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	<title>Paul MASSON</title>
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	<description>informer partager cr&#233;er</description>
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		<title>Des mots tout nou&#233;s de chair vive et de vent </title>
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		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce matin, port&#233;e par la vague tranquille d'un dimanche ordinaire, je m'assieds devant une page blanche, et j'attends. Le flottement de l'heure silencieuse m'aidera-t-il enfin &#224; d&#233;livrer les mots&#8230;Ceux qui n'ont pas de musique encore, pas de souffle, pas de visage, mais qui se cognent en moi avec leur impatience, jour apr&#232;s jour. Ca y est&#8230;je ressens d&#233;j&#224; l'envie de quitter ma place&#8230;de me perdre &#224; la fen&#234;tre, dans le flou du lilas qui tremble&#8230; de grignoter une bricole, de pr&#233;parer la compote, avec les fruits (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;chroniques du temps perdu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce matin, port&#233;e par la vague tranquille d'un dimanche ordinaire, je m'assieds devant une page blanche, et j'attends.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le flottement de l'heure silencieuse m'aidera-t-il enfin &#224; d&#233;livrer les mots&#8230;Ceux qui n'ont pas de musique encore, pas de souffle, pas de visage, mais qui se cognent en moi avec leur impatience, jour apr&#232;s jour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ca y est&#8230;je ressens d&#233;j&#224; l'envie de quitter ma place&#8230;de me perdre &#224; la fen&#234;tre, dans le flou du lilas qui tremble&#8230; de grignoter une bricole, de pr&#233;parer la compote, avec les fruits qui vont se d&#233;composer&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Car ils m'oppressent un peu tous ces mots de mon ventre, qui sans fin se bousculent, en cherchant leurs accords.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je les sens tout nou&#233;s de chair vive et de vent. Ils me font mal. Ils me font vivre. Sur le fil des heures, ils affleurent sans cesse, dans le d&#233;sordre, pour trois fois rien : pour ces minutes infinies, &#224; regarder l'enfant qui regarde le monde&#8230; pour trois pages relues de cet auteur qui me ressemble et m'emm&#232;ne avec lui, bien plus loin que ma route, pour ce joyau de po&#233;sie qui dit presque tout de mes incertitudes&#8230;pour ces rencontres malhabiles avec ceux que j'aime, ceux que je cherche, du lointain de mon autre plan&#232;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;Car c'est tout cela que j'ai besoin d'&#233;crire, obstin&#233;ment&#8230;tout cela et&lt;br class='autobr' /&gt;
tant d'autres nuances de sentir et d'&#234;tre&#8230; tout ce qui fut d&#233;j&#224; chant&#233;, griffonn&#233;, vomi, ratur&#233;, murmur&#233; par une multitude avant moi, tout ce qui fut p&#233;tri de la lumi&#232;re et du sang des mots humains depuis des mill&#233;naires&#8230;C'est encore cela que je veux &#233;crire, obstin&#233;ment avec mon bout de mine &#224; moi&#8230;par del&#224; l'inertie des pudeurs et des peurs&#8230; par del&#224; le gel sournois des milliers d' &#171; &#224; quoi bon &#187;, et le mar&#233;cage de tant de choses &#224; faire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je relis mon texte et voil&#224; qu'une nouvelle pulsion d'activit&#233; me pousse &#224; aller m'occuper plus loin&#8230; pour fuir encore ce qui reste de d&#233;sert et de maladresse dans la page&#8230; fuir cet embouteillage &#233;touffant dans mon stylo&#8230; fuir cet inconfort face au miroir des mots qui me renvoie mon visage inconnu. Car ce ne sont pas tout &#224; fait ces mots l&#224; qui bougeaient dans ma t&#234;te, car c'est bien plus, c'est bien autre chose, ce que je voulais dire. Oui, il manque le sel des larmes, le fr&#244;lement de la tendresse, il manque la respiration du silence, le b&#233;gaiement entre les lignes, le bel envol d'apr&#232;s la symphonie&#8230; Il manque mon sanglot qui a germ&#233; soudain dans ces &#233;clats de phrases&#8230; moi qui ne pleure presque jamais&#8230;. Il manque l'&#233;ternel indicible des mailles les plus enfouies de la vie. Il manque tout cela, qui me poussera bient&#244;t, comme une main obstin&#233;e sur mon &#233;paule, &#224; m'asseoir devant la page blanche d'un dimanche ordinaire&#8230; une fois de plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;mailto:paulmasson@nordnet.fr&#034; class='spip_mail'&gt;Nicole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'arc-en-ciel</title>
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		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait un apr&#232;s-midi de folie acheteuse, quelques jours avant No&#235;l, cette grande f&#234;te du d&#233;pouillement supr&#234;me, ce bel anniversaire d'un b&#233;b&#233; de migrants n&#233; dans les courants d'air. Comme beaucoup de monde, je titubais un peu dans le tourbillon d'un grand paradis de jouets, &#224; la recherche d'un talkie-walkie, command&#233; au p&#232;re No&#235;l, par Titouan, 4 ans. Comme beaucoup de monde, j'observais, je soupesais, j'h&#233;sitais, je repartais fureter ailleurs, je revenais vers mon premier choix, j'&#233;valuais, je comparais... (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un apr&#232;s-midi de folie acheteuse, quelques jours avant No&#235;l, cette grande f&#234;te du d&#233;pouillement supr&#234;me, ce bel anniversaire d'un b&#233;b&#233; de migrants n&#233; dans les courants d'air. &lt;br class='manualbr' /&gt;Comme beaucoup de monde, je titubais un peu dans le tourbillon d'un grand paradis de jouets, &#224; la recherche d'un talkie-walkie, command&#233; au p&#232;re No&#235;l, par Titouan, 4 ans.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme beaucoup de monde, j'observais, je soupesais, j'h&#233;sitais, je repartais fureter ailleurs, je revenais vers mon premier choix, j'&#233;valuais, je comparais... entre celui-ci, all&#233;chant dans sa forme de spider-man, mais bon march&#233;,et pas tr&#232;s costaud......et celui-l&#224;, un peu aust&#232;re pour un petit, mais assez cher pour durer, contre vents et mar&#233;es de l'enfance intr&#233;pide.....&lt;br class='manualbr' /&gt;Autour de moi, &#231;a fouillait, &#231;a se bousculait, &#231;a s'interpellait. Les portables s'&#233;chauffaient bon train&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; C'est bien le poupon gar&#231;on en jogging mauve &#224; 37,95 euros qu'elle veut ? Avec un zizi, t'es s&#251;re ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Il n'y a plus de tracteur t&#233;l&#233;command&#233; vert, avec remorque, qu'est-ce que je lui prends ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Une toute petite fille, qui n'avait pas encore acc&#232;s au concept de propri&#233;t&#233;, hurlait de devoir se s&#233;parer d'une trottinette rose adopt&#233;e en un clin-d'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus loin, une m&#232;re exasp&#233;r&#233;e par son pleurnichard de fils, jeta sous mon nez, en m&#234;me temps qu'un juron, une panoplie d'indien,dans le rayon des d&#238;nettes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au c&#339;ur de ce cahot, sur l'&#233;tag&#232;re des peluches, j'aper&#231;us un petit lion affol&#233;, nich&#233; contre l'&#233;paule d'une antilope imperturbable. Je pris le temps d'en sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je voguais sans cesse entre deux sentiments : d'une part une certaine naus&#233;e, devant cette ruade consommatrice, cette surabondance d'objets qui polluait d&#233;j&#224; le r&#234;ve des enfants, et d'autre part un &#233;lan de tendresse, face aux bouff&#233;es d'amour, de bonheur ordinaire, que je sentais flotter dans la fi&#232;vre d'achat. Il y avait tant de mots doux, de c&#226;lins manqu&#233;s, entre les carabines et les ch&#226;teaux de f&#233;es !