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	<title>Paul MASSON</title>
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	<description>informer partager cr&#233;er</description>
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		<title>A ma m&#232;re, &#224; ma s&#339;ur, &#224; mes filles, &#224; ma petite fille &#8230;&#8230;.</title>
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		<dc:date>2021-03-05T15:34:37Z</dc:date>
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		<dc:creator>Francine Lemoine</dc:creator>



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&lt;p&gt;Francine nous propose un t&#233;moignage. &#224; la lecture du texte, vous trouverez son int&#233;r&#234;t sociologique et psychologique et d&#233;couvrirez l'auteure. et appr&#233;cierez ses qualit&#233;s litt&#233;raires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re ne m'a jamais t&#233;moign&#233; sa tendresse qu'au travers de ses p&#226;tisseries. Il faut avouer qu'elle &#233;tait assez dou&#233;e en la mati&#232;re. Elle savait tout faire, du plus simple : les madeleines , les g&#233;noises, les cakes, les sabl&#233;s, les tartes au libouli ( flan du Nord de la France) au plus compliqu&#233; : les choux &#224; la cr&#232;me, les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Francine nous propose un t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; la lecture du texte, vous trouverez son int&#233;r&#234;t sociologique et psychologique et d&#233;couvrirez l'auteure.&lt;br class='manualbr' /&gt;et appr&#233;cierez ses qualit&#233;s litt&#233;raires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma m&#232;re ne m'a jamais t&#233;moign&#233; sa tendresse qu'au travers de ses p&#226;tisseries. Il faut avouer qu'elle &#233;tait assez dou&#233;e en la mati&#232;re. Elle savait tout faire, du plus simple : les madeleines , les g&#233;noises, les cakes, les sabl&#233;s, les tartes au libouli ( flan du Nord de la France) au plus compliqu&#233; : les choux &#224; la cr&#232;me, les &#233;clairs chocolat, vanille, caf&#233;, les p&#226;tes feuillet&#233;es, mais aussi les mokas, les pi&#232;ces mont&#233;es qu'elle confectionnait gracieusement pour les communions. Elle utilisait des colorants verts, jaunes, rouges et gr&#226;ce &#224; sa douille magique, elle brodait une dentelle &#171; cr&#232;me au beurre &#187; soign&#233;e, sucr&#233;e et all&#233;chante qui transformait ses g&#226;teaux en sortes de tableaux gourmands , un r&#233;gal autant pour les yeux que pour la bouche. Je tiens d'elle cette envie de faire plaisir, en nourrissant par la douceur les gens que j'aime, comme une offrande gustative &#224; la tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re avait 16 ans en 1945. Dans ces ann&#233;es juste apr&#232;s- guerre, elle avait fr&#233;quent&#233; une &#233;cole m&#233;nag&#232;re. A cette &#233;poque, c'&#233;tait le passage obligatoire d'une fille de paysans modestes pour devenir l'&#233;pouse efficace d'un paysan modeste. Elle avait peut- &#234;tre r&#234;v&#233; d'une autre vie. Elle n'avait s&#251;rement pas eu le choix. Son parcours &#233;tait trac&#233; d'avance et dans ce milieu conservateur et catholique, on ne demandait pas aux filles si elles avaient des r&#234;ves et des d&#233;sirs. Elle n'&#233;tait ni Simone de Beauvoir, ni Gis&#232;le Halimi. Docile, elle avait ob&#233;i et avait &#233;pous&#233; mon p&#232;re, son voisin le plus proche, de 6 ans son a&#238;n&#233;, poss&#233;dant quelques hectares de terre qu'il avait re&#231;us en h&#233;ritage, ayant eu la chance d'&#234;tre fils unique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ma m&#232;re &#233;tait l'arch&#233;type de ces jeunes femmes du milieu du XXeme si&#232;cle, model&#233;es par leur famille et la religion, assujetties &#224; leur mari, qui pouvaient s'insurger de temps en temps si tout cela restait dans les limites de la biens&#233;ance et de la soumission patriarcale.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne l'ai jamais vue en pantalon, sauf pour les moissons car c'&#233;tait plus pratique o&#249; elle portait les jeans us&#233;s de mon p&#232;re. Nous-m&#234;mes, ma s&#339;ur et moi &#233;tions toujours v&#234;tues de jupes que ma m&#232;re confectionnait dans le m&#234;me tissu. Encore les b&#233;n&#233;fices de l'&#233;cole m&#233;nag&#232;re. Bien des ann&#233;es plus tard, &#224; la retraite, j'ai pris des cours de couture. J'avais besoin de cette connivence, avec elle peut &#234;tre mais aussi avec toutes ces femmes qui pendant des g&#233;n&#233;rations ont cousu, tricot&#233;, brod&#233;, rapi&#233;c&#233;, assign&#233;es aux &#171; ouvrages pour dames &#171; dans la moiteur des apr&#232;s midis sous les tilleuls bienfaisants o&#249; elles partageaient des confidences. Images d&#233;su&#232;tes de femmes attentives dont j'ai recherch&#233; la complicit&#233; f&#233;minine &#224; travers la d&#233;licatesse d'un univers de sensualit&#233; feutr&#233;e. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il m'a fallu attendre le lyc&#233;e pour pouvoir enfin porter un pantalon et que mes parents consentent &#224; m'acheter des &#171; clarks &#187; (les chaussures branch&#233;es des adolescents de l'&#233;poque).&lt;br class='manualbr' /&gt;1968 &#233;tait pass&#233; par l&#224;, mais il avait d&#251; bouder la maison de mes parents. J'ai d&#251; batailler, parlementer, pleurer pour avoir enfin le droit de me sentir identique aux jeunes de mon &#226;ge. Ce fut ma premi&#232;re petite victoire qui m'am&#232;nerait doucement vers l'&#233;mancipation. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ma s&#339;ur est n&#233;e 5 ans avant moi, mon p&#232;re l'avait nomm&#233;e &#171; l'enfant de l'amour &#187;. Moi, la deuxi&#232;me, encore une fille, je n'avais plus la fulgurance de la nouveaut&#233; et de la d&#233;couverte, j'ai &#233;t&#233; surnomm&#233;e &#171; l'enfant de la peur &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Si certaines f&#233;es se penchent sur les berceaux des nouveaux n&#233;s, je dus grandir avec un poids sur les &#233;paules, un poids qui p&#232;sera bien des ann&#233;es. Je serai une petite fille timide, peureuse, effray&#233;e de tout ce qui bousculerait son quotidien routinier. Enfant de la m&#233;thode Oginot, j'avais &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; cause ou gr&#226;ce &#224; une peur de ma m&#232;re qui avait d&#233;r&#233;gl&#233; son cycle menstruel, d'o&#249; ce surnom d'enfant de la peur. Ce n'est que bien des ann&#233;es plus tard qu'une amie un peu psy me consola en positivant toute cette anecdote. J'&#233;tais celle qui avait voulu vivre &#224; tout prix, malgr&#233; les peurs et les angoisses de ma m&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faudrait encore attendre 5 ans avant que ne vienne &#171; l'enfant du r&#234;ve &#187;. Mon fr&#232;re, ce gar&#231;on tant d&#233;sir&#233; est n&#233; en majest&#233; un dimanche matin d'avril 62, jour du R&#233;f&#233;rendum sur les Accords d'Evian. Sa naissance, un jour de r&#233;conciliation s'annon&#231;ait sous les meilleurs auspices : un dimanche de printemps, d'&#233;closion, de promesse de paix. Il &#233;tait pour nous tous l'incarnation d'un avenir ensoleill&#233;. Comment s'imaginer que cet enfant choy&#233;, &#171; le Petit J&#233;sus &#187; de sa m&#232;re mettrait fin &#224; ses jours &#224; 53 ans sans laisser un mot d'explication.