardins sont bien entretenus. Bien plus qu'un revenu, le soin du potager, c'est l'honneur du mineur. Homme de l'ombre, enterr&#233;, &#233;cras&#233; par le labeur du fond, sur son carreau de terre, il retrouve sa dignit&#233;. Chacun donne une touche personnalis&#233;e &#224; son jardin, &#224; son logis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans les cit&#233;s, cependant, quelques maisons diff&#232;rent un peu. Ce sont celles des &#171; porions &#187;, les chefs d'&#233;quipe. Et un peu plus loin, spacieuses et confortables, les maisons d'ing&#233;nieurs sont entour&#233;es de murs dans un parc de verdure. Lorsqu'il revient chez lui, l'ing&#233;nieur a le droit d'&#233;chapper &#224; la mine. La hi&#233;rarchie sociale s'affiche hors des fosses.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;L'empreinte de la mine marque &#233;galement la vie sociale, les corps soufflants, malades, us&#233;s avant l'&#226;ge. Elle marque une culture form&#233;e par un m&#233;tier dur, &#224; risques, d&#233;shumanisant ; par la ranc&#339;ur d'une population victime du m&#233;tier, mais &#233;galement r&#233;sistante.&lt;/strong&gt; La population des mines du Nord, comme celle de Saint-&#201;tienne, sait que ses droits &#224; la sant&#233; ou au logement gratuit d'aujourd'hui sont le fruit de ses luttes d'hier. Elle a int&#233;gr&#233; sa condition et son histoire : l'ins&#233;curit&#233; du lendemain, le risque quotidien, l'accident du travail, le drame collectif apr&#232;s l'&#233;boulement, le coup de grisou, la maladie jamais tr&#232;s loin. La silicose est une composante de la vie du mineur de fond, seul importe le taux de silicose, car c'est lui qui d&#233;termine l'esp&#233;rance de vie et le revenu pour vivre. La population des mines conna&#238;t l'histoire, les gr&#232;ves dures, elle sait le r&#244;le des mineurs dans les avanc&#233;es sociales, elle a conscience des capacit&#233;s de lutte et de r&#233;sistance dont elle peut faire preuve. Aussi le mineur est-il fier de son histoire, de sa culture, m&#234;me si, en connaissant le prix, il souhaite pour ses enfants un autre m&#233;tier, une autre destin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;autres extraits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Retour avant l'&#233;t&#233;</title>
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		<dc:date>2014-07-20T15:17:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soir de juin 2012, l'ann&#233;e d'activit&#233; militante rentre en sommeil. Pendant deux mois, je vais vivre la p&#233;riode des vacances avec ses centres d'int&#233;r&#234;t, son rythme et ses activit&#233;s diff&#233;rentes. Dans le train qui me reconduit &#224; Arras, j'&#233;prouve ce sentiment de vague &#224; l'&#226;me des p&#233;riodes de transition, renforc&#233; cette ann&#233;e par le gris du temps d'un &#233;t&#233; qui ne veut pas venir. L'esprit flottant, les &#233;v&#233;nements de ma derni&#232;re quinzaine intense en activit&#233;s d&#233;filent dans ma t&#234;te. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce soir de juin 2012, l'ann&#233;e d'activit&#233; militante rentre en sommeil. Pendant deux mois, je vais vivre la p&#233;riode des vacances avec ses centres d'int&#233;r&#234;t, son rythme et ses activit&#233;s diff&#233;rentes. Dans le train qui me reconduit &#224; Arras, j'&#233;prouve ce sentiment de vague &#224; l'&#226;me des p&#233;riodes de transition, renforc&#233; cette ann&#233;e par le gris du temps d'un &#233;t&#233; qui ne veut pas venir. &lt;br class='manualbr' /&gt;L'esprit flottant, les &#233;v&#233;nements de ma derni&#232;re quinzaine intense en activit&#233;s d&#233;filent dans ma t&#234;te. Des visages et des souvenirs de bouts de chemin parcourus avec ceux que je viens de quitter apparaissent, des &#233;motions s'y associent. Un grand nombre de personnes rencontr&#233;es ces derniers jours s'inscrivent dans le processus commenc&#233; fin 2002. A un moment ou un autre, elles ont particip&#233; &#224; des formations que j'ai assur&#233;es et nous avons mis en &#339;uvre des r&#233;alisations communes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un visage renvoyant &#224; un autre visage, une image appelant une autre image, c'est bient&#244;t la richesse humaine des dix derni&#232;res ann&#233;es de ma vie militante qui d&#233;filent. Je m'y arr&#234;te, cherche &#224; percevoir l'alchimie de la construction de la culture dans le grand mouvement de la vie ; je cherche &#224; sentir le processus d'humanisation dans lequel je suis inscrit, &#224; faire un bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;autres extraits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#233;cit de vie</title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article688</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article688</guid>
		<dc:date>2014-07-13T14:13:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire le r&#233;cit de sa vie, permet de d&#233;couvrir que son histoire personnelle s'inscrit dans un contexte, se rattache &#224; des situations v&#233;cues par d'autres. L'histoire de vie rencontre la m&#233;moire collective. Le r&#233;cit personnel sort de son individualit&#233;. Un &#233;change se fait entre la petite histoire de chacun et la grande histoire. La petite histoire rejoint la grande et la grande histoire &#233;claire nos petites histoires. Cette d&#233;couverte ouvre la parole, favorise la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;crire le r&#233;cit de sa vie, permet de d&#233;couvrir que son histoire personnelle s'inscrit dans un contexte, se rattache &#224; des situations v&#233;cues par d'autres. L'histoire de vie rencontre la m&#233;moire collective. Le r&#233;cit personnel sort de son individualit&#233;. Un &#233;change se fait entre la petite histoire de chacun et la grande histoire. La petite histoire rejoint