<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Paul MASSON</title>
	<link>https://paulmasson.atimbli.net/</link>
	<description>informer partager cr&#233;er</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net (Sarka-SPIP)</generator>




 
	<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui se trame dans ce monde qui compte</title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article1059</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article1059</guid>
		<dc:date>2020-04-24T14:27:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;20h00, je m'installe devant le journal t&#233;l&#233;vis&#233; et je suis effar&#233;e. Effar&#233;e de cette fr&#233;n&#233;sie, &#233;nerv&#233;e d'entendre en boucle les m&#234;mes choses depuis des semaines &#224; la lorgnette obscure d'un seul &#233;v&#233;nement. Satur&#233;e. J'&#233;teins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me sers un verre de vin et je dessine mes deux chats qui bavardent sur le toit de cette ville d&#233;serte et inerte.....en attendant de mettre des mots sur ce que je ressens. Voyons.... &#224; quoi se r&#233;duit l'information depuis quelques semaines ? A un d&#233;compte. On pourrait presque voir, en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique102" rel="directory"&gt;Ce qui se trame&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20h00, je m'installe devant le journal t&#233;l&#233;vis&#233; et je suis effar&#233;e. Effar&#233;e de cette fr&#233;n&#233;sie, &#233;nerv&#233;e d'entendre en boucle les m&#234;mes choses depuis des semaines &#224; la lorgnette obscure d'un seul &#233;v&#233;nement. &lt;br class='manualbr' /&gt;Satur&#233;e. &lt;br class='manualbr' /&gt;J'&#233;teins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sers un verre de vin et je dessine mes deux chats qui bavardent sur le toit de cette ville d&#233;serte et inerte.....en attendant de mettre des mots sur ce que je ressens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons.... &#224; quoi se r&#233;duit l'information depuis quelques semaines ? A un d&#233;compte. On pourrait presque voir, en haut de l'&#233;cran &#224; droite, Monsieur Virus, petit personnage avec un compteur manuel, appuyant &#224; chacune de ses victoires et, en haut &#224; gauche, le compteur du d&#233;ficit &#233;conomique. Les journalistes n'ont pas os&#233;, mais l'effet est le m&#234;me. Des chiffres, des chiffres, des chiffres. Le d&#233;compte est pr&#233;cis, communiqu&#233; presque en temps r&#233;el : les morts, les euros perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je me demande ce qui se trame dans ce monde qui compte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afficher les comptes.... serait-ce n&#233;cessaire pour &#233;veiller solidarit&#233; et responsabilit&#233; dans l'&#233;preuve ? Dans ce cas, traitons le probl&#232;me de la famine de cette mani&#232;re. Allons-y, installons un compteur journalier communiquant le nombre de personnes mortes de faim dans le monde chaque jour. Ce sera l'effroi quand le compteur affichera ce soir au journal t&#233;l&#233;vis&#233; : 25 000 ! Oui en UNE journ&#233;e seulement ! Les gens se mobiliseraient, vous pensez ? &lt;br class='autobr' /&gt;
....&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais &#224; quoi &#231;a sert alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reclus dans nos habitations, nous nous sentons &#224; l'&#233;troit, forc&#233;ment. Pourtant, la privation d'espace, de libert&#233; et de liens avec l'ext&#233;rieur n'est pas l'essentielle angoisse de la situation puisque nous la savons provisoire. Ce qui nous affole, c'est que l'arr&#234;t des mouvements et du temps social nous place - soudainement et de force - face &#224; un tableau du monde qui agit comme un miroir. Image fig&#233;e, in&#233;luctable, incapable de mentir : elle nous renvoie deux v&#233;rit&#233;s. La premi&#232;re est que nous sommes vuln&#233;rables, mortels, et ne ma&#238;trisons que tr&#232;s peu de choses. La deuxi&#232;me est que les soci&#233;t&#233;s que nous avons b&#226;ties sur la surproduction, la surconsommation et le profit n'ont plus de sens et rayonnent de toute leur absurdit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est angoissant, certes, et pourtant.... Quelle chance inou&#239;e et inesp&#233;r&#233;e ! Rendez-vous compte : immobilis&#233;s, coinc&#233;s, nous nous regardons tous en m&#234;me temps, au m&#234;me moment, dans le m&#234;me miroir. Quelle occasion extra-ordinaire de r&#233;fl&#233;chir !