&lt;br class='manualbr' /&gt;Longtemps apr&#232;s, je me pose encore la question douloureuse du pourquoi. Avait- il les &#233;paules trop fragiles pour soutenir toutes ces esp&#233;rances familiales dont il avait h&#233;rit&#233;es ? On attendait s&#251;rement plus de lui que de ma s&#339;ur et moi. Nous n'&#233;tions que des filles et devions en toute ob&#233;issance suivre le mod&#232;le maternel, devenir de bonnes &#233;pouses et de bonnes m&#232;res. Si possible, arriver vierges au mariage et rester fid&#232;les toute notre vie &#224; un mari gentil et stable. Ma m&#232;re r&#234;vait pour moi d'un homme viril qui me mettrait, disait-elle &#171; du plomb dans la cervelle &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Des trois enfants, j'&#233;tais certainement celle qu'elle comprenait le moins. Ai-je occult&#233; sciemment ou inconsciemment toutes ces ann&#233;es les moments de tendresse et d'amour entre nous deux ? Dans mes souvenirs s&#251;rement subjectifs ne subsistent que les &#233;gratignures au c&#339;ur. Il faut avouer que j'&#233;tais une enfant col&#233;reuse. Ma m&#232;re ne connaissait ni Fran&#231;oise Dolto, ni Maria Montessori et dans sa bo&#238;te &#224; outils, pour calmer mes fureurs, elle ne poss&#233;dait que les m&#233;thodes d&#233;pass&#233;es h&#233;rit&#233;es de sa propre m&#232;re. Souvent d&#233;sarm&#233;e devant mes crises, elle ne savait que m'enfermer dans la chambre du fond, froide et sombre o&#249; personne ne dormait jamais et me donner la fess&#233;e. Ma s&#339;ur m'a rapport&#233; un souvenir m&#233;morable, o&#249; j'avais dans un exc&#232;s de passion col&#233;reuse &#233;ventr&#233; tous ses livres des collections rose et verte contre les murs de la chambre en guise de repr&#233;sailles. Mes acc&#232;s de rage &#233;taient fr&#233;quents et ma m&#232;re n'y voyait que les m&#233;faits d'un caract&#232;re r&#233;volt&#233; qu'il fallait &#224; tout prix redresser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout, mon enfance fut heureuse, gr&#226;ce &#224; ma grand-m&#232;re maternelle qui tenait avec mon grand p&#232;re le Caf&#233; de la Mairie, juste en face de chez nous. D&#232;s le lever, je traversais la rue et d&#233;jeunais chez Man Nette qui m'accueillait avec un &#339;uf &#224; la coque tout frais cueilli. Man Nette me cajolait, m'embrassait, me louait, m'adorait. Chez elle, j'&#233;tais une pr&#233;cieuse petite fille, la pr&#233;f&#233;r&#233;e, l'unique, que j'&#233;chouais &#224; &#234;tre chez mes parents. C'est &#224; la mort de ma grand-m&#232;re (j'avais 11 ans ) que les choses devinrent difficiles. Un foss&#233; s'&#233;tait creus&#233; entre ma m&#232;re et moi, un foss&#233; qu'il n'&#233;tait plus possible de combler. Nos caract&#232;res si diff&#233;rents devinrent encore plus incompatibles et je fus sevr&#233;e d'amour et de caresses &#224; l'&#226;ge si difficile o&#249; l'on commence &#224; avoir un regard critique et s&#233;v&#232;re sur ceux qui nous entourent. Petite fille en chocolat, comme elle me raillait souvent, j'&#233;tais devenue hyper sensible au moindre changement dans ma vie, au moindre mot d&#233;sagr&#233;able, au moindre doute, &#224; la moindre mise en cause qui provoquaient chez moi de grands d&#233;sordres &#233;motionnels. Avec le temps et l'exp&#233;rience, j'ai su r&#233;tablir un peu d'&#233;quilibre dans mes &#233;mois, et peut &#234;tre qu'au fond, cette &#226;pret&#233; maternelle m'a aid&#233;e dans ma qu&#234;te affective. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il y avait toujours chez moi un petit quelque chose qu'elle ne supportait pas : mes cheveux indisciplin&#233;s, mes gestes, mes c&#244;t&#233;s impr&#233;visibles, mon caract&#232;re tant&#244;t boudeur et col&#233;rique tant&#244;t joyeux. Je sentais bien qu'au fond, elle ne me faisait pas confiance, elle craignait toujours que mes impulsivit&#233;s et mes d&#233;bordements n'en viennent &#224; d&#233;stabiliser l'ordre moral impos&#233; par cette soci&#233;t&#233; scl&#233;ros&#233;e o&#249; nous vivions. Il y avait, je pense dans son attitude une forme de censure qu'elle s'infligeait &#224; elle-m&#234;me et nous infligeait en retour. J'ai le souvenir d&#233;sagr&#233;able d'avoir jusqu'&#224; mes 20 ans (moment b&#233;ni de mon ind&#233;pendance financi&#232;re) &#233;t&#233; sous la domination et l'autorit&#233; excessives de mes parents. Dans ce milieu verrouill&#233;, la fantaisie n'&#233;tait pas de mise et j'ai bataill&#233; plus d'une fois, souvent en vain, pour pouvoir m'affranchir et exister en toute libert&#233;. A cette adolescente sensible ma m&#232;re r&#233;pondait constamment cette phrase d&#233;faitiste : &#171; Garde tes larmes pour plus tard, tu en auras besoin &#187;. Quel avenir angoissant pourrait il y avoir apr&#232;s l'enfance pour devoir garder en stock des mar&#233;es de larmes qui me serviraient adulte ? Cette phrase, je l'ai gard&#233;e longtemps au fond de moi, comme si ma destin&#233;e devait automatiquement s'affirmer tragique. J'ai trouv&#233; un jour beaucoup plus tard un livre de Alix de St Andr&#233;, portant le m&#234;me titre : &#171; Garde tes larmes pour plus tard &#187;. C'&#233;tait la m&#232;re de Fran&#231;oise Giroud qui r&#233;p&#233;tait &#224; sa fille la m&#234;me litanie que la mienne. Ce jour-l&#224;, j'ai ressenti des bouff&#233;es d'esp&#233;rance. Si Fran&#231;oise Giroud &#233;tait devenue cette grande dame que j'admirais, je pouvais moi aussi m'en sortir. Et contrairement &#224; ce que ma m&#232;re avait pr&#233;dit, j'ai beaucoup moins pleur&#233; adulte que je ne l'ai fait enfant. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ma m&#232;re ne conduisait pas. Mon p&#232;re poss&#233;dait une 4CV, plus tard une 403 qu'il sortait pour les promenades dominicales en famille et les matchs de football. Ma m&#232;re, elle s'affranchissait de temps en temps de la tutelle maritale gr&#226;ce &#224; son Solex, ses vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance ainsi satisfaites avec les march&#233;s hebdomadaires et les visites au coll&#232;ge d'Hesdin o&#249; ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e &#233;tait en pension. Cas banal du d&#233;but des ann&#233;es 60, elle &#233;tait subordonn&#233;e &#224; son mari, soumise &#224; sa belle-famille et &#224; l'&#233;glise. Pourtant, je crois qu'elle n'&#233;tait pas malheureuse, elle reproduisait fid&#232;lement la vie qu'elle avait s&#251;rement vu mener par sa m&#232;re. Lisant tr&#232;s peu, ma m&#232;re ne r&#234;vait pas d'escapades au clair de lune, ni de voyages romantiques au bout du monde, ni d'adult&#232;res dans des chambres d'h&#244;tel discrets, ni d'une vie o&#249; elle serait l' h&#233;ro&#239;ne d'une histoire flamboyante. Elle &#233;tait plut&#244;t gaie malgr&#233; tout, elle aimait rire, se moquer des autres en les imitant et chanter souvent dans la journ&#233;e. Elle avait un joli brin de voix d'ailleurs et j'ai appris en l'&#233;coutant les vieilles romances fran&#231;aises d'avant- guerre : Jean Sablon, Tino Rossi, Jack Lantier, Georgel, Fr&#233;hel. Elle ne s'est jamais int&#233;ress&#233;e aux Brel, Brassens, B&#233;caud, Aznavour trop modernes et scandaleux pour elle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que n'ai-je entendu ces chansons qu'on disait r&#233;alistes ! Je peux encore aujourd'hui fredonner &#171; L'hirondelle du faubourg &#187; chant&#233; par Georgette Plana. Dans mon esprit de petite fille, je croyais vraiment que certains femmes pouvaient s'envoler telles des hirondelles. Qui avait donc coup&#233; les ailes de ma m&#232;re d&#232;s son berceau pour qu'elle demeure ainsi, les pieds englu&#233;s dans la terre ? De tout cet apprentissage chansonnier, j'ai toujours gard&#233; une app&#233;tence pour la chanson fran&#231;aise, celle qui fait pleurer, et qui comble mon &#226;me de midinette.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon p&#232;re, lui, adorait &#171; Le temps des cerises &#187;, sans jamais avoir su que cette chanson &#233;tait associ&#233;e &#224; la Commune. Avait-il seulement entendu parler de la Commune ? Il avait quitt&#233; l'&#233;cole &#224; 14 ans apr&#232;s le certificat d'&#233;tudes pour reprendre la ferme familiale. Il avait r&#234;v&#233; d'un autre avenir, mais lui non plus n'a pas eu le choix. Fils unique, il devait continuer ce qu'avait commenc&#233; son p&#232;re, et lui aussi comme ma m&#232;re a ob&#233;i &#224; un ordre social qui le d&#233;passait.