&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour finir, en bonne grand-m&#232;re qui n'y regarde pas, je choisis pour Titouan le talkie-walkie le plus cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s une deuxi&#232;me &#233;tape de bain de foule &#224; la caisse, je sortais du magasin avec l'objet convoit&#233; et une satisfaction moyenne, quand je fus soudain emport&#233;e par un enchantement inattendu : un parfait demi-cercle d'arc-en-ciel embrassait de sa lumi&#232;re aux superbes nuances la bruine du parking. Le ciel morne s'exaltait. Le bitume s'embrasait de reflets mauves et orang&#233;s. Les voitures fr&#233;missaient sous cette averse insolite de po&#233;sie. D&#233;j&#224;, l'annonce de ce prodige se faufilait, de parole en regard, dans l'agitation des all&#233;es. Des enfants accourus vers le spectacle, s'exclamaient, oubliant pour un temps leurs tr&#233;sors qui s'ach&#232;tent. Un grand-p&#232;re &#233;bloui laissa tomber sous l'extase son grand sac &#233;puis&#233;. Je vis m&#234;me deux caissi&#232;res abandonner leur poste pour voler quelques instants d'ivresse &#224; la beaut&#233; du ciel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je sentais confus&#233;ment que cette merveille s'invitait l&#224; comme un cadeau de No&#235;l d'une autre dimension. Surprise offerte &#224; tous, dense comme tous les myst&#232;res du monde qui nous nourrissent et nous &#233;l&#232;vent, &#233;ph&#233;m&#232;re comme la vie qui cogne &#224; la porte de tous nos paradis d'artifices.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et quand, ce chef-d'&#339;uvre du ciel lentement s'&#233;vanouit, et que je rejoignis l'ordinaire de ma journ&#233;e, je gardai secr&#232;tement au creux de mes pens&#233;es, un lumineux espace de s&#233;r&#233;nit&#233;,comme un immortel cadeau sans objet, sans raison, qui se moquait bien des &#226;ges, des escarcelles et des saisons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>au mus&#233;e</title>
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		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Selon Giacometti, au mus&#233;e, les gens sont bien plus extraordinaires que les tableaux qu'ils admirent &#187; &#233;crit Christian Bobin dans &#171; les ruines du ciel &#187;. Et ailleurs, dans &#171; Mozart et la pluie &#187;, il nous glisse &#224; l'oreille cette petite phrase, comme un fil d'or dans les mailles de notre ordinaire : &#171; Rien ne me bouleverse plus, dans cette vie, que les gestes pauvres, indispensables pour que le jour succ&#232;de au jour... Mes ma&#238;tres sont des musiciens, des po&#232;tes... mes ma&#238;tres sont des petits-enfants &#187; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Selon Giacometti, au mus&#233;e, les gens sont bien plus extraordinaires que les tableaux qu'ils admirent &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit Christian Bobin dans &#171; les ruines du ciel &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ailleurs, dans &lt;i&gt;&#171; Mozart et la pluie &#187;&lt;/i&gt;, il nous glisse &#224; l'oreille cette petite phrase, comme un fil d'or dans les mailles de notre ordinaire : &lt;i&gt; &#171; Rien ne me bouleverse plus, dans cette vie, que les gestes pauvres, indispensables pour que le jour succ&#232;de au jour... Mes ma&#238;tres sont des musiciens, des po&#232;tes... mes ma&#238;tres&lt;br class='autobr' /&gt;
sont des petits-enfants &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mes ma&#238;tres &#224; moi, mes musiciens du quotidien, ce sont aussi parfois des femmes de m&#233;nage. Surtout quand elles fignolent leurs humbles t&#226;ches, entre les &#171; chefs-d'&#339;uvre &#187; d'un immense mus&#233;e d'art moderne, et les d&#233;ambulations bavardes de ses visiteurs extasi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, j'avan&#231;ais dans la splendeur, un peu &#233;tourdie par le passage rapide de &#171; la maternit&#233; &#187; de Modigliani, &#224; la &#171; nature morte espagnole &#187; de Picasso, quand, soudain, je ne vis plus qu'elle...&lt;br class='manualbr' /&gt;Tandis que tous nos regards s'enivraient, dans les hauteurs fulgurantes de l'art brut d'Adolf Wolfli, elle, elle tournait le dos au g&#233;nie. Elle, elle avait les yeux dans nos pas, dans leurs traces sur le carrelage. Pour la ni&#232;me fois ses mains de f&#233;e cach&#233;e tordaient la serpill&#232;re... ses mains, pensais-je, qui n'auraient sans doute jamais le temps ni l'occasion d'enfanter la magie de l'Art que nous portons tous en nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que pouvait-elle ressentir, courb&#233;e entre son seau et son balai, face &#224; tous ces contemplatifs qui ne l'avaient peut-&#234;tre m&#234;me pas aper&#231;ue, face &#224; tous ses semblables d'une autre rive... celle de la culture et du savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avait-elle seulement d&#233;j&#224; fait le tour du mus&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avait-elle seulement os&#233; m&#234;ler ses empreintes &#224; la poussi&#232;re dor&#233;e des voyageurs de l'Art ?&lt;br class='manualbr' /&gt;J'attendais de croiser son regard. Je pensais y deviner une honte furtive, un voile de d&#233;senchantement. Pourtant, quand il se leva vers nous, entre deux glissements de seau, je fus presqu' &#233;tonn&#233;e de n'y voir que douceur et bienveillance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses yeux bleus, presque rieurs semblaient nous dire : &lt;i&gt;&#171; Je suis l&#224;, dans mon temps de gagne-pain, vous &#234;tes l&#224;, dans votre apr&#232;s-midi de ravissement... ainsi va la vie &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;J'imaginais m&#234;me que son sourire &#233;nigmatique voulait ajouter :&lt;i&gt; &#171; N'oubliez pas ! C'est le m&#234;me souffle qui bat en nous, c'est le m&#234;me bateau de myst&#232;re qui nous porte... tout le reste n'est que bavardage... &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Elle semblait si minuscule, &#233;cras&#233;e par la folie grandiose d'Adolf Wolfli, par l'immensit&#233; de la salle et de la t&#226;che &#224; accomplir. Elle semblait si ordinaire dans sa blouse de nylon bleue. Pourtant, dans sa fa&#231;on de r&#233;ajuster sa m&#232;che de cheveux, et dans sa r&#234;verie d'un moment avant la remise &#224; l'ouvrage, je vis passer le plus subtile de la Beaut&#233;. Je vis passer l'infini de la vie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et c'est avec une certaine distance que je continuai la visite. Pour moi, les &#171; Trois personnages sur fond noir &#187; de Miro ressemblaient &#233;trangement, en moins &#233;labor&#233;, aux bonhommes de Pierrot, mon petit-fils. Plus loin, je me demandais au nom de quels crit&#232;res cette immense carte murale de France, piqu&#233;e de &#171; doudous &#187; en lambeaux m&#233;ritait tant de consid&#233;ration. Au fil de mes escales, je sentais s'&#233;tioler la fronti&#232;re entre l'Art et le &#171; Non-Art &#187;. De plus en plus l&#233;ger, mon esprit s'envolait avec Christian Bobin vers tous les po&#232;tes inconnus, vers tous les prodiges de la rue. Je rejoignais ce Giacometti du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle qui aurait s&#251;rement &#233;lev&#233; sur un pi&#233;destal, au c&#339;ur des &#339;uvres &#224; foison, la femme de m&#233;nage et tous ses chants secrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les cabanes</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de mes petits-enfants, c'est la folle saison des cabanes. Au del&#224; des maisons &#171; en dur &#187; o&#249;, depuis leur premier cri la vie les nourrit de confort et de s&#233;curit&#233;, ils ont besoin de s'inventer, de se reb&#226;tir inlassablement des palais de vieux draps et de courants d'air, de s'improviser des alc&#244;ves de troncs d'arbre et de mousse, de se gaver de festins de graviers &#224; l'eau de pluie. Quel bonheur quand ils m'invitent dans leurs manoirs ! Juste le temps de me d&#233;lester de mes lunettes cart&#233;siennes, de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de mes petits-enfants, c'est la folle saison des cabanes. Au del&#224; des maisons &#171; en dur &#187; o&#249;, depuis leur premier cri la vie les nourrit de confort et de s&#233;curit&#233;, ils ont besoin de s'inventer, de se reb&#226;tir inlassablement des palais de vieux draps et de courants d'air, de s'improviser des alc&#244;ves de troncs d'arbre et de mousse, de se gaver de festins de graviers &#224; l'eau de pluie. Quel bonheur quand ils m'invitent dans leurs manoirs !&lt;br class='manualbr' /&gt;Juste le temps de me d&#233;lester de mes lunettes cart&#233;siennes, de d&#233;poser mon vieux fardeau de prosa&#239;sme, et je franchis, l&#233;g&#232;re, la porte invisible du logis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous n'avez jamais s&#233;journ&#233; dans une citadelle de couettes et de barreaux de lit avec deux petits lutins de 5 et 2 ans, il manque vraiment quelque chose &#224; tous vos vagabondages ! L'aventure commence &#224; l'&#233;dification des murs, qui ne veulent bien s&#251;r rien savoir des lois de l'&#233;quilibre, et vous glissent des mains au moindre &#233;ternuement .&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand le g&#238;te semble enfin stabilis&#233; pour quelques minutes, c'est chaque fois pour moi un d&#233;lice de me faufiler dans la chambre pr&#233;caire, serr&#233;e contre mes deux petits h&#244;tes qui n'ont jamais autant ch&#233;ri les bras de Morph&#233;e, que lors de ces nuits fugitives.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bien s&#251;r, mes jambes d&#233;passent un peu sur le terrain vague alentour, expos&#233;es &#224; tous les dangers de l'ombre. Mais que puis-je craindre sous la horde magique de tous les doudous qui me recouvrent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les yeux ferm&#233;s, je m'impr&#232;gne alors de ces instants uniques tiss&#233;s d'&#233;ph&#233;m&#232;re et de touches d'&#233;ternit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais &#224; peine ma douce pens&#233;e a-t-elle le temps d'&#233;merger qu'un branle bas de combat la brise net.&lt;br class='manualbr' /&gt;Eh oui, le jour est arriv&#233; ! Et avec lui l'heure du petit d&#233;jeuner que mes deux jeunes princes s'activent d&#233;j&#224; &#224; me rendre d&#233;lectable !&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est temps de nous gaver ensemble de croissants virtuels et de fabuleux chocolats de chim&#232;re... et qu'importe si, dans cette effervescence, la maison s'effondre soudain sur le repas.... Les deux complices sont d&#233;j&#224; pass&#233;s &#224; d'autres aventures, et me laissent l&#224;, pantoise, aux portes de la brutale r&#233;alit&#233;...d'une impr&#233;visible bagarre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grands, autoris&#233;s &#224; s'envoler seuls, un peu plus loin, vers leur propre existence, se paient le luxe de trois ou quatre r&#233;sidences &#224; la campagne, en plein c&#339;ur des arbres. L'am&#233;nagement de ces demeures de feuillages et de vent est pour finir assez complexe, et exige presqu'un temps plein de loisirs. M&#234;me si la g&#233;n&#233;reuse nature offre d&#233;j&#224; dans ses branchages des fauteuils royaux, il faut tout de m&#234;me pr&#233;voir les commodit&#233;s ordinaires : les toilettes sont pr&#233;vues dans la trou&#233;e discr&#232;te d'un tronc. Un vieux pneu, d&#233;got&#233; sous les ronces en assure le confort. Un immense sac en plastique, paradis des cloportes, se recycle &#224; la fois pour la poubelle, la huche &#224; pain, le cabas &#224; provisions, et le rangement des habits. Des morceaux de palettes, h&#233;ro&#239;quement rep&#234;ch&#233;s dans le flot des orties font tout &#224; fait l'affaire pour la table, les si&#232;ges et la plaque de cuisson. Mais le luxe supr&#234;me de cette cuisine princi&#232;re, c'est le cong&#233;lateur coinc&#233; dans un tronc mort, o&#249; quelques esquimaux de &#171; pistache-herbe-fra&#238;che &#187; attendent l'heure de la restauration des b&#226;tisseurs. Les chambres sont &#224; l'&#233;tage, toutes &#224; ciel ouvert. Pour les atteindre, velours glissants et rampes capricieuses r&#233;servent bien des surprises ! Mais le paysage qu'on d&#233;couvre l&#224;-haut et qu'on peut savourer &#224; loisir, dans le silence et l'air frais des cimes en vaut vraiment le risque.&lt;br class='manualbr' /&gt;Si vous n'avez jamais s&#233;journ&#233; dans une maison d'arbres enchev&#234;tr&#233;s de soleil et de brise avec deux saltimbanques de sept et onze ans, il manque vraiment quelque chose &#224; tous vos vagabondages !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ding Fring</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me au plus fort des temps hyst&#233;riques de ru&#233;e vers les soldes de toutes sortes, je me surprends &#224; demeurer imperturbablement fid&#232;le &#224; mon petit paradis de consommation : Ding-Fring, succursale enchanteresse d'Emmaus !Comme le clame son nom, les fringues y sont en folie toute l'ann&#233;e... Folie de prix, surtout : Pour 2 euros, 3 collants tout neufs, pour 10 euros 8 v&#234;tements d'enfants, ou 3 d'adultes &#8230; Folie aussi dans le m&#233;lange des genres, des modes, des tailles, des textiles.... des provenances aussi (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me au plus fort des temps hyst&#233;riques de ru&#233;e vers les soldes de toutes sortes, je me surprends &#224; demeurer imperturbablement fid&#232;le &#224; mon petit paradis de consommation : Ding-Fring, succursale enchanteresse d'Emmaus !Comme le clame son nom, les fringues y sont en folie toute l'ann&#233;e... Folie de prix, surtout : Pour 2 euros, 3 collants tout neufs, pour 10 euros 8 v&#234;tements d'enfants, ou 3 d'adultes &#8230; Folie aussi dans le m&#233;lange des genres, des modes, des tailles, des textiles.... des provenances aussi (cette chemise vient-elle d'un mort, d'un vivant fatigu&#233;, d'une fin de s&#233;rie ou d'une boutique en faillite ?) &#8230; m&#233;lange des marques et des sans-marques (hautes giffes encore fi&#232;rement affirm&#232;es aux encolures, &#8230; &#233;tiquettes froiss&#233;es par le passage des habill&#233;s .... d&#233;lav&#233;es, effac&#233;es &#224; jamais par mille lundis de lessives) J'aime m'&#233;garer entre les cintres magiques, choisir longuement ce qui, pour ce prix-l&#224;, pourrait bien s'assortir avec cela... J'aime r&#234;ver, avec un brin de tendresse, &#224; ce petit gar&#231;on grandi, qui n'a pas eu le temps d'user son tea-shirt &#171; Speeder-man &#187;. J'aime penser que mon petit Pierrot va le rejoindre, pour 2 euros, dans les fantasmes de toute-puissance de l'enfance... J'imagine cette inconnue qui a peut-&#234;tre senti les derni&#232;res douceurs de la vie dans cet immense gilet vert de jade o&#249; je nicherai bient&#244;t mes soir&#233;es d'hiver... Elle est un peu ma complice, puisqu'elle avait si froid, et qu'elle aimait la couleur des sous-bois.... Oui, j'aime l'id&#233;e de prolonger un peu quelques existences myst&#233;rieuses, de tous milieux, toutes saisons, toutes chansons de vie, &#224; travers cette farandole de chiffons !