&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais voil&#224;, pour nos dirigeants et nos lobbystes, r&#233;fl&#233;chir, c'est l'angoisse ! Il faut sp&#233;culer. Alors, par un tour de passe-passe et par le truchement des m&#233;dias, ils n'ont d'autre obsession que celle de nous d&#233;tourner du miroir. Comment ? Par le chantage r&#233;p&#233;titif de valeurs d&#233;ficitaires et de pronostics &#233;conomiques et humains sombres. Il faut cr&#233;er l'obscurit&#233; &#224; tout prix. Pas de lumi&#232;re, pas de reflet ! Oui, face &#224; cette situation in&#233;dite qui nous donne &#224; voir ce que nous sommes dans notre impasse et notre cr&#233;ativit&#233; potentielle, ils comptent ostensiblement ce qui n'est pas l&#224;, ce qui n'est pas : les morts et l'argent que nous n'avons pas, et qui - rappelons-le - est une pure invention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Parce que le danger est grand de se mirer tous ensemble ! Qui sait ? Nous pourrions, telle Alice souhaitant retourner au Pays des Merveilles, traverser la psych&#233; et ouvrir une porte sur un autre monde. Nous pourrions aussi nous &#233;clairer &#224; la lumi&#232;re du &#171; miroir de Ris&#233;d &#187; et y lire de droite &#224; gauche comme Harry Potter le mot D&#233;sir. Cette situation nous r&#233;v&#232;lerait alors nos aspirations les plus humaines et les plus profondes. Je suis d'ailleurs all&#233;e &#224; la rencontre de ce miroir magique l'autre nuit pour l'interroger sur ce virus. Et j'y ai lu presque de droite &#224; gauche l'humanit&#233; qui r&#233;sistait. SURVI me refl&#233;tait-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie nous tend un miroir et rien ne r&#233;fl&#233;chit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu triste ce soir, je sors et regarde le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais tant aim&#233; que nous n'ayons pas peur de nous regarder dans ce temps qui nous le permet.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'aurais tant aim&#233; que nous refusions ce monde qui compte et que nous inventions celui qui conte.&lt;br class='manualbr' /&gt;J'aurais tant aim&#233; que, face aux plus r&#233;fractaires et aux obs&#233;d&#233;s du profit, nos &#233;crans deviennent nos miroirs magiques, o&#249; agriculteurs, personnels soignants, facteurs, artisans, travailleurs sociaux, enseignants, b&#233;n&#233;voles, artistes et saltimbanques, pr&#233;sentent &#224; tour de r&#244;le le journal t&#233;l&#233;vis&#233;. Imaginez... Ils nous conteraient tous les soirs comment leurs services et leur humanit&#233; ont redonn&#233; de la valeur au temps, du r&#234;ve et de l'&#233;ternit&#233; &#224; notre condition, du r&#233;confort aux plus vuln&#233;rables, de l'oxyg&#232;ne &#224; notre nature, du plaisir &#224; notre ouvrage. Ce serait une contagion invincible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air se rafra&#238;chit. Je m'appr&#234;te &#224; rentrer quand, soudain, la lune m'interpelle : &lt;i&gt;&#171; Psitt ..... Sais-tu ce que signifiait &#171; Sp&#233;culer &#187; autrefois, avant que les hommes l'utilisent pour leurs activit&#233;s de profit ? &#231;a signifiait &#171; regarder les astres &#187;. Et je le vois bien, des millions de gens le font chaque soir sur cette plan&#232;te. Et... &#171; speculum &#187; en latin, c'est le miroir&#8230; Alors, tu vois, petite, tout n'est peut-&#234;tre pas perdu ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&#034;white&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez toutes les &lt;a href='https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique21' class='spip_in'&gt;&lt;strong&gt;Chroniques et billets d'humeur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/odt/5-_ce_qui_se_trame_dans_ce_monde_qui_compte.odt" length="21842" type="application/vnd.oasis.opendocument.text" />
		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/pdf/5-_ce_qui_se_trame_dans_ce_monde_qui_compte.pdf" length="39678" type="application/pdf" />
		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui se trame... dans le sens de la visite</title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article1001</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article1001</guid>