&lt;br class='manualbr' /&gt;La conscience politique de mes parents ne d&#233;passait pas le canton. Ils travaillaient, prenaient de la peine, &#233;levaient leurs enfants dans une morale juste et honn&#234;te votaient tranquillement De Gaulle, qui repr&#233;sentait pour eux l'ordre et la s&#233;curit&#233; qu'ils esp&#233;raient trouver de la m&#234;me fa&#231;on au sein de leur foyer. A la fin des ann&#233;es 70, ils commenc&#232;rent &#224; changer et vot&#232;rent &#224; gauche, &#171; la force tranquille &#187;, car ils en avaient assez des &#171; gros &#187; comme ils les appelaient qui s'enrichissaient sur leur dos de &#171; besogneurs &#187; de la terre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je n'ai jamais entendu &#224; la maison de propos racistes ou antis&#233;mites. Il y avait peu d'immigr&#233;s dans nos campagnes art&#233;siennes. Le seul que nous connaissions &#233;tait Joseph. Il montait &#224; pied une fois tous les 3 mois de la gare voisine, en tra&#238;nant sa lourde valise pour vendre dans le village quelques colifichets en tous genres. Il exhalait un accent chantant qui &#233;tonnait la petite fille du Nord, plus habitu&#233;e au picard rugueux et familier. Joseph &#233;tait l'h&#244;te de ma grand-m&#232;re au caf&#233; chaque fois qu'il venait au village et il nous rapportait de ses voyages annuels dans son Alg&#233;rie natale des porte monnaies et des babouches aux parfums &#233;trangers, forts et musqu&#233;s, les seules notes exotiques de ces ann&#233;es d'enfance.&lt;br class='manualbr' /&gt;Jamais, non plus, on n'a &#233;voqu&#233; l'antis&#233;mitisme chez moi. Je n'ai appris qu'avec Georges Moustaki le mot &#171; Juif &#187;. J'avais 11 ans, ma s&#339;ur &#233;coutait le M&#233;t&#232;que o&#249; Moustaki lui-m&#234;me se traite de &#171; juif errant &#187; ; et ce mot s'est par&#233; gr&#226;ce &#224; lui de r&#234;ves d'&#233;vasion, d'aspirations d'ailleurs et de paysages color&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour mes parents, les valeurs &#171; Travail et Honn&#234;tet&#233; &#187; &#233;taient la base de toute vie r&#233;ussie. Ils les tenaient eux-m&#234;mes de leurs a&#239;eux et continuaient sans questionnement &#224; perp&#233;tuer la tradition, prot&#233;g&#233;s dans leur petit cocon familial et rural qui le pensaient- ils, ne dispara&#238;trait jamais.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon premier &#233;blouissement litt&#233;raire a &#233;t&#233; pour Colette. J'avais environ 18 ans. Avec mes &#233;conomies, j'avais achet&#233;, &#171; par hasard &#187;, un roman en Folio &#171; Claudine en m&#233;nage &#187; &#224; la librairie d'Hesdin un jour de march&#233;. Je connaissais tr&#232;s mal Colette malgr&#233; mes &#233;tudes en second cycle litt&#233;raire. Je suis aujourd'hui encore &#233;merveill&#233;e par l'&#233;lan et l'&#233;tincelle qui m'ont foudroy&#233;e. J'&#233;tais litt&#233;ralement fascin&#233;e par l'&#233;criture alerte et libre, la sensualit&#233; qui &#233;clatait dans toutes les pages, par l'espoir vital que m'apportait cette femme. Claudine, comme Colette m'offraient le monde, un monde en mouvement o&#249; tout &#233;tait possible, o&#249; les femmes peuvent en toute libert&#233; s'affranchir, d&#233;couvrir, d&#233;vorer, choisir, aimer ; un monde gourmand et d&#233;ploy&#233;. Colette reste encore &#224; ce jour une esp&#232;ce de phare pour moi, un &#233;lectron libre dont l'&#233;mancipation a provoqu&#233; la mienne. Dans ce monde clos et rempli d'interdits, elle a &#233;t&#233; la lumi&#232;re, l'espoir farouche de lendemains envo&#251;tants. La vie &#233;tait l&#224;, un peu tapie, certes mais je me jurais bien de la d&#233;busquer. &lt;br class='manualbr' /&gt;Quand &#224; 20 ans, j'ai quitt&#233; mon village natal pour la capitale, j'ai fr&#233;quent&#233; des milieux tr&#232;s diff&#233;rents ; et j'enviais ces amis dont les parents militants flattaient leur ADN. Je sentais chez eux une filiation ouvri&#232;re dont j'&#233;tais amput&#233;e. Je me suis mise &#224; courir les manifs et les associations pour combler un manque et me sentir en phase avec une jeunesse combative, soucieuse du bonheur de chacun. A cette &#233;poque, j'avais je l'avoue un peu honte de mes parents, attach&#233;s &#224; leur petit univers comme une ch&#232;vre &#224; son piquet. Comme tous les jeunes de 20 ans, je m&#233;prisais tous &#171; ces petits bourgeois &#187; qui s'arrangeaient bien de ce monde, persuad&#233;e que j'&#233;tais que notre g&#233;n&#233;ration, elle, allait tout changer.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette dichotomie entre ma famille d'un c&#244;t&#233; et mes aspirations vitales de l'autre a entra&#238;n&#233; bien des incompr&#233;hensions. Je me trouvais tr&#232;s &#224; l'&#233;troit dans mon cadre familial, persuad&#233;e qu'ils ne chercheraient jamais &#224; me comprendre. Leur g&#233;ographie n'&#233;tait plus la mienne et quand je revenais le week-end, je me heurtais toujours aux m&#234;mes poncifs et aux m&#234;mes pr&#233;jug&#233;s, aux opinions un peu r&#233;trogrades. Malgr&#233; mon ind&#233;pendance, j'&#233;tais toujours la petite fille &#224; qui sa m&#232;re reproche de n'&#234;tre pas celle qu'elle aurait d&#233;sir&#233;e. Je reniais ce milieu dont j'&#233;tais issue, sans trouver par ailleurs une v&#233;ritable compensation. C'est plus tard en lisant &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article603' class='spip_in'&gt;Annie Ernaux&lt;/a&gt; que j'ai compris bien des choses. Elle m'a aid&#233; &#224; diss&#233;quer mes &#233;motions, mes ressentis et &#224; d&#233;passer l'amertume et le ressentiment. Ses livres ont &#233;t&#233; le d&#233;but de la r&#233;silience. Je me promettais d'autres horizons, d'autres amours, d'autres familles. L'indulgence venant avec l'&#226;ge m'a ouvert les yeux sur la tendresse que m'accordaient les miens. Apr&#232;s tout, ils n'&#233;taient eux aussi que les fruits de leur histoire et de leur culture. Baign&#233;s dans un milieu clos et conservateur, ils n'avaient fait que suivre le chemin trac&#233; par leurs parents. Ils &#233;taient tous les deux adolescents pendant la 2&#232;me guerre mondiale et avaient d&#251; subir des privations et des renoncements. Ils comprenaient mal notre g&#233;n&#233;ration d'enfants g&#226;t&#233;s. Je me souviens de mon grand-p&#232;re paternel, nous conseillant de toujours garder une poire pour la soif. Et quand de temps en temps, nous ramenions un ami &#224; la table familiale, la premi&#232;re question que lui posait Pap&#232;re sans honte et sans pudeur, c'&#233;tait le montant de son salaire. Ce grand p&#232;re avait &#233;conomis&#233; sou &#224; sou pour pouvoir poss&#233;der quelques hectares de terre et connaissait bien le prix du travail. &lt;br class='manualbr' /&gt;Je me rends compte &#224; pr&#233;sent ce que ma m&#232;re a d&#251; subir de refus, de critiques et de jugements. Coinc&#233;e entre une m&#232;re tr&#232;s pratiquante et remplie de pr&#233;jug&#233;s et une belle m&#232;re possessive envers son fils et ses petits enfants, ma m&#232;re n'a pas su d&#233;velopper une autre attitude que celle qu'elle a gard&#233; toute sa vie : le respect de la biens&#233;ance, la peur du qu'en dira t-on, et la sobre posture de celle qui se fond dans un univers gris-beige sans fard et sans merveille .&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment aurait- elle pu comprendre mon besoin de r&#233;volte et de fantaisie ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Aujourd'hui, je suis m&#232;re &#224; mon tour et je sais les tourments et les angoisses des m&#232;res pour leurs enfants. Je sais la peur qui peut parfois peser si lourd et compresser nos vies.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ma m&#232;re n'a &#233;t&#233;, somme toute qu'une femme ordinaire dans une p&#233;riode o&#249; les femmes ordinaires avaient peu la parole. Elle n'a pas su se lib&#233;rer de ses carcans et a &#233;t&#233; la victime d'un syst&#232;me mill&#233;naire. Petite hirondelle qui n'a pas su voler, elle est pass&#233;e d'un nid &#224; l'autre &#224; cloche pied, &#224; cloche r&#234;ve.