&lt;br class='manualbr' /&gt;Et puis, il y a le joyeux tourbillon des acheteuses : les &#171; petits budgets qui n'ont pas le choix &#187;, fr&#244;lant entre les rayons les vieilles coquettes assoiff&#233;es d'&#234;tre toujours plus belles... On se croise, on s'effleure, on se bouscule un peu, on compare, on &#233;value, on caresse le grain du velours, on expose les chatoiements de l'&#233;toffe dans la lumi&#232;re, on s'&#233;change des regards f&#233;briles, des soupirs &#233;nigmatiques, des mots de rien, des sourires de femmes ordinaires, &#233;merveill&#233;es de pacotille&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#231;a m'irait, Annette, ce pantacourt, pour faire du v&#233;lo ? C'est pas trop serr&#233; ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Une jolie rondelette &#233;bourriff&#233;e vient de sortir de sa cabine, en combinaison...&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#231;a te va impeccable ! lui r&#233;pond sa copine &#233;carlate, noy&#233;e de son c&#244;t&#233; dans une compulsion d'essayage&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est aussi dans cet univers bariol&#233;, que je rencontre souvent mes anciennes &#233;l&#232;ves d'alphab&#233;tisation.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ding-fring, c'est une des petites sorties des femmes arabes, toujours en qu&#234;te d'une jupe bien ample, mais tout de m&#234;me seyante, et du &#171; pas cher, &#224; la mode &#187;, pour les petits qui grandissent.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Bonjour ! &#231;a va ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Oui, &#231;a va ! Et vous ?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Ca va bien. Et vos enfants, &#231;a va ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#231;a va. Et maman,&#231;a va ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Elle vieillit, mais &#231;a va. Et votre mari ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#231;a va. Et vous,le mari,&#231;a va ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#231;a va, merci ! Et le fran&#231;ais ? Vous allez toujours au cours ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Non ! rester &#224; la maison, mari malade ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, c'est &#224; travers la pauvret&#233; de ces &#233;changes, que je re&#231;ois r&#233;guli&#232;rement ma petite claque d'humilit&#233; : tant de mois, d'ann&#233;es d'apprentissage, tant d'heures de pr&#233;paration,de m&#233;thodes &#233;pluch&#233;es, mix&#233;es, r&#233;ajust&#233;es, pour un si minable r&#233;sultat d'expression fran&#231;aise ! Il me faut r&#233;admettre que je n'ai jamais vraiment trouv&#233; la marche &#224; suivre, la cl&#233; de l'&#233;nigme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand je vois Fadma serrer longuement mes mains dans les siennes, et me dire &#224; travers ses yeux brillants tout son plaisir de me rencontrer, je devine que ce qu'elle a surtout re&#231;u, dans ces oasis de retrouvailles f&#233;minines, dites d' &#171; alphab&#233;tisation &#187; c'est ce qu'elle venait d'abord y chercher : une lueur d'attention et de chaleur humaine, un havre d'amiti&#233; et de reconnaissance, au c&#339;ur d'une sombre vie d'abn&#233;gation et de solitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Ren&#233;e</title>
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		<dc:creator>Paul MASSON</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il arrive que des touches de lumi&#232;re inattendues se glissent au c&#339;ur des heures les plus ordinaires, les plus sombres parfois, nous submergeant m&#234;me jusqu'aux larmes. Je partageais l'autre jour, le go&#251;ter de No&#235;l de la maison de retraite, avec ma m&#232;re et ses compagnons de vieillesse, oscillant entre le triste remous des existences qui s'enlisent, et le mouvement vivifiant, inalt&#233;rable de la fraternit&#233; humaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un tourbillon de papillotes et de clairette, l'apr&#232;s midi portait cette assembl&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il arrive que des touches de lumi&#232;re inattendues se glissent au c&#339;ur des heures les plus ordinaires, les plus sombres parfois, nous submergeant m&#234;me jusqu'aux larmes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je partageais l'autre jour, le go&#251;ter de No&#235;l de la maison de retraite, avec ma m&#232;re et ses compagnons de vieillesse, oscillant entre le triste remous des existences qui s'enlisent, et le mouvement vivifiant, inalt&#233;rable de la fraternit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tourbillon de papillotes et de clairette, l'apr&#232;s midi portait cette assembl&#233;e bigarr&#233;e d'hommes et de femmes de tous rivages, r&#233;sidents, familles, personnel. La f&#234;te brassait dans la tendresse de No&#235;l les longs regards au bord du vide, les gestes professionnels de la survie, les doux bavardages de l'affection, le silence des corps &#233;gar&#233;s dans les fauteuils roulants, les plis de rire au bord des yeux.... Elle m&#234;lait tous les signes vivants du plaisir d'&#234;tre l&#224;, humains amarr&#233;s aux autres humains et tous les signes tragiques de la vie qui s'embourbe, qui s'accroche, qui tr&#233;buche et se rel&#232;ve (parfois dans un clin d'&#339;il espi&#232;gle de vieil enfant qui n'a pas dit son dernier mot...)&lt;br class='manualbr' /&gt;Et moi je voguais l&#224;, tant&#244;t savourant des notes de douceur, tant&#244;t bouscul&#233;e par le vent du naufrage. J'h&#233;sitais entre la compassion et un rien d'amusement, entre l'enthousiasme de me sentir li&#233;e &#224; cette si f&#233;conde aventure humaine, et ma peur de voir s'y profiler ma prochaine saison du d&#233;pouillement supr&#234;me... C'est alors qu'est arriv&#233;e Ren&#233;e..... Ren&#233;e la secr&#232;te, l'absente, dont le regard bleu nous fixe sans nous voir. Ren&#233;e qui a presque d&#233;sert&#233; le pays des mots et semble voyager, solitaire, dans on ne sait quelles contr&#233;es int&#233;rieures, quelle plage de m&#233;moire &#224; la d&#233;rive. Son visage ne s'anime un peu qu'&#224; l'approche de son fid&#232;le amoureux, surtout quand il lui murmure, &#233;mu, &#171; je suis l&#224;, ma ch&#233;rie &#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Il &#233;tait l&#224;, pr&#232;s du piano, devant lequel s'est install&#233;e &#171; sa ch&#233;rie &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et voil&#224; que, du c&#339;ur des festivit&#233;s bruyantes, sous les doigts enchant&#233;s de Ren&#233;e, La source enivrante de la musique s'est envol&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233;e, l'immobile, nous enlevant sans pr&#233;venir &#224; la f&#233;brilit&#233; du go&#251;ter, nous a emmen&#233;s en croisi&#232;re sur un floril&#232;ge de concertos et de valses. En un clin d'&#339;il, elle nous a rassembl&#233;s sur une &#238;le d'&#233;motion, et de recueillement. Avait-elle, pour une heure, quitt&#233; ses eaux dormantes, et retrouv&#233; son &#226;me br&#251;lante d'artiste ? Ou cette f&#233;erie transmise au piano, n'&#233;tait-elle qu'un banal r&#233;veil de la m&#233;moire des doigts ? Qu'en sait-on ? Ses traits restaient fig&#233;s, et ses prunelles flottaient, entre le chemin blanc des touches, et ce point myst&#233;rieux qu'elle captait, l&#224; bas, au-del&#224; de nous tous et du monde....