		<dc:date>2019-06-05T09:23:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dimanche, pluie, envie de d&#233;couverte. C'est parti pour le Mus&#233;e. B&#226;timent immense, plusieurs dizaines d'&#339;uvres expos&#233;es. Dans la file d'attente, mon enthousiasme se cogne soudainement au c&#233;l&#232;bre petit panneau en forme de fl&#232;che : &#171; SENS DE LA VISITE &#187;. Devant ce sas d'entr&#233;e, ma perplexit&#233; grandit : nous allons tous devoir passer par l&#224; - histoire de d&#233;marrer dans le &#171; bon sens &#187; - alors que cinq autres portes me narguent, cachant derri&#232;re elles le secret de leur g&#233;ographie. Dimanche, grand soleil, envie de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique102" rel="directory"&gt;Ce qui se trame&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche, pluie, envie de d&#233;couverte. C'est parti pour le Mus&#233;e. B&#226;timent immense, plusieurs dizaines d'&#339;uvres expos&#233;es. Dans la file d'attente, mon enthousiasme se cogne soudainement au c&#233;l&#232;bre petit panneau en forme de fl&#232;che : &#171; SENS DE LA VISITE &#187;. Devant ce sas d'entr&#233;e, ma perplexit&#233; grandit : nous allons tous devoir passer par l&#224; - histoire de d&#233;marrer dans le &#171; bon sens &#187; - alors que cinq autres portes me narguent, cachant derri&#232;re elles le secret de leur g&#233;ographie. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dimanche, grand soleil, envie de prendre l'air... Bon...il parait que c'est touristique, mais 70 hectares de parc devraient nous permettre d'aller nous perdre dans des espaces ouverts et intrigants. Dans le premier quart d'heure de promenade, au sein d'un monde oc&#233;anien reconstitu&#233;, mon regard s'arr&#234;te ahuri sur ce m&#234;me petit panneau noir en lettres blanches : &#171; SENS DE LA VISITE &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Je suis bouche b&#233;e. Je souris quand m&#234;me parce que, tout maigrichon et de guingois, presque mal &#224; l'aise, ce petit &#233;criteau semble plier sous le poids de sa mission absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande alors ce qui se trame dans le contr&#244;le de nos errances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la direction de la sortie soit sugg&#233;r&#233;e en m&#234;me temps que celle de l'entr&#233;e, et qu'on m'impose un d&#233;but et une fin, je peux l'admettre. Pourquoi ? Parce que je joue le jeu d'entrer dans un espace recr&#233;&#233; et organis&#233; par l'Homme. Et puis, c'est comme la vie, non ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Mais, si en plus, on m'impose l'ordre et le chemin, alors l&#224;, c'est une autre histoire ! Ainsi, on m'emp&#234;cherait de cr&#233;er moi-m&#234;me les m&#233;andres de mon labyrinthe, et de ressentir l'ivresse de m'y perdre et de m'y retrouver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me direz que pour une vie possible en soci&#233;t&#233;, il faut bien une organisation, des r&#232;gles de circulation, une gestion des flux, des &#234;tres et des choses. Bref, la dose de n&#233;vrose n&#233;cessaire pour que l'on cohabite sans se d&#233;vorer. Vous me direz aussi que notre monde est d&#233;j&#224; dessin&#233; de cl&#244;tures et de fronti&#232;res qui s&#233;quencent les espaces et parquent les individus. Il faut limiter le m&#233;lange et l'&#233;parpillement jusque dans la s&#233;pulture.&lt;br class='manualbr' /&gt;Certes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mais quand on m'impose une direction et un ordre jusque dans mes loisirs, mes d&#233;couvertes et ma cr&#233;ativit&#233;, on m'impose forc&#233;ment une signification. Et dans ce cas, qu'entend-on par &#171; sens de la visite&#034; ? Quand vous vous enivrez d'un moment &#224; venir parce qu'il est une invitation &#224; &#234;tre et &#224; sentir, et qu'en r&#233;alit&#233;, vous recevez une invitation &#224; suivre, c'est troublant.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est comme si, &#224; peine sorti du ventre de votre m&#232;re, on vous accueillait avec un panneau directif si toutefois l'id&#233;e qu'il puisse exister des chemins de traverse risquait de germer un jour. C'est comme si, sous les balbutiements de vos caresses, votre amour d&#233;voilait soudainement sous ses v&#234;tements, l&#224;, inscrit et tatou&#233;e sur sa peau, une indication fl&#233;ch&#233;e notifiant les &#233;tapes pour ne pas trop vous &#233;garer sous le plaisir des sens. &lt;br class='manualbr' /&gt;Effrayant. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le contr&#244;le de l'errance, en contaminant les espaces de nature et de culture, agit insidieusement sur notre pens&#233;e, notre cr&#233;ativit&#233; et notre ind&#233;pendance. Il organise l'espace et le temps de la r&#234;verie et de l'exp&#233;rience. Inciter les &#234;tres &#224; suivre le sens de la visite, c'est &#233;viter le croisement des corps et des regards, c'est emp&#234;cher que les exp&#233;riences se d&#233;ploient, se communiquent, se touchent et se nourrissent. C'est faire mourir le lien, le d&#233;tour et l'impertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche, la lumi&#232;re du soleil m'effleure et vient me r&#233;veiller. Je reprends mes sens doucement. J'ai fait un r&#234;ve &#233;trange. Je retournais dans ce parc la nuit en cachette. J'y entrais par effraction et je recouvrais de peinture noire 3 lettres du panneau pour laisser en lettres blanches l'indication &#171; SENS DE LA VI E &#187;. Je redressais le panneau et orientais soigneusement la fl&#232;che vers la sortie. Puis je d&#233;posais, &#224; son pied, un sac de poudre dor&#233;e. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le lendemain, j'y retournais et on me racontait qu'&#224; l'aube, une petite fille avait lu le panneau. Elle s'&#233;tait empar&#233;e du sac et avait march&#233; vers la sortie. Dans la joie de son errance, le nez en l'air, elle avait r&#233;pandu &#231;&#224; et l&#224; un peu de cette poudre magique. Pas &#224; pas, la lumi&#232;re avait alors laiss&#233; appara&#238;tre une multitude de chemins jusqu'alors invisibles.&lt;br class='manualbr' /&gt;Marie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/pdf/4-_ce_qui_se_trame_dans_le_controle_de_l_errance.pdf" length="31194" type="application/pdf" />
		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui se trame... dans la disparition de l'&#233;paisseur	</title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article889</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article889</guid>
		<dc:date>2017-10-22T07:53:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une petite r&#233;flexion philosophique et surtout un d&#233;sir de vie pleine &lt;br class='autobr' /&gt; 15 heures, assise dans le m&#233;tro, j'attrape un magazine abandonn&#233; sur le si&#232;ge d'&#224; c&#244;t&#233;. J'y apprends que si j'ai quarante ans et que je veux rester une femme d&#233;sirable et en bonne sant&#233;, je ne dois surtout pas me lester. Le risque est grand pour les choses et les &#234;tres de devenir encombrants. Alors, je dois tout conna&#238;tre des secrets d'un r&#233;gime et d'un ventre plat. Et pour mieux faire sentir la l&#233;g&#232;ret&#233; qui nous quitte avec les ann&#233;es, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique102" rel="directory"&gt;Ce qui se trame&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une petite r&#233;flexion philosophique et surtout un d&#233;sir de vie pleine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 heures, assise dans le m&#233;tro, j'attrape un magazine abandonn&#233; sur le si&#232;ge d'&#224; c&#244;t&#233;. J'y apprends que si j'ai quarante ans et que je veux rester une femme d&#233;sirable et en bonne sant&#233;, je ne dois surtout pas me lester. Le risque est grand pour les choses et les &#234;tres de devenir encombrants. Alors, je dois tout conna&#238;tre des secrets d'un r&#233;gime et d'un ventre plat. Et pour mieux faire sentir la l&#233;g&#232;ret&#233; qui nous quitte avec les ann&#233;es, les pages sont coll&#233;es de femmes maigres et insipides, de jeunes hommes glabres &#224; l'allure aussi glac&#233;e que le papier. Puis on me parle d'une r&#233;volution pour l'humanit&#233;, pas celle des id&#233;es, non, celle des derni&#232;res trouvailles technologiques ultra fines et ultra light. &lt;br class='manualbr' /&gt;Mon voisin, lui, n'a pas lev&#233; la t&#234;te, il regarde un film sur sa tablette. En face, son fils v&#233;rifie toutes les 25 secondes que son t&#233;l&#233;phone est toujours bien cal&#233; dans l'&#233;troitesse de sa poche. Le perdre, ce serait perdre sa vie : ses contacts, ses photos, sa musique&#8230;. Son temps et son espace. Comme une propri&#233;t&#233;. Compress&#233;s, imm&#233;diats&#8230; illusoires. Un signal sonore ? Celui d'un courrier re&#231;u dans sa boite &#233;lectronique. L'expression est fig&#233;e. Le pouce