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est par cette humanit&#233; que je rejoins ma m&#232;re aujourd'hui, par ce lien invisible que les femmes ont tiss&#233; entre elles depuis des g&#233;n&#233;rations. Et si je n'ai aujourd'hui pour elle aucun genre d'admiration ni peut &#234;tre m&#234;me d'amour, il existe malgr&#233; tout entre elle et moi un lien tenace. Je suis sortie de ses entrailles dans la douleur, elle m'a admise au monde et m'a permis avec ses qualit&#233;s et ses d&#233;fauts d'&#234;tre la femme et la m&#232;re que je suis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Car, si ma relation &#224; ma m&#232;re n'avait pas &#233;t&#233; tendre, l'avenir m'&#233;tait ouvert pour faire mieux avec mes filles. &lt;br class='manualbr' /&gt;C'&#233;tait &#224; moi d'inventer une relation m&#232;re-fille qui nous enchanterait. C'&#233;tait &#224; moi d'innover et de tracer de nouveaux chemins, c'&#233;tait &#224; moi de donner et de nourrir. C'&#233;tait &#224; moi d'aimer et de b&#226;tir.&lt;br class='manualbr' /&gt;A moi la Joie, &#224; moi la Lumi&#232;re, &#224; moi la Libert&#233; &#224; moi LA VIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SORGES , le 01/02/2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notre corps nous parle&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A l'occasion d'octobre Rose, un mois de sensibilisation au cancer du sein Nicole propose un texte intime et po&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre corps nous parle, il nous parle de nous et de notre lien &#224; la vie. Et souvent nous ne prenons pas la peine d'essayer de d&#233;crypter ses messages. M&#234;me s'ils sont al&#233;atoires, peut-&#234;tre bien qu'ils nous font peur . &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, notre corps nous parle... A travers ses maux de pacotille, il nous chuchote de tendres paroles de mise en garde. Dans le feu de ses cataclysmes, il nous lance des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion d'&lt;strong&gt;octobre Rose&lt;/strong&gt;, un mois de sensibilisation au cancer du &lt;strong&gt;sein&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole propose un texte intime et po&#233;tique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre corps nous parle, il nous parle de nous et de notre lien &#224; la vie. Et souvent nous ne prenons pas la peine d'essayer de d&#233;crypter ses messages. M&#234;me s'ils sont al&#233;atoires, peut-&#234;tre bien qu'ils nous font peur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, notre corps nous parle...&lt;br class='manualbr' /&gt;A travers ses maux de pacotille, il nous chuchote de tendres paroles de mise en garde.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le feu de ses cataclysmes, il nous lance des cris d'urgence.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parfois, au c&#339;ur du silence et de l'immobilit&#233; de certaines heures prot&#233;g&#233;es, j'entends mes deux seins me parler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un m'a quitt&#233;e, avec ses mena&#231;ants noyaux de mort. Mais je le sens toujours l&#224;, vibrant encore de son myst&#233;rieux effondrement, comme un deuil qui ne se fera jamais tout &#224; fait&#8230; mais un deuil qui me pousse vers l'essentiel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce sein-l&#224; me dit : &#171; n'oublie pas la pr&#233;carit&#233; de tout ce qui s'installe ; N'oublie pas ce grand souffle d'&#233;ph&#233;m&#232;re qui te baigne sans fin, de d&#233;tresse en ivresse, des instants qui te comblent, jusqu'au fil de tes naufrages.. &lt;br class='manualbr' /&gt;N'oublie pas sa main sur ton &#233;paule&#8230; la main de celle qui conna&#238;t la fin de ton voyage. Dans le d&#233;sordre du chemin, elle s&#232;me des perles d'&#233;ternit&#233;. A toi de t'en saisir pour illuminer l'&#233;cheveau fragile de tes jours.&lt;br class='manualbr' /&gt;N'oublie pas sa main sur ton &#233;paule. Deux fois d&#233;j&#224;, elle t'a gliss&#233; au bord du c&#339;ur une petite fleur d'adieu. Et tu as senti s'agiter le grand bouquet final...&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais tu vois mieux d&#233;sormais l'intense clart&#233; de ses bourgeons les plus intimes, ceux qu'on ne respire que loin des tumultes et des occupations.&lt;br class='manualbr' /&gt;N'oublie pas de t'y embraser ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre sein, le r&#233;sistant, me chante les rondeurs &#233;ternelles du plaisir et de l'enfance&#8230; et les sources &#224; foison de tendresse et de lait qui s'offrent librement, sans peur et sans projets.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'y sens palpiter la s&#232;ve fid&#232;le de la vie simple, celle qui s'obstine, confiante, dans le giron des heures ordinaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'autre sein, c'est mon escarcelle. Je n'y garde que les jolis cailloux blancs de tous mes sentiers d'existence.&lt;br class='manualbr' /&gt;Jusqu'&#224; ce matin, ils &#233;taient inoffensifs..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://paulmasson.atimbli.net/site/spip.php?auteur3&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicole&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le 4 janvier 2020&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>mon pouce</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>B&#233;n&#233;dicte DUPUIS</dc:creator>



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&lt;p&gt;Je su&#231;ais mon pouce &#224; longueur de journ&#233;e. Je r&#234;vais avec lui. Mon pouce droit &#233;pousait totalement la forme de mon palais. J'avais essay&#233; l'autre mais son contour inadapt&#233; rendait le plaisir impossible. D&#232;s que ma main droite &#233;tait libre, elle se dirigeait automatiquement vers ma bouche. C'&#233;tait un geste naturel qui m'apaisait et me rassurait. Mon pouce &#233;tait disponible, &#224; port&#233;e de main et jamais fatigu&#233;. Je ne pouvais l'oublier quelque part. Certaines interventions ext&#233;rieures m'agressaient de fa&#231;on (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je su&#231;ais mon pouce &#224; longueur de journ&#233;e. Je r&#234;vais avec lui.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon pouce droit &#233;pousait totalement la forme de mon palais. J'avais essay&#233; l'autre mais son contour inadapt&#233; rendait le plaisir impossible.&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#232;s que ma main droite &#233;tait libre, elle se dirigeait automatiquement vers ma bouche.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'&#233;tait un geste naturel qui m'apaisait et me rassurait. Mon pouce &#233;tait disponible, &#224; port&#233;e de main et jamais fatigu&#233;. Je ne pouvais l'oublier quelque part.&lt;br class='manualbr' /&gt;Certaines interventions ext&#233;rieures m'agressaient de fa&#231;on violente. Il arrivait qu'on m'arrache par surprise le pouce de la bouche. C'&#233;tait comme une gifle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Evidemment, au fur et &#224; mesure que je grandissais, cela passait de plus en plus mal aux yeux des autres. Je devais me cacher ou y renoncer dans certaines situations, mais je ne pouvais m'en passer et rien apr&#232;s tout ne m'y obligeait.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je m'attardais dans l'enfance par peur de devenir grande. Avec mon pouce, je prenais le temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un jour une griffe de chat ou autre chose surprit mon pouce quand j'avais treize ans. Il s'infecta et enfla.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cela n'inqui&#233;ta pas le m&#233;decin qui me dit de le tremper dans l'eau chaude et cela dura quinze jours de plus. Mon pouce continua d'enfler et de s'infecter.&lt;br class='manualbr' /&gt;La douleur grandit peu &#224; peu, s'insinua, supportable d'abord.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle devint rapidement intol&#233;rable.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un autre m&#233;decin vint inspecter les d&#233;g&#226;ts. Il pressa dessus comme s'il pouvait en faire sortir le mal.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce fut un supplice, une souffrance inou&#239;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je me mis &#224; courir en rond dans le garage&lt;br class='manualbr' /&gt;Pas d'issue dans cette souffrance o&#249; personne ne pouvait rien pour moi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis ce fut l'h&#244;pital et une longue attente dans une chambre blanche et l'apprentissage de la solitude.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'attendis de longues heures jusque tard dans la nuit qu'on vienne me chercher pour la salle d'op&#233;ration.&lt;br class='manualbr' /&gt;On faillit me couper la moiti&#233; du pouce.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand je le revis quelques jours plus tard, entre deux des pansements &#233;normes qu'on lui faisait, il avait un gros trou et je ne le reconnus pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'avais treize ans, mes premi&#232;res r&#232;gles et je fis mon entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par bonheur, je laissais la porte grande ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:frallm@aol.com&#034; class='spip_mail'&gt;B&#233;n&#233;dicte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>entre r&#234;ves et souvenirs</title>
