Merci du fond du cœur !
par
popularité : 6%

Cela fait 22 ans que certain(e)s d’entre vous me lisent. « Une communauté de lecteurs que je ne soupçonnais pas » comme me l’écrivait Cécile, une lectrice, lorsque cette chronique soufflait ses 2 premières bougies et que j’avais diffusé des extraits de plusieurs courriels de lecteurs (voir L’Air du temps n°21). Les 500 destinataires qui reçoivent aujourd’hui ces chroniques ne sont pas pour moi des inconnu(e)s, je les ai tou(te)s rencontré(e)s, à un moment ou un autre de ma vie.
À l’occasion de la nouvelle année, c’est à un nouveau florilège de vos écrits que je vous invite. Après avoir relu (en diagonale) vos 2500 messages, j’en ai sélectionné une trentaine autour de 5 thèmes (le choix fut cornélien) :
Au sujet des chroniques
Tu m’agaces à raconter ta vie puisque, en fait, elle ressemble à celle de tous les autres ! Mais, continue car j’attends tes chroniques avec impatience. (Dominique, sept. 2006)
J’ai imprimé tes textes pour les lire « vraiment » pendant mes vacances ! (Jean-Marc, juin 2011)
Merci de tes chroniques toujours rafraîchissantes, doublées maintenant à la radio arrageoise (à quand TF1 ?) ; je viens de l’écouter et me suis aperçu qu’elle était différente de celle papier ! (Gilles, oct. 2015)
Je craignais la disparition de L’air de rien au bénéfice de la radio ! Me voila donc rassurée. (Janine, nov. 2015)
Je viens de lire ta chronique que j’ai envoyé à ceux que j’aime et qui ne te connaissent pas. (Lisa, sept. 2016)
Merci merci pour cette chronique : l’écriture seule maladie que nous encourageons. (Denis Pryen, fondateur de L’Harmattan, nov. 2023)
Comme d’habitude, ces rendez-vous "minuscules" sont pertinents à divers titres. Je me trompe toujours dans son titre : air de rien ou mine de rien ? (Isabelle, sept.2024)
Même dans mon bunker, je garde une fenêtre ouverte sur l’extérieur afin de communiquer avec vous en réponse à tes écrits que je lis toujours malgré, des fois, de gros décalages de vie. (Philo, mars 2024)
Merci de tes textes qui me font lire et apprécier cette lecture, moi qui ne lit pas ou presque pas. (Patrick, fév. 2025)
Livres et lectures
Je cours chez le libraire acheter le livre de Jonquet. (Marc, janv. 2007/T. Jonquet)
Ça donne envie de se faire une idée par soi-même, tu réussis à faire lien avec toi, ton histoire. Une critique littéraire subjective sur Irving (Paul, nov. 2013)
J’ai lu ton billet, peux-tu m’en faire un petit résumé et me dire pourquoi tu as aimé La Cache de Christophe Boltanski. Histoire de le publier dans notre rubrique de La Voix du nord, "le choix de..." (700 signes maxi). Pourrais tu m’envoyer ça rapidement ? (Nicolas, avril 2016)
Merci de cet hommage à Alice Miller en ce 8 mars. (Anne, mars 2023)
Mémoire du passé
Passé, présent...n’est-ce pas en fait un seul et même instant ? (Cathy, fév. 2008)
Moi aussi je voudrais écrire sur mon père....c’est un gros boulot....un jour viendra sans doute !!! Tu m’y refais penser ! (Andrée-Marie, avril 2009)
Une chose que j’ajouterais à ton énumération, ce sont les chansons, notamment toutes celles du patrimoine. Ma mère chantait toute la journée, mon père aussi, en travaillant. C’est comme ça que nous avons appris beaucoup de chansons – et dans les fêtes de famille aussi, bien-sûr. Longtemps avant d’avoir des disques. (Odile, janv. 2018)
Je l’ai aimée parce que je suis de la même époque et bien que j’ai vécu au sud de l’Italie, j’y retrouve les mêmes atmosphères, les mêmes petites choses, tout au plus avec des mots changés. (Sandro, janvier 2018)
Te lire me donne l’envie de lire, mais aussi d’écrire, mais ce n’est pas mon fort... je suis fâché avec l’orthographe, depuis longtemps. J’ai un souvenir marquant de mon instituteur en primaire. Ils nous avait demandé de faire une rédaction, de raconter une histoire. Et moi j’avais écrit le texte en vers, 8 pieds, 10 pieds... je ne saurais te dire et il ne m’a pas cru, disant que ce n’était pas moi qui avait écrit cela. Je pense que de ce jour-là, j’ai été fâché avec le système scolaire. (Bernard, février 2020)
Hasard ou coïncidence ? J’ai pris connaissance de ton courrier le matin même où j’étais replongée dans mes souvenirs d’enfance : rangement (par le vide) d’un carton qui appartenait à maman... (Muriel, septembre 2021)
J’ai moi aussi une boîte (en métal) pleine de photos de gens que je ne connais pas, de la famille côté maternel apparemment. Ma mère, disparue, ne m’a rien dit sur son contenu. Je ne l’ai ouverte qu’une fois, me promettant de le refaire "plus tard" mais on est déjà "plus tard". Alors, il serait temps que je m’y mette. Ce ne sont pas des photos de vacances, juste des personnages d’un autre siècle, femmes corsetées, visages sévères ou doux, sourires esquissés à peine. (Olivia, mars 2024)