appuie machinalement sur la surface plexyglass&#233;e. Jamais il ne soup&#231;onnera l'impatience de caresser l'enveloppe tant attendue, de sentir son odeur, de la palper pour en deviner la consistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde mon reflet terne dans la vitre du m&#233;tro et je me demande ce qui se trame dans la disparition de l'&#233;paisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus le monde est rugueux, vaste, in&#233;gal et &#226;pre, plus on le donne &#224; voir sous une forme petite, plate, insipide et lisse. Car, voyons&#8230;.Tout devient plat. Petites cartes ou &#233;crans, tout y est contenu : mon argent, mes cadeaux, mes loisirs, ma fid&#233;lit&#233;, ma m&#233;moire, mon identit&#233;. L'espace, le temps et l'homme sont d&#233;sormais aplatis, sans dimensions, r&#233;duits au format de poche individuel. &lt;br class='manualbr' /&gt;Alors, penser l'autre ? Comment le pourrait-il ? Admettons-le, il peine &#224; le faire. Car, &#233;videmment, la r&#233;duction de l'humain &#224; l'objet, la disparition de son &#233;paisseur, c'est la disparition du corps et avec lui de toute la fonction symbolique et m&#233;taphorique du langage.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#234;tre humain a la possibilit&#233; de vivre son r&#234;ve ! Celui de se mettre debout, de s'&#233;lever pour traverser l'&#233;paisse dimension de la vie, &#233;treindre l'exp&#233;rience et les gens qu'il aime, p&#233;n&#233;trer la joie intense du doute, percer la profondeur des myst&#232;res et de la po&#233;sie. Au lieu de cela, il appara&#238;t courb&#233; et rampant, guid&#233; par le cr&#233;tinisme d'une croyance unique. Il se ratatine derri&#232;re un &#233;cran pour se mettre en sc&#232;ne dans la banalit&#233; de sa vie. Il est noy&#233; dans la multitude d'informations virtuellement et inutilement partag&#233;es. Il existe et communique, enferm&#233; dans sa surface, &#224; se bouffer les doigts jusqu'au sang, histoire de faire la peau &#224; la moindre envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons que son &#233;cran lui renvoie un jour l'imagerie de son enc&#233;phalogramme &#8230;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les portes du m&#233;tro s'ouvrent. Je me fais toute mince pour me frayer un chemin vers la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#234;ve d'&#234;tre Icare. Pas celui de la mythologie&#8230; du moins, pas tout &#224; fait. Je r&#234;ve d'&#234;tre l'Icare de Raymond Queneau, ce personnage qui prend corps et s'&#233;chappe du livre, obligeant le romancier &#224; engager un d&#233;tective priv&#233; pour le retrouver. J'imagine un monde o&#249; nous sommes chacun un Icare d&#233;sireux de sortir de notre horizontalit&#233; pour nous frotter aux asp&#233;rit&#233;s de l'Autre. Et je r&#234;ve qu'avant de nous br&#251;ler les ailes et de retomber dans la platitude de l'&#233;ternit&#233; pour entendre l'auteur s'exclamer : &#171; Tout se passa comme pr&#233;vu, mon roman est termin&#233;&#034;i, nous nous r&#233;jouissions d'arpenter les reliefs de la vie et de nous enfler de ses richesses. &lt;br class='manualbr' /&gt;Voyez donc, la vie, &#231;a pique, &#231;a descend, &#231;a br&#251;le, &#231;a monte, &#231;a perce, &#231;a coule, &#231;a brille, &#231;a r&#226;pe, &#231;a gonfle, &#231;a casse, &#231;a rebondit&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, moi, je veux en sculpter les rondeurs, en &#233;riger les contours rugueux, en p&#233;n&#233;trer les profondeurs, et m'entailler au tranchant de ses &#233;preuves. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je veux vivre l'exp&#233;rience du corps et du langage. &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je veux sentir l'&#233;paisseur des &#234;tres.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/pdf/3-_ce_qui_se_trame_dans_la_disparition_de_l_epaisseur.pdf" length="45389" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/docx/3-_ce_qui_se_trame_dans_la_disparition_de_l_epaisseur.docx" length="22939" type="application/vnd.openxmlformats-officedocument.wordprocessingml.document" />
		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>ce qui se trame... dans l'absence</title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article881</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article881</guid>