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		<dc:date>2008-07-26T15:20:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange SAULIERE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce soir de clair de lune, alors que la nuit s'&#233;coule doucement, solitaire, mes pens&#233;es naviguent ma m&#233;moire se trouble, inconsciente, soudain mes souvenirs d'enfances errent dans la maison des jours heureux o&#249; mes r&#234;ves sont sortis de leur &#233;crin j'imagine la bonne f&#233;e pench&#233;e sur mon berceau, faisant de moi une belle princesse. je me transforme au fil des ans, en luttant un peu contre les chocs de la vie les poings ferm&#233;s, je serre les 3 petits cailloux que tu m'avais donn&#233;s comme de l'or dans les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un parc bois&#233;, cette photo a &#233;t&#233; prise en 1953 &#224; bordeaux, ville o&#249; je suis n&#233;e&lt;br class='manualbr' /&gt;je ne peux d&#233;finir les couleurs, juste les images, car cette photo est en noir et blanc&lt;br class='manualbr' /&gt;elle repr&#233;sente des petits saltimbanques d&#233;guis&#233;e lors d'une f&#234;te des &#233;coles&lt;br class='manualbr' /&gt;j'ai 5 ans, je me trouve bien dans ma tenue de boh&#233;mienne&lt;br class='manualbr' /&gt;mon regard &#233;vite l'objectif, je parais un peu triste&lt;br class='manualbr' /&gt;dans leur costume de satin, &#224; mes c&#244;t&#233;s, des enfants fixent l'appareil sans sourire&lt;br class='manualbr' /&gt;le regard &#233;tonn&#233;, un petit tambour et un joueur de cymbales me pr&#233;c&#233;dent&lt;br class='manualbr' /&gt;au centre, 2 adorables danseuses ne l&#226;chent pas le b&#226;ton orn&#233; de gros pompons aux extr&#233;mit&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; leur gauche, un auguste au regard morose tentera peut-&#234;tre de les faire rire&lt;br class='manualbr' /&gt;enfin, une autre boh&#233;mienne ferme le groupe, son sourire me laisse penser &#224; un caract&#232;re bien d&#233;cid&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;je trouve cette photo &#233;trange par sa m&#233;lancolie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image immuable, suspendue dans le temps&lt;br class='manualbr' /&gt;cette photo r&#233;veille en moi des souvenirs enfouis au fond d'un puits, que je puise un peu pour en mesurer le chemin parcouru&lt;br class='manualbr' /&gt;j'ai gard&#233; l'art du d&#233;guisement toute mon enfance &lt;br class='manualbr' /&gt;les petits spectacles improvis&#233;s dans le jardin de mes parents&lt;br class='manualbr' /&gt;nous invitions le voisinage pour des apr&#232;s midi r&#233;cr&#233;atifs&lt;br class='manualbr' /&gt;&#233;voluant sur des musiques souvent mal appropri&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;suivait l'indispensable entracte, nous partagions les petits biscuits arros&#233;s de grenadine, avec les spectateurs&lt;br class='manualbr' /&gt;mais notre plus belle r&#233;compense &#233;tait bien sur les applaudissements et les encouragements des grandes personnes&lt;br class='manualbr' /&gt;apr&#232;s cette journ&#233;e artistique, nous rangions nos costumes dans une malle&lt;br class='manualbr' /&gt;le maquillage coll&#233; &#224; la peau, nous frottions &#233;nergiquement notre visage, laissant appara&#238;tre nos joues bien rouges&lt;br class='manualbr' /&gt;ravis, nous r&#234;vions de remettre le spectacle l'ann&#233;e d'apr&#232;s &lt;br class='manualbr' /&gt;des id&#233;es plein la t&#234;te, nous travaillerons notre projet plus &#233;labor&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#234;vant de grandes sc&#232;nes sous les projecteurs, les artistes en herbes voyageront &#224; travers le monde, surtout celui des r&#234;ves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La romantique petite fille laisse la place aux r&#234;ves&lt;br class='manualbr' /&gt;les jeux de gar&#231;ons me captives&lt;br class='manualbr' /&gt;fr&#232;res et voisins plus ou moins jeunes que moi, n'aimaient pas trop partager leurs jeux avec une fille&lt;br class='manualbr' /&gt;il faut dire que j'&#233;tais hors norme, voulant m'int&#233;grer, par ruse dans leur groupe, j'arrivai souvent au poste de gouvernail de leur bateau pirate, ce qui cr&#233;ait bien des disputes&lt;br class='manualbr' /&gt;me rejetant syst&#233;matiquement je revenais &#224; la charge en &#233;change de quelques billes.&lt;br class='manualbr' /&gt;j'&#233;patais mes amis pour une partie o&#249; je trichais &#233;videmment&lt;br class='autobr' /&gt;
attach&#233;e au totem, telle &#233;tait ma p&#233;nitence, je me pr&#234;tais volontiers au regard de leur danse macabre&lt;br class='manualbr' /&gt;les lances point&#233;es sur moi, les sioux se faisaient mena&#231;ants &lt;br class='autobr' /&gt;
la peur au ventre j'appelais ma m&#232;re au secours&lt;br class='manualbr' /&gt;criant et gesticulant : vous n'&#234;tes que des sauvages ! disait-elle&lt;br class='autobr' /&gt;
les larmes aux yeux, je me jetais sur mon lit en r&#233;fl&#233;chissant d'une strat&#233;gie en vu de prochaines bourrades&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste t-il de mon enfance ?&lt;br class='manualbr' /&gt;mes petits tiroirs que moi seule peut ouvrir avec des secrets jamais d&#233;voil&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;dans mon 1 il y a mes r&#234;ves r&#233;alis&#233;s parfois&lt;br class='manualbr' /&gt;dans mon 2 des larmes souvent am&#232;res, celui l&#224; je ne l'ouvre pas&lt;br class='manualbr' /&gt;dans le 3 il y a des questions souvent sans r&#233;ponses peut-&#234;tre l'ouvrirai-je un jour c'est on jamais !&lt;br class='manualbr' /&gt;dans mon 4 mes rires, mes farces, mes joies alors lui je l'ouvre souvent !&lt;br class='manualbr' /&gt;dans mon 5 mes amours, j'aime &#224; relire les plus belles lettres , en secret, l&#224;, je partage pas&lt;br class='manualbr' /&gt;dans le 6 il y a toutes sortes d'objets, cailloux, images, coquillages, petites peluches un peu d&#233;fra&#238;chies, un herbier, des bijoux color&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;je glisse &#224; mon poignet le bracelet de grand m&#232;re &lt;br class='manualbr' /&gt;je pense &#224; elle, aux promenades sur les quais, pr&#232;s du port, la main dans la main nous regardions la Garonne s'&#233;coulait lentement&lt;br class='manualbr' /&gt;les sir&#232;nes des bateaux annon&#231;aient leur arriv&#233;e, alourdis de diverses denr&#233;es, fruits, caf&#233;, farine, th&#233; et autres&lt;br class='manualbr' /&gt;j'aime sentir l'odeur de l'huile d'arachide flottant sur le port, le caf&#233; torr&#233;fi&#233; me titillait les narines &lt;br class='manualbr' /&gt;voil&#224;, mes souvenirs, grav&#233;s dans ma m&#233;moire, ils partiront avec moi, ailleurs l&#224;-bas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOLANGE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Photo-Souvenir</title>