Les vivants et les morts
Merci pour vos chroniques de l’air du temps, et surtout pour la dernière – qui parle de « résurrection ». (Christiane, janvier 2008)
Votre Chopin a eu une sacrée belle mort, je vous souhaite aujourd’hui une sacrée belle vie (Laure, juillet 2008)
Merci Christian pour ton très beau texte, si émouvant. Beaucoup vont s’y retrouver ! J’y suis pour ma part très sensible, d’autant plus que mon père est mort le 8 septembre 2006, il y a donc juste 10 ans ! Continue de cultiver ton jardin de mots qui ne rapporte rien... Ta mère maintenant en a sûrement compris le sens et la nécessité ! (Nicole, septembre 2016)
Tu es malheureux et tu nous le confies de façon très émouvante. Alors me voilà pour prendre part à ta peine. Je trouve fantastique que nous deux qui nous connaissons si peu, nous puissions nous retrouver grâce à l’écriture (aventure que j’ai découverte grâce à l’APA). (Marie-Adine, septembre 2016)
Je ne sais si je suis civilisé, mais je sais que je ne sais rien ou si peu ; j’ai beaucoup lu pour essayer de comprendre le monde et tenter de mieux m’analyser, mais à chaque fois que j’avance d’un pas, je perçois qu’il m’en faudra cent de plus à faire. Finalement, quand on meurt, on n’a pas encore fini, ni de se construire, ni de se comprendre, et comme je trouve cela plutôt chouette, je n’ai pas besoin de croire dans un dieu pour me dés-angoisser de ma finitude. (Francis, novembre 2018)
Très émouvant ce texte hommage à un ami dont on comprend la profondeur de l’amitié qui vous a lié avec, en plus, le ciment des lectures communes ou échangées. (Chantal, décembre 2023)
Tellement bizarre la vie, ses signes. Je viens d’enterrer ma maman, ce 30 octobre. Il y a quinze jours. Oui, au début, on compte encore les jours. On ne parle ni en semaine, ni en mois, ni en années. Sous le choc, incapable de rien faire de vraiment « efficace », je décide de ranger mes vieux mails en attente, des centaines en retard. Et cet après-midi, Christian, je lis cette chronique tienne, n°158. Je pense que j’écrirai encore sur ma maman… il me faudra peut-être des années, toute une vie, pour y parvenir. Pour l’instant, j’en suis bien incapable. (Anne, septembre 2021)
Le sens de la vie
Tu m’as donné envie d’aller voir de plus près... avec cette question qui persiste pour moi : pourquoi certain(e)s, après avoir bien mis le doigt sur les blessures d’enfance, s’en tirent avec (à cause ?) l’écriture et d’autres pas, retombant "du début à la fin" ou "finissant par le début" dans un truc mortifère sans issue ? (Geneviève, décembre 2010)
J’ai lu avec gourmandise ta dernière livraison qui, "l’air de rien", est une actualisation remarquable de cette contre-productivité dénoncée par Illich. Le style est toujours serré, et la démonstration implacable (avec un passage en revue de tous les aspects du "problème"). Un régal. (Laurent, mai 2021)
L’air de rien, tes textes nous font du bien. Ils nous ouvrent les yeux et les oreilles. Ils nous aident à rester sensibles aux petits grains de vie et aux immensités qui construisent une existence. (Raymonde et François, septembre 2021)
La question du sens de la vie est notre douleur récurrente, mais aussi la source la plus féconde de nos créations, existentielles, artistiques, littéraires, les sources de la vie nous restent cachées, c’est cette absence d’évidence pour notre intelligence qui nous angoisse, même si notre cœur peut parfois se sentir autrement comblé. (Jean-Luc, octobre 2021)
J’ai trouvé dans cette lettre un résumé de la philosophie qui permettrait (selon moi) d’avancer sur une voie de progrès. Le progrès n’est pas celui que cherchent les militants ou les sympathisants dans les dires ou les écrits d’autrui, il est en nous qui pouvons nous libérer des dépendances. (Christian, juillet 2022)
J’ai relu ce matin avec un réel bonheur et non sans émotion ton texte si juste et magnifiquement écrit. Il contribue à me laisser perché sur mon nuage de bonheur. (Jean-Jacques, octobre 2023)
En septembre 2006, j’avais envoyé à Alain Rémond la chronique que j’avais écrite sur son livre J’écris au bras du temps. Il m’avait répondu ceci : « Votre chronique me touche tellement qu’elle me laisse sans voix …. Tout ce que je peux vous dire c’est ceci : merci du fond du cœur. » A mon tour de vous adresser ces mots : merci du fond du cœur ! Et aussi : très heureuse année 2026 à toutes et à tous !
Christian Lejosne