Le mot est faible : Histoire

mardi 17 mars 2020
par  Paul MASSON
popularité : 5%

Dans la collection Le mot est faible,
Guillaume Mazeau [1] a écrit Histoire [2]

Voici un résumé succinct des idées-forces de ce livre-fascicule de 99 pages denses et claires

Ce que l’on appelle histoire désigne toutes les formes de fabrication du passé écrites ou non, scientifiques ou non, sérieuses ou fantasmées… L’histoire…, privilège de personne, … est une pratique sociale dans laquelle l’histoire scientifique tient une place particulière. ( p 5-6 )

L’intérêt pour l’histoire se développe face à un futur qui ne cesse de se dérober sous nos pieds. Le temps de l’histoire est celui d’un temps rassurant (p 15), l’histoire totem d’un passé muséifié et immobile : un passé sans histoire (p 17). Face à la peur … il y a une tentation à sacraliser et à fantasmer le passé. (p 23)

La « révolution conservatrice » (p 25) va imposer l’idéologie du « présentisme » : c’est « la fin de l’histoire » [3], aucun choix de future possible, « Il n’y a pas d’alternative » [4]. Et le capitalisme libéral occidental prétend dire l’histoire au nom des autres. [5] (p 29).
Les démocraties libérales ont tendance à promouvoir l’histoire comme outil du consensus, plutôt que comme un savoir critique ouvert aux appropriations. Il l’illustre par les trois piliers des programmes scolaires d’histoire depuis les années 1990 [6](p 35) et l’utilisation du « devoir de mémoire » au service de nouveaux récits nationaux, légitimant les processus identitaires. Le retournement de l’histoire laisse le champ libre au négationnisme, (p 41) et à la falsification de l’histoire au profit du « roman » ou du « récit » national. (p 47)

Il développe ensuite comment les peuples s’approprient l’histoire. (p 51) Sous des formes sensibles et populaires, ( défilés costumés, spectacles historiques…) les connaissances historiques sont … partagées et appropriées en dehors des institutions scientifiques ou scolaires. (p 53). Les populations ne cessent discrètement de questionner leur propre histoire en fonction des nouveaux problèmes qui se présentent à elles. (p 52) Des peuples et des minorités utilisent l’histoire comme un combustible politique. (p 60) A l’inverse du « présentisme »… l’histoire peut aussi être une école d’optimisme. ( p 68 )

La fonction sociale de l’histoire… repose essentiellement sur la lutte pour le fait et la vérité (p 72).
L’auteur dénonce deux pôles opposés celui de l’histoire … conservatrice qui aime à se couvrir du masque de la « neutralité » ou de l’ »objectivité » et celui des historiens scientifiques [qui] se comportent en maîtres à penser. (p 74-75)

L’histoire scientifique n’a pas besoin d’une majuscule, mais d’une méthode. (p 86)
Le meilleur service que les historiens peuvent aujourd’hui rendre à la démocratie, c’est … de donner des outils pour la faire vivre comme un espace critique. ( p 77 )

Retrouvez :

- Le mot est faible
- Connaître hier...... pour comprendre aujourd’hui
et les rubriques
- Histoire
- des mots pour penser


[1Maître de de conférences en histoire moderne

[2Histoire Guillaume Mazeau éditions anamosa 2020

[3"La Fin de l’histoire et le Dernier Homme" ouvrage du politologue américain Francis Fukuyama publié en 1992

[4« There is no alternative » de Thatcher « Il n’y a pas d’alternative »

[5Le président Sarkozy en voyage officiel en Afrique dit aux africains : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire... »

[6La mémoire, le patrimoine et l’identité


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