Colette PERIGOURDELLE propose...

jeudi 28 juillet 2011
par  Dominique Lauber
popularité : 25%

De son cru 2011, Colette PERIGOURDELLE propose

À la manière de « Grand Corps Malade »

Le jour se lève, [1] je suis radieuse, je trône dans le giron maternel. Je suis son soleil, elle est le mien.
Il fait doux dans ma vie, je prends le temps de me désaltérer, de me nourrir d’amour ; je passe de bras en bras, je voyage gratis et sans horaires.
Le temps qui passe ? Je connais pas. Tout s’offre à moi sans peine. Jusqu’aux premiers : « ça suffit ! T’en as assez eu ! On verra ça plus tard . Non, pas encore ! Pas maintenant ! Ahhh ! J’ai pas le temps !! »
Alors, je commence à compter : Combien j’en ai eu ? Combien j’en aurai encore ? Est-ce qu’il en restera pour moi plus tard ? Quelle heure il est ? Est-ce que je peux là tout de suite ?
J’apprends les heures... ça va m’être utile... et peut-être même , je pourrai décider , quand je serai assez grande, de « si c’est le moment ou pas... »
Ils remettent toujours tout à plus tard. Je prends patience. C’est sûrement pour demain que j’aurai le droit de …
En attendant, je fais ce qu’on me dit, ça fait passer le temps. C’est long d’attendre, j’aime pas attendre. J’ai des idées pour plus tard , pour quand ce sera le moment, quand ce sera mon tour de décider... Sans blaguer, j’ai plein d’idées, j’en écris des cahiers entiers ; c’est beau plus tard, mais est-ce que c’est bientôt ?

Parfois, on me dit : « c’est l’heure ! » Ah ! Vous croyez ? On m’a pas prévenue suffisamment à l’avance ! Je ne suis pas prête . Où elle est ma meilleure idée pour le moment de maintenant ?

Bon ! On verra ça plus tard ! J’ai bien le temps ! Ça fait pas si longtemps que ça que je suis là ! Il faut laisser le temps au temps : je dis des choses... je fais des choses... des enfants... je ris... je chante... je pleure... tout en réfléchissant à de nouvelles idées.
Ma tête est pleine, presque trop lourde à porter ; mes genoux crient que « ça suffit », ils veulent se reposer avant de plier tout à fait... je reprends mes cahiers... ah oui ! J’avais l’idée de … Attendez-moi ! J’arrive ! Je lève les yeux … Y’a plus personne ? Il est trop tard...
Je n’ai alors plus guère le temps que d’esquisser un sourire, de pousser un dernier soupir...

***

Le lilas me dit :

Le lilas me dit : « je me languis de tes caresses imparfaites à emmêler la tête »
Moi, je rêve de Madrid.
Pour un rien, la lumière décline, je m’alanguis dans un lointain passé... ne pas entendre ce que le lilas me dit.
Mais le lilas me dit : « la terre a soif, moi aussi »
Moi, j’ai plutôt faim... sur ma bouche mijote l’atelier.
Madrid décline dans un passé lointain, la mer monte, les châtaignes mijotent pour rien.
Je me débrouille de mon passé pas si lointain.
Le lilas me dit : « sur ta bouche... la lumière, caresse parfaite décline à grand pas."
Je rêve que je me débrouille du lilas sur ma bouche.
Je m’emmêle la châtaigne avec mon imparfaite tête.
Je décline l’atelier... s’emmêler la tête.
Là, pour rien, le lilas me dit : « ... 
Chut !
...j’ai soif, j’ai faim »
On s’en débrouille

mais également

- Sans queue ni tête et
- portrait


[1Le jour se lève est un slam de "Grand corps Malade". L’animatrice après nous l’avoir lu le texte, nous invite à écrire


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