la grande et la grande histoire &#233;claire nos petites histoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;couverte ouvre la parole, favorise la communication avec ceux qui ont partag&#233; les &#233;v&#232;nements, ou des &#233;v&#232;nements similaires, ou plus simplement avec ceux qui s'y int&#233;ressent. L'histoire de vie suscite le d&#233;sir d'amplifier son champ de connaissance. L'&#233;crivant entre dans le partage d'une identit&#233; avec d'autres, dans la construction d'une culture commune. Cette approche permet un &#233;largissement culturel et une valorisation des cultures minoritaires ou m&#233;pris&#233;es (le patois du Nord, le v&#233;cu des femmes maghr&#233;bines, le parler &#171; gaga &#187; st&#233;phanois&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retrouve dans cette d&#233;marche un certain nombre d'ingr&#233;dients qui peuvent nourrir l'action d'&#233;ducation populaire :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; apprendre autrement, dans le plaisir et la cr&#233;ativit&#233;, dans la convivialit&#233; et le partage d'une vie de groupe. Un processus d'apprentissage artisanal, hors des programmes, mais inscrit dans des actions qui participent &#224; la valorisation de la personne.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une approche collective fond&#233;e sur la relation et l'&#233;change. L'&#233;mulation mutuelle prend le contre-pied de la comp&#233;tition et de la s&#233;lection. C'est le contraire de l'exclusion.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le temps revisit&#233; : au niveau individuel, le respect du rythme de chacun, de sa propre dynamique et au niveau collectif, la m&#233;moire et l'histoire r&#233;appropri&#233;es pour construire le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus contribue &#224; devenir davantage acteur de sa vie et ouvre la porte &#224; l'&#233;mergence de projets nouveaux. La d&#233;couverte d'int&#233;r&#234;ts communs peut permettre des prises de conscience sociales. L'&#233;change sur les &#233;critures individuelles contribue &#224; la construction de nouvelles cultures communes et ouvre de nouveaux horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;autres extraits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>l'accent</title>
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		<dc:date>2014-07-13T14:02:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



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&lt;p&gt;extrait de &#034;Chemins et m&#233;moires&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'un &#233;v&#232;nement du cours pr&#233;paratoire. Le ma&#238;tre me demande de r&#233;p&#233;ter une phrase apr&#232;s lui. J'ob&#233;is. Il me r&#233;primande car je prononce &#171; mal &#187;. Il redit la m&#234;me phrase et renouvelle sa demande. Je reprends avec application. Il se f&#226;che. Je suis surpris, je croyais avoir bien prononc&#233;. Il recommence une troisi&#232;me fois. Je fais tr&#232;s attention et r&#233;p&#232;te. Il est en col&#232;re, affirme que je n'&#233;coute &#171; pas comme il faut &#187;. &#8211; J'ai pourtant l'impression d'avoir prononc&#233; de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;morceaux choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;extrait de &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique94' class='spip_in'&gt;&#034;Chemins et m&#233;moires&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens d'un &#233;v&#232;nement du cours pr&#233;paratoire. Le ma&#238;tre me demande de r&#233;p&#233;ter une phrase apr&#232;s lui. J'ob&#233;is. Il me r&#233;primande car je prononce &#171; mal &#187;. Il redit la m&#234;me phrase et renouvelle sa demande. Je reprends avec application. Il se f&#226;che. Je suis surpris, je croyais avoir bien prononc&#233;. Il recommence une troisi&#232;me fois. Je fais tr&#232;s attention et r&#233;p&#232;te. Il est en col&#232;re, affirme que je n'&#233;coute &#171; pas comme il faut &#187;. &#8211; J'ai pourtant l'impression d'avoir prononc&#233; de la m&#234;me mani&#232;re que lui &#8211; Une quatri&#232;me fois, il me demande de reprendre. Je suis d&#233;sempar&#233;. Que dois-je faire ? Que veut-il que je dise ?&#8230; Je r&#233;p&#232;te. Cette fois, le verdict change : &#171; &#199;a ira comme cela ! &#187; dit-il, avant de s'adresser &#224; un autre &#233;l&#232;ve. Je me sens lib&#233;r&#233;, mais je ne comprends pas ce qui s'est pass&#233; car j'ai l'impression d'avoir dit quatre fois la m&#234;me chose que lui. J'en conclus : &lt;strong&gt;&#171; Il ne doit pas &#234;tre d'ici s'il ne comprend pas ce qu'on dit !? &#187; &lt;/strong&gt; Au fond de moi, je pense : &lt;strong&gt;&#171; Il ne nous aime pas parce qu'on n'est pas comme lui. &#187;&lt;/strong&gt; Aujourd'hui, je sais que ce jour-l&#224;, j'ai &#233;t&#233; humili&#233;. J'en ai gard&#233; de la col&#232;re et ai d&#233;velopp&#233; une attention sensible aux humiliations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accent nous rattache &#224; une famille, un quartier, un terroir, un milieu. Premier &#233;l&#233;ment de la construction sociale, il nous arrive d&#232;s le ventre maternel, nous est constitutif. Juger l'accent d'un enfant, c'est induire un d&#233;terminisme social. Porter un jugement n&#233;gatif sur cet accent, c'est condamner ses origines familiales, son terroir, son milieu. C'est condamner l'enfant dans ce qui l'a fait, dans ce qu'il est.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;font color=&#034;white&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;/font&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Retrouvez d'&lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique96' class='spip_in'&gt;&lt;strong&gt;autres extraits&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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