le Théâtre du Levant

vendredi 15 août 2014
par  Paul MASSON
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En 1974, le centre national de Culture et Liberté passe une convention avec le Théâtre du Levant. Ses comédiens utilisent l’expression théâtrale dans les actions de Culture et Liberté. Ils interviennent dans les quartiers populaires, les entreprises. Alain Manac’h, Christian Nouaux, Armelle Huyard ainsi que Gérard Berthier et Catherine Sananès sont les cinq comédiens « du Levant ». Aujourd’hui, je suis aux anges. Cela fait cinq ans que je souhaite les faire intervenir à Saint-Étienne, et en ce mois de décembre 1981, l’évènement arrive.
Dans le hall d’entrée du Foyer de Jeunes Travailleurs, un peu avant le repas du soir, les comédiens jouent « Quand le bas remue, le haut tremble ». Le spectacle porte sur l’échelle sociale et les rapports homme-femme. Deux clowns et un Monsieur Loyal autour d’un escabeau présentent une journée ordinaire de travailleur. _ Une vingtaine de personnes venues spécialement pour le spectacle, y assistent ainsi que des résidents du foyer. Plusieurs jeunes restent debout un peu à l’écart, alors que des chaises sont prêtes à les accueillir. Ils regardent, surpris. Ils rient lorsqu’un clown se débat et fait semblant de s’étrangler quand un autre clown, un entonnoir à la main, cherche à lui faire ingurgiter la culture par la bouche. Ils écoutent, attentifs, lorsqu’Armelle explique qu’elle commence à travailler plus tard que son mari, parce que, auparavant, elle doit préparer les enfants et les conduire chez la nourrice.

Le spectacle terminé, plusieurs pensionnaires s’engagent dans l’entrée du self-service pour le repas du soir. D’autres restent pour un débat sur la représentation à laquelle nous venons d’assister. Les comédiens, toujours là, se taisent et écoutent. Un spectateur un peu plus hardi que les autres prend la parole, un autre enchaîne, une discussion s’engage. Le contenu glisse d’un thème à l’autre : l’école, le travail, le chômage... Des témoignages arrivent. Trois quarts d’heure plus tard, le débat s’arrête. Mais des échanges se poursuivent à la cafétéria et dans le hall. Certains participants, avant de partir, nous remercient de ce temps fort. Leurs yeux, leurs sourires, la chaleur de leurs poignées de mains en disent plus que leurs mots. Des idées sont nées dans leurs têtes. « On ne peut pas en rester là, il va falloir qu’on se revoie ! »

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