&lt;br class='manualbr' /&gt;Ren&#233;e nous a offert, du lointain de ses brumes, ce ruissellement d'art et de beaut&#233;, qui nous a rapproch&#233;s, qui nous a transport&#233;s bien plus loin que nos peurs, nos soupirs....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle, le bruit des voix et des verres, des cuill&#232;res et des rires, a poursuivi malgr&#233; tout sa danse ordinaire, mais quelque chose, en chacun de nous, rien qu'un souffle, peut-&#234;tre, a suspendu son cours, quelque chose d'indicible, nous a donn&#233; envie d'&#233;treindre plus fort le cadeau de la vie...&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#232;s de moi, Paul, le mari &#233;merveill&#233;, essuyait ses larmes. Je lui ai murmur&#233; &#224; l'oreille : &#171; Elle &#233;tait professeur de piano ? &#187; &#171; Elle l'est toujours ! &#187;, m'a-t-il affirm&#233; dans une bouff&#233;e d'adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que p&#232;sent en effet les lignes du temps, et les chiffres des ans, face &#224; l'infini de ces instants tiss&#233;s de g&#233;nie et d'amour ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Ren&#233;e, toi qui nous as fait rena&#238;tre sous le fil magique de tes mains musiciennes, qui a os&#233; dire que tu n'es plus qu'un fant&#244;me, au bord du gouffre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rue des quatre maisons.... Rue des quatre saisons .... </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En octobre dernier, ma m&#232;re a d&#233;cid&#233; de rentrer dans sa derni&#232;re maison : le foyer &#171; Saint-Nicolas &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il lui a fallu bien s&#251;r apprivoiser cette nouvelle vie. Je l'ai accompagn&#233;e comme j'ai pu, dans cette &#233;tape de sa vieillesse. C'&#233;tait important pour elle de s'approprier un peu le proche environnement de sa maison de retraite, car elle avait bien l'intention de continuer &#224; marcher un peu tous les jours, comme elle l'a toujours fait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; donc parties elle et moi, cahin-caha, pour une premi&#232;re (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En octobre dernier, ma m&#232;re a d&#233;cid&#233; de rentrer dans sa derni&#232;re maison : le foyer &#171; Saint-Nicolas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui a fallu bien s&#251;r apprivoiser cette nouvelle vie. Je l'ai accompagn&#233;e comme j'ai pu, dans cette &#233;tape de sa vieillesse. C'&#233;tait important pour elle de s'approprier un peu le proche environnement de sa maison de retraite, car elle avait bien l'intention de continuer &#224; marcher un peu tous les jours, comme elle l'a toujours fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc parties elle et moi, cahin-caha, pour une premi&#232;re randonn&#233;e de d&#233;couverte, par une brumeuse apr&#232;s-midi d'automne.... Au fil de nos pas lents, je sens que monte en moi un chaos d'&#233;motions, m&#234;l&#233; de douces r&#233;miniscences et de vague m&#233;lancolie... Je m'aper&#231;ois que la rue que nous avons emprunt&#233;e spontan&#233;ment en sortant du foyer, c'est la &#171; rue des quatre maisons &#187;.... La rue o&#249; nous allions, Jean-Paul et moi, promener S&#233;bastien, notre premier enfant nouveau-n&#233;, la rue de ses premi&#232;res approches du monde, de nos premiers &#233;merveillements de parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m'y revoil&#224; maintenant, grand-m&#232;re, et fille protectrice d'une m&#232;re ralentie par le poids des ann&#233;es.... Et cette rue, toujours la m&#234;me, qui nous regarde passer, indiff&#233;rente comme le fleuve des jours qui nous a toutes les 2 pouss&#233;es jusque l&#224; &#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce grand vertige, face &#224; la folie du temps qui &#233;tourdit nos vies fragiles, qu'est n&#233; le po&#232;me suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! la rue des quatre maisons,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou bat mon premier pas de m&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis tant d'aubes, de moissons....&lt;br class='manualbr' /&gt;Ah ! l'&#233;clat de nos regards fiers,&lt;br class='manualbr' /&gt;Au front de ce petit gar&#231;on,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui nous distillait son myst&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et embrasait notre horizon,&lt;br class='manualbr' /&gt;Au fil des heures ordinaires..&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est une immortelle chanson,&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est comme si c'&#233;tait hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah !, la rue des quatre maisons&lt;br class='manualbr' /&gt;ou vogue le pas de ma m&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Enchev&#234;tr&#233; &#224; mon talon,&lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis l'envol de cet hiver.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ah ! nos paroles de chiffon,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur nos d&#233;rives &#233;ph&#233;m&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;Clins d'&#339;ils, silences et frissons&lt;br class='manualbr' /&gt;R&#234;ves fr&#244;l&#233;s ou solitaires...&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est la finissante saison,&lt;br class='manualbr' /&gt;Aux tons, parfois, de primev&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! la rue des quatre maisons&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou ma vie chavire et se perd,&lt;br class='manualbr' /&gt;Entre les anciens liserons&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou je reconnais ma lumi&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et d'ombreux chemins en buissons,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou me m&#232;ne en tremblant ma m&#232;re...&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est comme une aube qui se fond,&lt;br class='manualbr' /&gt;dans les ab&#238;mes de la terre,&lt;br class='manualbr' /&gt;Un fol azur dans le giron&lt;br class='manualbr' /&gt;Du jour qui ferme les paupi&#232;res&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est le fascinant tourbillon&lt;br class='manualbr' /&gt;du temps qui m&#234;le nos d&#233;serts,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nos jach&#232;res et nos vallons,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et met le voyage &#224; l'envers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! la rue des quatre maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:paulmasson@nordnet.fr&#034; class='spip_mail'&gt;Nicole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le rendez-vous</title>
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		<dc:date>2010-02-21T09:58:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A Marie-Christine, Mich&#232;le, Marie Agn&#232;s, Christine, Murielle, Val&#233;rie, et les autres....... &lt;br class='autobr' /&gt;