		<dc:date>2017-07-11T13:14:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Allong&#233;e, t&#234;te sur l'accoudoir du canap&#233;, t&#233;l&#233; allum&#233;e, bruit de fond. J'entends vaguement la m&#233;t&#233;o. &#034; L'&#233;t&#233; s'est install&#233;&#034; dit-il. Comme pour rassurer. Il ne partira pas. Pas maintenant. Pas d&#233;j&#224;. Juillet. Un an. Je regarde le plafond. Et je me demande ce qui se trame dans l'absence. Ton absence. L'absence, elle se fout de la politesse, elle se fout de qui nous sommes, de ce &#224; quoi nous nous occupons pour oublier qu'elle est insupportable. Elle est l&#224; qui s'immisce, n'importe o&#249;, n'importe quand. Sans (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique102" rel="directory"&gt;Ce qui se trame&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Allong&#233;e, t&#234;te sur l'accoudoir du canap&#233;, t&#233;l&#233; allum&#233;e, bruit de fond. J'entends vaguement la m&#233;t&#233;o. &#034; L'&#233;t&#233; s'est install&#233;&#034; dit-il. Comme pour rassurer. Il ne partira pas. Pas maintenant. Pas d&#233;j&#224;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Juillet.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un an.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je regarde le plafond. Et je me demande ce qui se trame dans l'absence.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ton absence.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'absence, elle se fout de la politesse, elle se fout de qui nous sommes, de ce &#224; quoi nous nous occupons pour oublier qu'elle est insupportable. Elle est l&#224; qui s'immisce, n'importe o&#249;, n'importe quand. Sans pr&#233;venir. Elle nous &#233;treint dans les gestes les plus anodins, dans un mot prononc&#233;, dans un parfum, dans un objet, dans une note de piano. Elle nous fracasse aux portes de la conscience. Elle d&#233;vaste en une seconde la beaut&#233; des grands espaces. Elle nous pique et nous cueille au r&#233;veil pour effacer les possibles r&#233;invent&#233;s et nous rappeler qu'elle est bien r&#233;elle. Elle joue &#224; se pr&#233;tendre sur le d&#233;part alors m&#234;me qu'elle s'installe plus profond&#233;ment. Elle a ce pouvoir d'an&#233;antir en un instant les innombrables efforts &#224; la comprendre et &#224; l'apprivoiser. Elle va remuer la peine au plus profond des entrailles pour la faire remonter jusqu'&#224; la gorge. Elle surgit et presse le corps dans les plus grands moments de joie ou elle se dilue tranquillement au goutte &#224; goutte. &lt;br class='manualbr' /&gt;Apprendre et apprendre encore &#224; lui faire face.&lt;br class='manualbr' /&gt;S'effrayer de la voir r&#233;ussir cet impensable pari : &#234;tre tout &#224; la fois famili&#232;re et inconnue, changer inlassablement de forme et de visage jusqu'&#224; nous perdre. Vous pouvez l'insulter et l'affubler de tous les qualificatifs existants : injuste, ignoble, terrible, implacable, inacceptable.... elle s'en fout, &#231;a ne la concerne pas. L'absence, elle est, un point c'est tout.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle habite en secret la foule des vivants et les lieux.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'absence, c'est l'ombre des &#234;tres esseul&#233;s dans une douleur qui ne concerne qu'eux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est comme une absurdit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle est l'absurdit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'absence, c'est tout ce qu'on ne comprend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ab-sens. Le sens &#233;loign&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, l'absence, puisqu'elle s'invite effront&#233;ment, je l'&#233;coute, je lui fais une place au chevet de mon esprit. Je la sens qui me pousse &#224; tisser de ses fils la trame d'un autre rapport &#224; moi, &#224; ceux que j'aime, &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, l'absence, c'est moi qui l'&#233;tonne.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le miroir, sur mon visage, je lui montre d'une caresse ces quelques traits qui te ressemblent. Ce que tu m'as laiss&#233; de toi, toujours vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, l'absence, c'est moi qui la tourmente.