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		<dc:date>2008-07-26T13:37:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Lauber</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette photo est prise dans une campagne d&#233;sol&#233;e autour ...un chantier ; au premier plan, une herbe mal taill&#233;e dans laquelle je marche, faisant bien attention . Aux autres plans s'&#233;tagent un chemin de terre, une plate-bande d'herbe coup&#233;e, c'est l&#224; que commence ce qui ressemble &#224; un chantier : un mur de b&#233;ton, pas tr&#232;s haut, des piquets &#224; intervalles r&#233;guliers, une pente, un plat, une autre pente et une rang&#233;e d'arbres rabougris, peut-&#234;tre. La photo en noir et blanc donne un air triste &#224; ce paysage qui est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette photo est prise dans une campagne d&#233;sol&#233;e autour ...un chantier ; au premier plan, une herbe mal taill&#233;e dans laquelle je marche, faisant bien attention . Aux autres plans s'&#233;tagent un chemin de terre, une plate-bande d'herbe coup&#233;e, c'est l&#224; que commence ce qui ressemble &#224; un chantier : un mur de b&#233;ton, pas tr&#232;s haut, des piquets &#224; intervalles r&#233;guliers, une pente, un plat, une autre pente et une rang&#233;e d'arbres rabougris, peut-&#234;tre. La photo en noir et blanc donne un air triste &#224; ce paysage qui est &#224; ce que je vois notre lieu de promenade. Je dois avoir 2 ans, je suis donc accompagn&#233;e, on me laisse porter un sac en toile transparente presque aussi haut que moi ce qui ne facilite pas ma marche d&#233;j&#224; pr&#233;cautionneuse. Je viens de baisser la t&#234;te par timidit&#233; car j'ai d&#251; voir le photographe. Je suis une petite fille rondelette aux cheveux bruns, souples. Je porte une veste en laine claire et une dr&#244;le de jupe en gros drap brun, des chaussettes tricot&#233;es &#224; la main et des chaussures montantes noires .&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai les 2 poings ferm&#233;s, un sur l'effort que semble me demander la marche dans ce d&#233;cor inhabituel, l'autre ferm&#233; sur l'anse du sac. Il y a quelque chose dans ce sac qui p&#232;se un peu, quelque chose qui fait ombre...&#224; la loupe, je crois voir ma poup&#233;e, Genevi&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis de l&#224;-bas :&lt;br class='manualbr' /&gt;Casablanca, murs blancs aur&#233;ol&#233;s de poussi&#232;re&lt;br class='manualbr' /&gt;Sable de la plage de Sal&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;ici, le souk, murs d'ombres, l&#224;-bas, le bled, Tamanrasset et l'oued&lt;br class='manualbr' /&gt;rires enfantins des fatmas, &#171; Bouchra &#187; au Jardin des Ouda&#239;as&lt;br class='manualbr' /&gt;chants &#224; l'&#233;glise, pieds nus dans la mosqu&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
_&#233;clair de soleil dans un cuivre abandonn&#233; dans la cuisine&lt;br class='manualbr' /&gt;mouches endiabl&#233;es, voleur de tapis&lt;br class='manualbr' /&gt;cris dans la Koutoubia&lt;br class='manualbr' /&gt;voix rauques et crachats. Amdoulla !&lt;br class='manualbr' /&gt;Grands yeux sombres ourl&#233;s de noir&lt;br class='manualbr' /&gt;peau brune au henn&#233;, cheveux huil&#233;s&lt;br class='manualbr' /&gt;djellabas racornies, souill&#233;es, poussi&#233;reuses&lt;br class='manualbr' /&gt;poudres orange, poivr&#233;es, &#233;pices sucr&#233;es, raisins, miel, th&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ferm&#233;e la porte bleue de Marrakech.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A 6 ans, je portais les cheveux longs jusqu'aux fesses&lt;br class='manualbr' /&gt;Fi&#232;rement&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu les d&#233;m&#234;lais, les tirais en arri&#232;re&lt;br class='manualbr' /&gt;Energiquement&lt;br class='manualbr' /&gt;Je criais parfois ou souffrais&lt;br class='manualbr' /&gt;Silencieusement&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu me faisais plus souvent une tresse &#233;paisse&lt;br class='manualbr' /&gt;Sagement&lt;br class='manualbr' /&gt;J'avais mal &#224; la t&#234;te, j'en perdais des poign&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;Tristement&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu soufflais, parlais de les couper&lt;br class='manualbr' /&gt;S&#233;rieusement&lt;br class='manualbr' /&gt;J'avais une petite figure et ma tresse pesait&lt;br class='manualbr' /&gt;Dangereusement&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu as fini par me convaincre&lt;br class='manualbr' /&gt;Finalement&lt;br class='manualbr' /&gt;J'acceptais par peur de devenir chauve&lt;br class='manualbr' /&gt;B&#234;tement&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est arriv&#233; comme &#231;a&lt;br class='manualbr' /&gt;Insidieusement&lt;br class='manualbr' /&gt;La honte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas combien de temps &#231;a a dur&#233;, l'absence&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne sais plus combien de temps a dur&#233; le voyage&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu ne m'as jamais dit le temps que tu passais, seule avec moi&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous n'&#233;tions plus au temps de l'ob&#233;issance&lt;br class='manualbr' /&gt;peut-&#234;tre &#224; celui du mensonge&lt;br class='manualbr' /&gt;Quel est ce temps qui dura 1 seconde ou une &#233;ternit&#233; ? Le temps de la terreur&lt;br class='manualbr' /&gt;Voici venu le temps des questions sans r&#233;ponses et de la d&#233;ception&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand bien m&#234;me aurait-on le temps de se pencher sur son berceau...le ferait-on ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Combien de temps encore le doute t'emprisonnera-t-il ?&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai pris le temps de laisser couler les histoires de ma vie comme le long des joues, des larmes gaies ou tristes .&lt;br class='manualbr' /&gt;Et toi, prendrais-tu le temps de mettre en mots l'enfance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dominique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lilleau des niges</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrem DELHAYE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lever 6h10. Partir pour le fiers d'Ars. Participer &#224; l'&#233;veil de la nature Tourner dans les vasi&#232;res et Traverser les marais salants. Franchir les pistes cyclables. Eviter les obstacles et &#8230; Stopper net : un hibou perch&#233; au plumage brun, gris tachet&#233; de roux nous arr&#234;te : yeux grands ouverts. B&#233;quiller le tandem Prendre l'appareil photo Se poser et regarder &#224; l'&#339;il nu se lever le soleil le soleil rouge avec ses d&#233;grad&#233;s d'or. Voir virevolter les &#233;chasses blanches, Entendre les cris des mouettes rieuses. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lever 6h10.&lt;br class='manualbr' /&gt;Partir pour le fiers d'Ars.&lt;br class='manualbr' /&gt;Participer &#224; l'&#233;veil de la nature&lt;br class='manualbr' /&gt;Tourner dans les vasi&#232;res et &lt;br class='manualbr' /&gt;Traverser les marais salants.&lt;br class='manualbr' /&gt;Franchir les pistes cyclables.&lt;br class='manualbr' /&gt;Eviter les obstacles et &#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Stopper net : un hibou perch&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;au plumage brun, gris tachet&#233; de roux&lt;br class='manualbr' /&gt;nous arr&#234;te : yeux grands ouverts.&lt;br class='manualbr' /&gt;B&#233;quiller le tandem&lt;br class='manualbr' /&gt;Prendre l'appareil photo&lt;br class='manualbr' /&gt;Se poser et regarder &#224; l'&#339;il nu &lt;br class='manualbr' /&gt;se lever le soleil&lt;br class='manualbr' /&gt;le soleil rouge avec ses d&#233;grad&#233;s d'or.&lt;br class='manualbr' /&gt;Voir virevolter les &#233;chasses blanches,&lt;br class='manualbr' /&gt;Entendre les cris des mouettes rieuses.&lt;br class='manualbr' /&gt;Passer un certain temps avec les sternes pierregarin :&lt;br class='manualbr' /&gt;Ici et l&#224; sont les nids sur de petits &#238;lots du marais.