La porte de la maison claque sur le silence de l'apr&#232;s-midi. La rue me tire doucement par la main. Il y a encore un long chemin de temps qui me s&#233;pare du rendez-vous. Je veux le savourer, m'enrouler un peu dans son haleine vive, m&#234;l&#233;e &#224; l'orang&#233; du ciel d'hiver. Oui, ces vingt minutes de pas vers la ville, le long des fa&#231;ades frileuses, des jardinets en l&#233;thargie, je sais bien que je peux en faire une randonn&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;chroniques du temps perdu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Marie-Christine, Mich&#232;le, Marie Agn&#232;s, Christine, Murielle, Val&#233;rie, et les autres.......&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte de la maison claque sur le silence de l'apr&#232;s-midi. La rue me tire doucement par la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a encore un long chemin de temps qui me s&#233;pare du rendez-vous. Je veux le savourer, m'enrouler un peu dans son haleine vive, m&#234;l&#233;e &#224; l'orang&#233; du ciel d'hiver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, ces vingt minutes de pas vers la ville, le long des fa&#231;ades frileuses, des jardinets en l&#233;thargie, je sais bien que je peux en faire une randonn&#233;e lumineuse, rien qu'avec la vie qui s'y vautre en secret. La Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jeunes filles, envelopp&#233;es de doux d&#233;lires adolescents, m'&#233;claboussent en passant de leur insouciance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Savent-elles comme elle est fragile cette gerbe de rire qu'elles effeuillent dans mon sillage, sans y penser ? Si fragile et si f&#233;conde &#224; la fois. Si f&#233;conde de cette vie qui se donne &#224; foison dans la source des heures, et qu'on oublie de butiner, entre les mailles de l'ordinaire. La Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je croise sur le trottoir une femme aux grands yeux de pauvre. Elle tra&#238;ne avec elle sa solitude et son cabas, fatigu&#233;s des manques de trop longtemps. On peut dire que la vie ne lui a pas fait de cadeau. Pourtant, je voudrais lui crier ce soir que sa vie, rien que sa vie, c'est un cadeau, rien que celle qui se distille dans le fr&#233;missement de ses mains nues ; et lui fronce le front, sous la lueur du soir qui meurt. La Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trajet s'&#233;puise. J'approche du rendez- vous. Mes derniers pas s'alourdissent. L'inqui&#233;tude prend toute la place. Elle est l&#224;, au bout de la rue, cette &#171; maison de ma&#238;tre &#187; que je connais bien : le cabinet de &lt;br class='autobr' /&gt;
radiologie. Une fois de plus, en poussant la porte, je sens monter en moi une sorte de naus&#233;e : Ici, la valse fr&#233;n&#233;tique des blouses blanches et la subtile symphonie des &#233;motions humaines se m&#234;lent sans d&#233;cence dans le m&#234;me tourbillon. Ici, m&#234;me celui qui se noie dans la peur de mourir, n'est soudain plus qu'une carte vitale et un cliquetis de clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle d'attente, les regards se cognent contre les murs sans &#226;me, contre le gu&#233;ridon laqu&#233; IKEA, et ses magazines de bonheurs factices. Parfois, les visages se cherchent un peu, se rejoignent dans le silence, amorcent dans un sourire, une parole vraie... Et si l'on pouvait enfin oser se dire ce qui nous rapproche et nourrit notre attente commune : Le d&#233;fi de d&#233;passer une fois de plus l'&#233;cueil de nos fragilit&#233;s, de gouter encore un peu au miracle de vivre....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien s&#251;r mes propres sentiments que je projette... Et peut-&#234;tre que cette quinquag&#233;naire un peu agit&#233;e, ne r&#234;ve, en fixant l'affiche sur le cancer, qu'au bonheur de retrouver son petit-fils, apr&#232;s sa radio du poignet....&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu importe... Dans ce microcosme de la salle d'attente, me gagnent des vagues de tendresse pour ces hommes et ces femmes qui me ressemblent. Je profite de cette immobilit&#233; au c&#339;ur des autres, pour laisser s'affiner en moi, les fibres de mon humanit&#233;. Toutes les vibrations de ma peur m'&#233;veillent, en &#233;cho, un myst&#233;rieux &#233;lan de fraternit&#233; vers mes compagnons de croisi&#232;re : sentir passer sur le m&#234;me bateau, les m&#234;mes frimas charg&#233;s d'esp&#233;rance, cela cr&#233;e des liens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'appelle enfin. A travers un couloir aseptis&#233;, je suis une blouse blanche qui fait son travail, d&#233;compte sans doute les heures de cette journ&#233;e &#233;puisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-elle l'ombre d'une pens&#233;e pour ma personne, et pour cette obsession qui me ronge du diagnostic qui se rapproche ? En tout cas, rien de cela ne transparait dans sa fa&#231;on de me proposer la rituelle marche &#224; suivre : la petite cabine, le d&#233;shabillage... Puis la s&#233;rie de clich&#233;s sous tous les angles, qui claquent comme des couperets, dans le d&#233;sert glac&#233; de la salle.... Entre nous deux, pas la moindre complicit&#233; de femme, &#224; laquelle me raccrocher, pour apaiser un peu mon vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re &#233;tape de l'examen est la plus difficile. Les courts instants &#233;gren&#233;s dans le sombre recoin de l'attente ressemblent &#224; l'&#233;ternit&#233;. Scotch&#233;es aux murs exigus, des touches d'information sur la maladie me la rendent plus r&#233;elle, plus mena&#231;ante encore. Dans un miroir, mes seins et leur monde invisible... symboles de ce qui est moi et en m&#234;me temps m'&#233;chappe. J'y entrevois, tant&#244;t le r&#233;veil d'un insidieux poison &#224; enrayer encore, tant&#244;t une source de vie ti&#232;de qui continue son chemin, tout simplement.... En quelques minutes, ma pens&#233;e s'engouffre dans tous les sc&#233;narios de souffrances ou d'extase, d'ultime solitude, de belles saisons redonn&#233;es... J'erre sans boussole dans un d&#233;dale de d&#233;serts int&#233;rieurs, et de douces gr&#232;ves possibles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la porte s'ouvre. Le sourire du m&#233;decin qui m'accueille, m'encourage.... Mais dois-je y voir la goutte de miel qui permet de mieux &#171; avaler la pilule &#187; ou le signe que tout va bien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Je ne vois rien de particulier &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a y est, elle est enfin tomb&#233;e, la petite phrase magique ! Et d'un seul coup, s'ouvre tout grand pour moi une fen&#234;tre vers le plus bel azur.... chassant le gouffre du naufrage !... Cela ressemble un peu au premier regard &#233;bloui, sur l'enfant-miracle, sorti de nous, apr&#232;s la douleur, &#8230; ou au premier mot d'amour que l'on n'esp&#233;rait plus... Moment d'euphorie, de bonheur qui submerge, trop grand pour que ce soit possible... La Vie.... &lt;br class='manualbr' /&gt;La Vie rejaillie, &#224; ne plus gaspiller dans le flot des insignifiances. La vie... ce cadeau inestimable, pour quelques mois encore, pour si longtemps peut-&#234;tre. Le sait-il ce m&#233;decin, que je n'entends plus dans ses paroles professionnelles, qu'une douce chanson qui m'appelle et m'enivre.... avec ses accents d'&#233;ternit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route du retour &#224; la maison, mon ivresse se heurte &#224; une foule de gens noy&#233;s dans leur course implacable de choses &#224; faire. J'ai envie de les bercer dans mes bras, et de leur murmurer que rien n'a vraiment d'importance, &#224; part la saveur inou&#239;e de ce moment qui passe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rameaux d&#233;pouill&#233;s d'un lilas s'enlacent sans pudeur dans les nu&#233;es fauves du cr&#233;puscule. Ils bercent d&#233;j&#224; leurs bourgeons, sous les r&#234;ves du vent... Jamais, je n'avais ressenti aussi fort, l'arrogance de leur beaut&#233;, l'insolence de leurs saisons recommenc&#233;es, qui se pavane, dans leurs ombrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sur le m&#234;me th&#232;me retrouvez