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans ce miroir, elle voit l'enfant berc&#233; de toi, l'amour qui a fa&#231;onn&#233; mon &#234;tre. Et l'amour, lui, je peux l'habiller de souvenirs, de tableaux, de ta voix, de mots, de rires, de douceur : &#231;a le concerne. L'amour, c'est ta pr&#233;sence en moi inalt&#233;rable. Ton amour, c'est l'existence ind&#233;fectible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an,&lt;br class='manualbr' /&gt;Le plafond,&lt;br class='manualbr' /&gt;Moi,&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#034; Et ce con &#224; la m&#233;t&#233;o qui compte pas les larmes qui pleuvent sur mon buvard.&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Allain LEPREST Chanter des fois&#8230; Album VOCE A MANO- 1992' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Marie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Allain LEPREST Chanter des fois&#8230; Album VOCE A MANO- 1992&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/pdf/2-_ce_qui_se_trame_dans_l_absence-2.pdf" length="42815" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/odt/2-_ce_qui_se_trame_dans_l_absence-2.odt" length="45727" type="application/vnd.oasis.opendocument.text" />
		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui se trame... </title>
		<link>https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article879</link>
		<guid isPermaLink="true">https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article879</guid>
		<dc:date>2017-06-13T07:46:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;crit. Je n'&#233;cris plus. J'ai achet&#233; un cahier d'&#233;criture, comme s'il suffisait qu'il me nargue sur un coin de mon bureau pour que je l'ouvre et lui parle. Cela fait plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;. Je n'y ai jamais touch&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ouvre de temps en temps : le blanc absolu, le silence vertigineux&#8230;.sauf&#8230;. gliss&#233; entre deux feuilles un petit papier, d&#233;chir&#233; dans T&#233;l&#233;rama, comme un petit secret que je sors de son &#233;crin pour l'y remettre aussit&#244;t et m'empresser d'oublier qu'il me murmure l'essentiel. Un petit (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://paulmasson.atimbli.net/spip.php?rubrique102" rel="directory"&gt;Ce qui se trame&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;crit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'&#233;cris plus. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai achet&#233; un cahier d'&#233;criture, comme s'il suffisait qu'il me nargue sur un coin de mon bureau pour que je l'ouvre et lui parle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;. Je n'y ai jamais touch&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je l'ouvre de temps en temps : le blanc absolu, le silence vertigineux&#8230;.sauf&#8230;. gliss&#233; entre deux feuilles un petit papier, d&#233;chir&#233; dans T&#233;l&#233;rama, comme un petit secret que je sors de son &#233;crin pour l'y remettre aussit&#244;t et m'empresser d'oublier qu'il me murmure l'essentiel. Un petit papier avec les propos d'un &#233;crivain &#233;gyptien Alaa El Aswany : &#034;Ma plus grande peur ? Perdre l'&#233;criture. Pour un &#233;crivain, cela signifie que sa relation au monde ne fonctionne plus. Pour moi, c'est plus effrayant que la mort.&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce soir, je le relis. &lt;br class='manualbr' /&gt;Aurais-je perdu ma relation au monde ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Non&lt;br class='manualbr' /&gt;Peut-&#234;tre&#8230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Jamais &lt;br class='manualbr' /&gt;Une partie&#8230; ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Ou tout au moins l'ai-je soumis &#224; un prisme restreint, toute impr&#233;gn&#233;e que je suis de mon activit&#233; professionnelle o&#249; le rapport &#224; l'autre - pourtant d'une richesse inou&#239;e - s'&#233;reinte aussi dans l'&#233;nergie de porter cet autre, de tenter de le comprendre et de l'accompagner dans sa r&#233;alit&#233; parfois si diff&#233;rente de la mienne. Pleinement consciente de cette chance d'&#234;tre en mesure de porter un regard sur moi, sur le monde, d'&#234;tre en relation, je porte toute mon attention &#224; ce que cet autre puisse enfin trouver le sien. Avec toute mon impuissance aussi&#8230;impuissance &#224; faire &#233;clore ce qui n'est parfois jamais n&#233; dans ces consciences, dans ces enfances malmen&#233;es, mal-aim&#233;es et si peu consid&#233;r&#233;es. &lt;br class='manualbr' /&gt;Tout empreinte aussi que je suis &#224; me laisser d&#233;stabilis&#233;e par mes peurs, par cette conscience aigu&#235; de la limite si t&#233;nue entre l'impudeur et la vulgarit&#233;. Bien s&#251;r qu'&#233;crire est un acte impudique ! Sublimement impudique si elle est port&#233;e par une parole humble et d&#233;centr&#233;e de soi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce soir, je sens comme un besoin imp&#233;rieux de me remettre &#224; &#233;crire, et je ressens la m&#234;me impatience, la m&#234;me fougue et le m&#234;me trac maladif, presque ali&#233;nant, des premi&#232;res secondes o&#249; ( au temps o&#249; je chantais) je rentrais sur sc&#232;ne, seule, nue. Instant flottant face &#224; l'obscurit&#233;. Instant fi&#233;vreux o&#249; je devine ces regards et ces respirations en suspens qui n'attendent qu'une chose : que j'avance d'un pas dans le pr&#233;cipice, que je m'impose dans ma solitude, que j'ouvre la bouche pour prononcer la premi&#232;re note, le premier mot, que je pose cette voix&#8230;ma voix. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce soir, je d&#233;cide que je vais &#233;crire et partager avec vous. Les v&#233;ritables engagements sont ceux qui s'imposent &#224; nous et qui n'ont pas besoin d'&#234;tre port&#233;s par une intention. Je ne vais donc pas prendre celui d'un quelconque rythme mensuel, trimestriel&#8230;. Mais je tenterai d'en faire une activit&#233; r&#233;guli&#232;re. Je ne suis pas pr&#233;occup&#233;e par l'id&#233;e de devoir trouver un sujet, des sujets. Il y en a tant. Je suis pr&#233;occup&#233;e par la seule et unique question qui, cach&#233;e sous mille autres, pousse ind&#233;finiment chaque personne qui &#233;crit &#224; continuer de le faire. Oui, je pense que toute personne qui &#233;crit porte sur le dos son petit tonneau des Dana&#239;des. Mais quel est donc le mien ? Quelle est cette question &#224; laquelle je cherche inexorablement &#224; r&#233;pondre. Ou plut&#244;t, quelle est cette question qui m'accompagne, et me fascine justement parce que je n'y trouverai jamais de r&#233;ponses, toutes fuyantes qu'elles sont dans le temps qui passe. Sur mon chemin, mon petit caillou dans la chaussure, c'est cette interrogation &#034;qu'est - ce qui se trame ?&#034; Sans cesse je me demande ce qui s'est tram&#233; jusqu'&#224; produire un &#233;v&#233;nement. Je suis obnubil&#233;e par le &#034;comment&#034;, et je me fiche bien souvent du pourquoi. Par exemple, je me demande ce qui se trame dans ces jours pr&#233;sents o&#249; nous croyons vivre relativement en paix et qui tissent pourtant jour apr&#232;s jour les plus grands drames de notre Histoire. Je me demande ce qui se trame dans les plus grands drames de l'Histoire quand, dans les pires horreurs, se hisse une r&#233;sistance qui laisse simultan&#233;ment appara&#238;tre les plus beaux actes d'humanit&#233; et d'invention. Je me demande ce qui se trame chez un &#234;tre au fond du gouffre, noy&#233; dans l'impasse, inattentif aux richesses et joies insoup&#231;onn&#233;es qui sont d&#233;j&#224; l&#224; &#224; port&#233;e de main. Je me demande ce qui se trame petit &#224; petit dans un corps, bouscul&#233; par des souffrances, emprisonn&#233; dans des r&#233;sistances, harass&#233; ou sous le joug de param&#232;tres hasardeux jusqu'&#224; ce que se fa&#231;onne le terrain de la maladie. Je me demande ce qui se trame dans la t&#234;te de l'artiste jusqu'&#224; ce qu'il se jette dans son &#339;uvre et l'abandonne au monde. Je me demande ce qui se trame dans un groupe d'individus, dans ses interactions, pour que chaque membre y trouve une forme d'&#233;quilibre, satisfaisant ou pas, un &#233;quilibre qui le tiendra debout, en individu ou qui le flanquera &#224; terre, fourbu et agenouill&#233;. Je me demande ce qui se trame jour apr&#232;s jour, minute apr&#232;s minute dans le destin de deux personnes jusqu'au point de rencontre ou de rupture, jusqu'au point d'impact o&#249; tout bascule dans la joie, dans l'amour, dans l'effroi, dans la force ou la d&#233;sesp&#233;rance. Je me demande ce qui se trame dans l'&#233;criture, dans mes &#233;critures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l'aurez compris : ma chronique s'intitulera &#034;Ce qui se trame&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://paulmasson.atimbli.net/IMG/pdf/1-_ce_qui_se_trame_dans_l_ecriture.pdf" length="46826" type="application/pdf" />
		

	</item>


 
	


 
	

</channel>
</rss>