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est l'heure du pt'it- d&#233;j.&lt;br class='manualbr' /&gt;pour ces &#171; hirondelles de mer &#187; &#224; l'allure de mouettes &#233;l&#233;gantes.&lt;br class='manualbr' /&gt;toutes blanches au bec rouge corail point&#233; de noir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le m&#226;le s'envole, plonge en piqu&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;capture les petits poissons pour la nich&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;La femelle attend, les petits bien cach&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le m&#226;le revient et lui met dans le bec&lt;br class='manualbr' /&gt;le poisson argent&#233;, prisonnier.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle attend encore, d&#233;ploie ses ailes ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et voil&#224; les quatre petits qui d&#233;gustent le met favori ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Plus loin deux ou trois sternes semblent &#171; parader &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;pour attirer et ravir la femelle convoit&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis chercher le long des marais, les avocettes perch&#233;es sur les diguettes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Etre devanc&#233; sur les chemins par les lapins &#8230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Rencontrer les canards colvert.&lt;br class='manualbr' /&gt;Voir se faufiler dans les terriers les tadornes de belon tout bariol&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et repartir vers Ars pour un bon petit d&#233;jeuner.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est 9h, la journ&#233;e est bien commenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ars en R&#233; (Charente maritime) le 11 juin 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#238;le de R&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrem DELHAYE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est l'histoire de la mer et de l'oc&#233;an et de quatre &#238;lots de terre. D'abord &#171; les portes &#187; qui vont se souder &#224; ars ; Puis St Martin qui se rattache &#224; Ars par le Martray et Loix. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#238;le de R&#233; c'est une terre de vigne et de sel. Les cisterciens au XII &#233;me si&#232;cle ont apport&#233; leur savoir et mis en place les marais salants et la vigne. Les vignes qui donnent encore aujourd'hui le c&#233;l&#232;bre pineau ILREA et les vins ros&#233;s et blancs tr&#232;s appr&#233;ci&#233;s. Les marais salants et les sauniers encore bien d&#233;cid&#233;s &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est l'histoire de la mer et de l'oc&#233;an et de quatre &#238;lots de terre.&lt;br class='manualbr' /&gt;D'abord &#171; les portes &#187; qui vont se souder &#224; ars ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis St Martin qui se rattache &#224; Ars par le Martray et Loix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est une terre de vigne et de sel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les cisterciens au XII &#233;me si&#232;cle ont apport&#233; leur savoir et mis en place les marais salants et la vigne.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les vignes qui donnent encore aujourd'hui le c&#233;l&#232;bre pineau ILREA et les vins ros&#233;s et blancs tr&#232;s appr&#233;ci&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les marais salants et les sauniers encore bien d&#233;cid&#233;s &#224; r&#233;colter le grain gris p&#226;le et la fleur de sel. &lt;br class='manualbr' /&gt;Aujourd'hui c'est aussi la terre de la pomme de terre &#171; A.O.C. &#187; de l'&#238;le de R&#233;, au go&#251;t de noisette.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est aussi les hu&#238;tri&#232;res et autres saveurs de la mer.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelques p&#234;cheurs partent au large et reviennent avec la p&#234;che de &#171; petits bateaux &#187; : des soles, solettes, sardines, maquereaux, raies, maigres, mer, luchons, mais aussi langoustines, crabes, tourteaux, araign&#233;es et crevettes grises.&lt;br class='manualbr' /&gt;A Ars, vous trouverez &#171; la fille du p&#234;cheur &#187; au march&#233; qui vous propose la p&#234;che du bateau &#171; Jason &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est aussi ses petits march&#233;s : &#224; la Flotte vous vous retrouvez dans une cour carr&#233; m&#233;di&#233;vale avec ses &#233;tals couverts.&lt;br class='manualbr' /&gt;A St Martin c'est la Halle avec les poissonniers, mais aussi le boulanger, le boucher, le fleuriste, le primeur.&lt;br class='manualbr' /&gt;A Ars c'est en plein air et sur la place que vous trouverez le sel des sauniers de l'&#238;le de R&#233; et leur fleur de sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est aussi ses clochers : &#224; Ars le clocher avec sa tour carr&#233;e de laquelle s'&#233;lance une fl&#232;che &#224; crochets, peinte en noire et blanc, &#171; amer &#187; pour les marins qui reviennent de loin !!!!&lt;br class='manualbr' /&gt;A St Martin, un clocher observatoire avec son horloge monumentale.&lt;br class='manualbr' /&gt;A Loix, sa tour romane.&lt;br class='manualbr' /&gt;A La Couarde c'est l'&#233;tonnante inscription r&#233;publicaine sur la fa&#231;ade de l'&#233;glise.&lt;br class='manualbr' /&gt;A St Martin de R&#233; le clocher gothique du XIV&#233;me.&lt;br class='manualbr' /&gt;A St Cl&#233;ment les baleines, une &#233;glise toute simple mais b&#226;tie par les villageois envers et contre toute autorisation administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le de R&#233; c'est aussi les fleurs.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans les rues et les venelles vous admirez les fi&#232;res roses tr&#233;mi&#232;res et les majestueuses fleurs et feuilles d'acanthe.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous sentez les bouquets de genets, le long des pistes cyclables, ou le ch&#232;vrefeuille qui se tortille le long des haies.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous percevez les odeurs de pins et de sapins.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous vous trouvez parfois, &#233;tonn&#233;, face &#224; face avec un champ de coquelicots entre les vignes ou les bl&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;A moins que les tamaris ros&#233;s et les fenouils sauvages vous enivrent davantage.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et puis laissez vous surprendre par les ch&#234;nes verts &#233;bouriff&#233;s, les m&#251;riers et les amandiers &lt;br class='manualbr' /&gt;Qui rappellent la m&#233;diterran&#233;e. Andrem. Juin 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>jardin d'enfance</title>
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		<dc:date>2008-05-28T15:01:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Trois enfants regroup&#233;s au centre d'une photo. Ils sont align&#233;s par taille. Ils ont entre quatre et un an. Je suis &#224; gauche, ma main droite tient la poign&#233;e d'une poussette. Sur la poussette, un petit enfant d'un an environ : mon fr&#232;re Robert. Entre nous deux, une petite fille : ma s&#339;ur Josette. Une photo de famille, probablement prise &#224; la demande de mes parents par un ami ou un membre de la famille venu leur rendre visite et disposant d'un appareil photo. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;cor, une place publique. Le sol est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;histoire de vie et souvenirs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois enfants regroup&#233;s au centre d'une photo. Ils sont align&#233;s par taille. Ils ont entre quatre et un an. Je suis &#224; gauche, ma main droite tient la poign&#233;e d'une poussette. Sur la poussette, un petit enfant d'un an environ : mon fr&#232;re Robert. Entre nous deux, une petite fille : ma s&#339;ur Josette. Une photo de famille, probablement prise &#224; la demande de mes parents par un ami ou un membre de la famille venu leur rendre visite et disposant d'un appareil photo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;cor, une place publique. Le sol est brut, sans macadam. A l'arri&#232;re de la poussette, l'angle d'un &#233;difice : l'&#233;glise du village. Sur la partie droite de la photo, en arri&#232;re plan, la place s'&#233;tend jusqu'aux maisons qui la bordent sans la fermer. Entre les maisons, un large coin de ciel. On devine la forme d'une colline couverte de p&#226;turage. Cette ouverture donne de la lumi&#232;re et de l'espace &#224; la photo. Je reconnais le lieu. C'est devant la maison o&#249; nous allions en vacances lorsque j'&#233;tais enfant. Ce cadre accompagnera mon enfance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai grandi, mon espace aussi. Des abords de la maison de campagne, j'ai conquis le territoire du village. J'en connais les fermes, j'en connais les paysans, les animaux aussi. J'ai parcouru les pr&#233;s et les bois des environs. Un v&#233;lo m'a permis d'&#233;tendre mon territoire, il a contribu&#233; &#224; acc&#233;l&#233;rer mes d&#233;placements dans ce coin du monde. Cet endroit est mon royaume. J'y suis libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cet apr&#232;s midi d'&#233;t&#233;, pour la premi&#232;re fois, mon p&#232;re me pr&#234;te son solex pour une nouvelle aventure. Je vais me rendre seul &#224; P&#233;rigneux, &#224; environ cinq kilom&#232;tres. Sur ce v&#233;lo &#224; moteur, je suis un cow-boy sur son cheval &#224; la conqu&#234;te des grands espaces. Me voil&#224; d&#233;valant la descente du cimeti&#232;re. Je laisse sur ma droite la statue de la vierge. Apr&#232;s la croix du chemin qui rejoint le Breuil, je quitte le territoire conquis. La journ&#233;e est belle sans &#234;tre trop chaude. Les cumulus d'&#233;t&#233; font alterner soleil et ombre sur les champs et les prairies. Je suis sur le plateau, j'ai l'espace et l'air pur. Je suis bien, je suis libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un virage, &#224; la cime d'une petite cote, sur ma gauche, j'aper&#231;ois P&#233;rigneux. Le bourg s'&#233;tale en l&#233;ger contre bas, dans un halo de lumi&#232;re. Les nuages recouvrent de leur ombre ses abords un peu comme si le soleil avait d&#233;cid&#233; de faire de ce gros village, de cette modeste localit&#233;, une cit&#233; c&#233;leste. J'arr&#234;te mon v&#233;lo, m'assoit par terre et contemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La batteuse est au village, et pendant une quinzaine de jours, elle est son c&#339;ur, elle est son poumon, elle organise la vie de tous les habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes se retrouvent le matin autour d'elle. Aujourd'hui dans le champ du p&#232;re Faure, demain dans celui de Jean, le lendemain et le jour suivant, chez les Dubessay, la grosse ferme du village. Mon p&#232;re, en cong&#233;s pay&#233;s, est happ&#233; par le mouvement qui entoure la machine. Certains jours, il participe aux t&#226;ches : approcher les &#233;pis sur les chars tir&#233;s par les vaches ; l'enfourner dans la batteuse, d&#233;charger les gerbes de paille, fabriquer les meules, remplir les sacs de bl&#233;, les transporter sur des chars &#224; la ferme ou &#224; la coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes aussi travaillent pour la batteuse. Elles approvisionnent les hommes en eau, en vin, fournissent le pain, le saucisson et le fromage pour la pause, pr&#233;parent le repas de midi. Ces jours l&#224;, selon les fermes, c'est quinze &#224; vingt cinq personnes qui seront attabl&#233;es. Tout doit &#234;tre pr&#234;t lorsque les hommes arrivent, le travail n'attend pas. Les tr&#233;teaux qui tiennent lieu de tables sont am&#233;nag&#233;s dehors, t&#244;t dans la matin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La boulang&#232;re a pr&#233;par&#233; dans son four les &#171; p&#226;t&#233;s &#187; : &#233;normes chaussons aux pommes de cinquante centim&#232;tres de diam&#232;tre, qui invariablement terminent les repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les enfants, c'est la f&#234;te. Les adultes sont trop absorb&#233;s pour avoir le temps de s'occuper d'eux. Et &#231;a, c'est une chance. A condition de rester suffisamment &#224; l'&#233;cart des hommes et de la machine, les enfants sont libres. Ils circulent &#224; leur aise. Les paillots, les chars rassembl&#233;s offrent des jeux exceptionnels. Il y a toujours une occasion d'aller chez les voisins, dans des endroits o&#249; d'habitude c'est interdit, une opportunit&#233; pour manger un reste de repas, un bout de g&#226;teau&#8230;. Chez les autres, c'est toujours meilleur que chez soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La batteuse, c'est les vacances pour les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Abo&#235;n, village de l'enfance, tu es ma r&#233;f&#233;rence. C'est toi qui fais le lien, toi qui donnes le sens. Tu es le &#171; LA &#187;, tu donnes le ton. Tu es source et matrice de quelque chose que je ne connais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens pas de ton premier contact. Peut-&#234;tre un temps privil&#233;gi&#233; entre ma m&#232;re et moi lorsque mon p&#232;re, en ville, travaillait ? Tu es rest&#233; pour moi terre de libert&#233;, le temps du sans contrainte. Le temps des vacances, des longues plages vides o&#249; je peux vaquer seul &#224; ma guise entre la fin du petit d&#233;jeuner et l'ang&#233;lus de midi, puis repartir l'apr&#232;s midi presque jusqu'au soleil couchant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es aussi pour moi terre-m&#232;re, nature. Avec toi, j'ai plus appris, au cours de mon enfance que de mes temps d'&#233;cole. Moi, le fils d'ouvrier, moi, l'enfant de la ville, j'ai appris la campagne, ses hommes, ses m&#233;tiers ; mais surtout, j'ai senti aupr&#232;s de toi vivre la terre ; j'ai respir&#233; l'odeur des mousses, des pins, d'apr&#232;s la pluie ; senti l'odeur des poules, des cochons, des vaches et des moutons. J'ai sentir la torpeur des journ&#233;es chaudes, sous le soleil d'&#233;t&#233;, quand la nature s'arr&#234;te tant elle est fatigu&#233;e et o&#249; seules quelques mouches sont en activit&#233;. J'ai senti la fra&#238;cheur de l'air sous les grands arbres et celle, diff&#233;rente, du vent du nord par tr&#232;s beau temps. J'ai laiss&#233; dans mes doigts glisser l'eau fra&#238;che de la rivi&#232;re, dans mes paumes de main, j'ai per&#231;u les sensations diverses de l'&#233;corce de pin, celle du merisier, de la pierre de granite, de la glaise et du sable. J'ai vu le ciel de grand beau temps, j'ai vu le ciel d'orage, j'ai vu des &#233;toiles filantes comme s'il en pleuvait. J'ai respir&#233; la nuit, j'ai entendu la buse, &#233;cout&#233; la m&#233;sange et le chardonneret. J'ai vu le genet jaune et la mauve bruy&#232;re. Dans le regain, les colchiques arrivaient, juste avant la rentr&#233;e des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Adolescent, tu &#233;tais l&#224; quand j'ai connu mes premiers &#233;mois amoureux. J'ai cherch&#233; &#224; y r&#233;sister, j'ai cherch&#233; &#224; comprendre. Sans le savoir, aupr&#232;s de toi, je m'ouvrais &#224; la philosophie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je me suis perdu, je suis retourn&#233; vers toi. J'ai voulu faire parler tes arbres et tes pierres, &#233;couter leur message afin de me retrouver. Progressivement, c'est toi qui es entr&#233; en moi, tu es venu m'habiter. Maintenant, je n'ai plus besoin d'aller te retrouver pour t'&#233;couter parler. Tu es dans ma m&#233;moire, je te retrouve en moi. Tu alimentes mon imaginaire, fais rena&#238;tre mes &#233;motions. En toi, le temps se m&#233;lange ; les temps se fondent, se confondent, se figent et se solidifient. Mes souvenirs s'estompent, mais il reste au c&#339;ur un noyau dur, comme une pierre compacte, m&#233;moire m&#233;tamorphique qui r&#233;siste au temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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