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article432' class='spip_in'&gt;Salle d'attente&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://paulmasson.atimbli.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1680193037' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article431' class='spip_in'&gt;Petit bourgeon de cris et de sanglots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une simple fen&#234;tre pour les yeux des enfants....</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans notre petit tour de piste sur cette terre, nous ne trainons souvent qu'une ou deux chansonnettes, toujours les m&#234;mes, que l'on ballade, de printemps en cimeti&#232;res, que l'on habille un peu de larmes, de rimes ou de pas de danse, pour que les autres les remarquent... Ma ritournelle &#224; moi ressasse mes lenteurs et mes incertitudes, mes approches h&#233;sitantes de ce monde &#233;trange, ou j'ai souvent le sentiment d'avoir &#233;t&#233; parachut&#233;e par erreur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a 25 ans, j'&#233;crivais d&#233;j&#224; : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Souvent je reste sur (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre petit tour de piste sur cette terre, nous ne trainons souvent qu'une ou deux chansonnettes, toujours les m&#234;mes, que l'on ballade, de printemps en cimeti&#232;res, que l'on habille un peu de larmes, de rimes ou de pas de danse, pour que les autres les remarquent... Ma ritournelle &#224; moi ressasse mes lenteurs et mes incertitudes, mes approches h&#233;sitantes de ce monde &#233;trange, ou j'ai souvent le sentiment d'avoir &#233;t&#233; parachut&#233;e par erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 25 ans, j'&#233;crivais d&#233;j&#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Souvent je reste sur le quai&lt;br class='manualbr' /&gt;Avec mon bouquet de silence&lt;br class='manualbr' /&gt;Et mon vieux balluchon d'errance&lt;br class='manualbr' /&gt;Lourd d'un grand r&#234;ve qui se tait.&lt;br class='manualbr' /&gt;Eux, ils prennent le train qu'il faut,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur la voie des r&#233;alit&#233;s,&lt;br class='manualbr' /&gt;Le train des mots qui sonnent haut,&lt;br class='manualbr' /&gt;Des projets qui fusent, press&#233;s...&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur le rail utile des choses,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ils rangent leurs apr&#232;s-midis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais ont-ils vu le brin de rose,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nou&#233; dans leurs dossiers bl&#234;mis ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore je br&#251;le du besoin de r&#233;p&#233;ter, combien je suis fascin&#233;e par ceux qui ont toujours quelque chose de &#171; bien &#224; propos &#187; &#224; penser, &#224; dire.... .quelque chose de bien tourn&#233;, une opinion qui a de l'allure, habilement camp&#233; dans les mots qu'il faut, dans le droit fil de la conversation.... Ceux-l&#224; m'&#233;blouissent, et en m&#234;me temps me poussent, encore plus loin, derri&#232;re mon &#171; bouquet de silence &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducation, politique, religion, saveur d'un plat, &#233;valuation d'un spectacle, quelque soit le sujet, je trouve rarement assez de mat&#233;riau, pour fa&#231;onner, en un clin d' &#339;il, dans un moulage de vocabulaire adapt&#233;, mon avis sur la question... Les miettes de lumi&#232;re qui affleurent sur ma pens&#233;e, se noient trop vite dans une vague de doutes et de contradictions, qui engloutit ma parole en gestation. Et puis, j'ai peur. Apr&#232;s tant d'ann&#233;es de lectures et de formations soignantes, tant d'animations de stages &#171; oser prendre la parole &#187;, j'ai toujours un peu peur de la mienne. Peur de laisser s'&#233;chapper mes ignorances, peur du regard de l'autre sur ce que je suis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, il y a ceux qui me ressemblent, qui, comme moi, ne pensent qu'au &#171; brin de rose &#187; pour tenir, sous les discours. Il y a tous leurs regards perdus qui en disent long et, que je cueille avec tendresse, sous le vernis des apparences. Il y a la secr&#232;te symphonie de toutes nos solitudes nou&#233;es, qui cherchent sans fin leurs accords, dans le myst&#232;re suspendu de la vie, il y a nos c&#339;urs immenses qui battent &#224; fleur de peau, bien au del&#224; des bavardages.....&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, il y a les po&#232;tes, les saltimbanques, les fous, qui usent leur vie, &#224; crier, &#224; peindre, &#224; danser, leurs fragilit&#233;s et les n&#244;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a, par exemple, Anne Sylvestre qui nous fait de grands signes d'amour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'aime les gens qui doutent&lt;br class='manualbr' /&gt;Les gens qui trop &#233;coutent &lt;br class='manualbr' /&gt;Leur c&#339;ur se balancer......&lt;br class='manualbr' /&gt;J'aime les gens qui passent&lt;br class='manualbr' /&gt;Moiti&#233; dans leurs godasses,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et moiti&#233; &#224; c&#244;t&#233;...&lt;br class='manualbr' /&gt;J'aime leur petite chanson&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#234;me s'ils passent pour des cons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la remercier de nous rejoindre en quelques rimes, de la pointe de ses mots magiques, dans notre pays de &#171; taiseux &#187;.Gr&#226;ce &#224; elle, notre &#171; petite chanson &#187; sonne si clair, au c&#339;ur de la musique de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; J'aime ceux qui paniquent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ceux qui sont pas logiques&lt;br class='manualbr' /&gt;Enfin, pas &#171; comme il faut &#187;......&lt;br class='manualbr' /&gt;Ceux qui veulent bien n'&#234;tre&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'une simple fen&#234;tre&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour les yeux des enfants &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, heureusement, il y a le miracle de la po&#233;sie qui s&#232;me des &#233;toiles dans nos failles les plus intimes, et des &#233;clats d'aurore sur les bourbiers de nos hontes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un caillou lumineux sur le chemin</title>
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		<dc:date>2009-10-06T10:10:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole DUPUIS</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai v&#233;cu r&#233;cemment, au c&#339;ur d'un mercredi taciturne de rentr&#233;e, une heure de bonheur inoubliable, avec Baptiste, 9 ans et Mathilde, 6 ans. Nous &#233;tions en route, une fois de plus, pour la grande aventure des &#171; prot&#232;ge-nature &#187;, &#224; travers les herbes folles malmen&#233;es par le vent, le long des champs et des bosquets br&#251;l&#233;s par l'&#233;t&#233;. Presque tout &#233;tait pr&#234;t pour la randonn&#233;e fantastique : le petit carnet dans ma poche pour noter les d&#233;couvertes, le crayon dans l'autre poche, nos mollets conqu&#233;rants, narguant les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;chroniques du temps perdu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai v&#233;cu r&#233;cemment, au c&#339;ur d'un mercredi taciturne de rentr&#233;e, une heure de bonheur inoubliable, avec Baptiste, 9 ans et Mathilde, 6 ans.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous &#233;tions en route, une fois de plus, pour la grande aventure des &#171; &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique62' class='spip_in'&gt;prot&#232;ge-nature&lt;/a&gt; &#187;, &#224; travers les herbes folles malmen&#233;es par le vent, le long des champs et des bosquets br&#251;l&#233;s par l'&#233;t&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Presque tout &#233;tait pr&#234;t pour la randonn&#233;e fantastique : le petit carnet dans ma poche pour noter les d&#233;couvertes, le crayon dans l'autre poche, nos mollets conqu&#233;rants, narguant les orties et les ronces, et bien-s&#251;r tous nos sens aux aguets, dans le grand recueillement de la nature. Nous n'avions oubli&#233; que les sacs en plastique destin&#233;s &#224; recueillir les d&#233;chets, laiss&#233;s par nos ennemis les &#171; non-prot&#232;ge-nature &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Eh ! Regardez ! un rapace ! C'est une buse ! Note-le mamie ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;ception ! Impossible de faire &#233;crire le stylo qui a vraiment mal choisi son moment pour expirer.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas grave, nous allons exercer notre m&#233;moire : Retenons chacun &#224; notre tour une d&#233;couverte. Nous noterons tout au retour. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme animale plut&#244;t sombre, d&#233;talant du champ de ma&#239;s nous surprend&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas eu le temps de voir si c'&#233;tait un rat ou un lapin &#187;&lt;/i&gt; s'&#233;crie Baptiste.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans les champs que nous traversons, d'autres lapins s'&#233;lancent dans tous les sens, &#224; la grande excitation des enfants, jamais blas&#233;s par ces surprises ordinaires.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &lt;i&gt; Il faut retenir, il y en avait au moins 4 ou 5, dont un li&#232;vre, certainement ! &#187;&lt;/i&gt; A travers leurs yeux, l'&#233;v&#232;nement le plus banal, devient joyau de po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes loin de nous douter alors qu'une rencontre bien plus exceptionnelle nous attend, dans la petite prairie d'&#224; c&#244;t&#233; o&#249; paissent quelques vaches tranquilles.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; Regardez ! Elle va accoucher ! &#187;&lt;/i&gt; A ce cri, nos trois regards se suspendent &#224; la queue de l'animal sous laquelle pendent deux petits sabots. Apr&#232;s un instant de doute, je n'en crois pas mes yeux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette amorce d'enfantement que la vache prom&#232;ne, en continuant &#224; brouter, impassible, Est-ce possible ? Les enfants semblent fascin&#233;s. Et quand je me risque &#224; quelques exclamations, je lis sur leurs visages, qu'un silence sacr&#233; s'impose devant un tel prodige. Pour ne pas en perdre une miette, nous nous sommes spontan&#233;ment assis sur les friches de branchages et de feuilles rousses qui s'offrent &#224; nous, fauteuils princiers pour un spectacle grandiose.&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais les sabots, sous la queue, ne bougent pas &#8230;. Le b&#233;b&#233; est-il mort ? Mes sentiments oscillent entre l'exaltation de partager avec Baptiste et Mathilde ce petit miracle de la vie, et la crainte de les voir en m&#234;me temps toucher de trop pr&#232;s l'implacable tranchant de la mort..... La vie, la mort, ces deux myst&#232;res qui se fr&#244;lent et se m&#234;lent, dans ce bout de prairie ordinaire, devant nos yeux qui n'ont plus d'&#226;ge.... J'ai l'impression que nous n'oublierons jamais cet &#171; au-del&#224; du temps &#187; ou nous nous sommes d&#233;salt&#233;r&#233;s ensemble &#224; une source essentielle.&lt;br class='manualbr' /&gt;La future m&#232;re para&#238;t si paisible.... comme si ce qui devait s'accomplir &#224; travers elle faisait son chemin, simplement, selon l'ordre des choses, au diapason d'un projet secret qui sait ou il va, depuis des mill&#233;naires.... Voil&#224; que maintenant elle se couche. Elle a senti fr&#233;mir dans son flanc, l'heure de la &#171; mise bas &#187;, de l'&#339;uvre &#224; achever... Les trois g&#233;nisses qui l'entourent, curieuses de l'&#233;v&#232;nement, sont invit&#233;es par une adulte, &#224; s'&#233;loigner un peu ; C'est Baptiste qui s'en aper&#231;oit. Que sait-on finalement de la d&#233;licatesse des vaches ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Et la naissance nous envo&#251;te.... Nous assistons d'abord &#224; la progression du veau, hors de sa m&#232;re, en quelques pouss&#233;es silencieuses.... &lt;br class='manualbr' /&gt;Et, soudain, il est l&#224;, sur l'herbe, il est vivant ! Je savoure la douce ivresse de cette premi&#232;re mise au monde devant mes yeux, et je veux, en m&#234;me temps, ne rien perdre de l'extase des enfants, dans cet instant suspendu, qui nous d&#233;passe, qui nous rapproche... ne rien perdre de leurs regards, de leurs gestes, de leurs mots.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; &#199;a alors, je n'en reviens pas de voir &#231;a ! &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; &#199;a, c'&#233;tait l'accouchement.... Et, maintenant, il va y avoir la naissance ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; Moi, quand j'&#233;tais petite, je croyais qu'on ouvrait le ventre pour faire sortir le b&#233;b&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi les humains se cachent pour faire leurs petits, et les vaches font &#231;a devant tout le monde ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s une dizaine d'essais qui nous tiennent en haleine, le petit, un peu titubant, avance enfin sur ses quatre pattes. Il s'accroche aussit&#244;t &#224; la mamelle de sa m&#232;re, sa source de vie &#8230; Et d'autres minutes infinies de contemplation s'&#233;gr&#232;nent dans le silence, entre les gifles de vent dans les sureaux et le passage de quelques merles espi&#232;gles. &lt;br class='manualbr' /&gt;Qui, en cet instant f&#233;&#233;rique, oserait aborder le sujet ridicule des devoirs &#224; faire &#224; la maison ? Pas m&#234;me l'adulte responsable que je suis ! Et, pour qu'une telle proposition soit enfin acceptable, nous convenons ensemble d'un dernier au-revoir au b&#233;b&#233;, avant la tomb&#233;e de la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il faut savoir si c'est un m&#226;le ou une femelle, pour lui choisir son pr&#233;nom &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s cet &#233;v&#233;nement, j'en parle avec encore plein d'&#233;motion &#224; une cousine cultivatrice &lt;i&gt;&#171; Un veulage ? &#187;&lt;/i&gt; dit-elle froidement, avec l'accent blas&#233; de celle qui en a vu toute sa vie. Je me sens tout &#224; coup un peu ridicule avec mon exaltation, avec cet &#233;crit que j'ai voulu tiss&#233; de tendresse, de beaut&#233;, d'&#233;merveillement...., comme un cadeau unique de po&#233;sie et de vie, pour mes petits-enfants.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et puis me revient le souvenir d'une phrase qui m'avait touch&#233;e, dans un livre de Jean-Pierre Simon : &lt;i&gt; &lt;strong&gt; &#171; A&#239;e ! un po&#232;te &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Le po&#232;te peut parler des choses les plus banales... mais il prend le temps d'en parler, d'y penser, de s'interroger... comme un enfant qui s'arr&#234;te devant le plus b&#234;te des cailloux, sur le chemin, et reste l&#224;, une heure peut-&#234;tre, &#224; le tourner et &#224; le retourner dans ses mains, &#224; le peser, le caresser, le lancer, le regarder avec ses yeux ronds... &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Po&#232;tes, nous le sommes tous, quand nous prenons le temps de nous arr&#234;ter au bord du chemin, et d'&#233;couter fr&#233;mir en nous les chants secrets du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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