Une simple fenêtre pour les yeux des enfants....

samedi 2 janvier 2010
par  Nicole DUPUIS
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Dans notre petit tour de piste sur cette terre, nous ne trainons souvent qu’une ou deux chansonnettes, toujours les mêmes, que l’on ballade, de printemps en cimetières, que l’on habille un peu de larmes, de rimes ou de pas de danse, pour que les autres les remarquent... Ma ritournelle à moi ressasse mes lenteurs et mes incertitudes, mes approches hésitantes de ce monde étrange, ou j’ai souvent le sentiment d’avoir été parachutée par erreur.

Il y a 25 ans, j’écrivais déjà :

« Souvent je reste sur le quai
Avec mon bouquet de silence
Et mon vieux balluchon d’errance
Lourd d’un grand rêve qui se tait.
Eux, ils prennent le train qu’il faut,
Sur la voie des réalités,
Le train des mots qui sonnent haut,
Des projets qui fusent, pressés...
Sur le rail utile des choses,
Ils rangent leurs après-midis,
Mais ont-ils vu le brin de rose,
Noué dans leurs dossiers blêmis ? »

Aujourd’hui encore je brûle du besoin de répéter, combien je suis fascinée par ceux qui ont toujours quelque chose de « bien à propos » à penser, à dire.... .quelque chose de bien tourné, une opinion qui a de l’allure, habilement campé dans les mots qu’il faut, dans le droit fil de la conversation.... Ceux-là m’éblouissent, et en même temps me poussent, encore plus loin, derrière mon « bouquet de silence ».
Éducation, politique, religion, saveur d’un plat, évaluation d’un spectacle, quelque soit le sujet, je trouve rarement assez de matériau, pour façonner, en un clin d’ œil, dans un moulage de vocabulaire adapté, mon avis sur la question... Les miettes de lumière qui affleurent sur ma pensée, se noient trop vite dans une vague de doutes et de contradictions, qui engloutit ma parole en gestation. Et puis, j’ai peur. Après tant d’années de lectures et de formations soignantes, tant d’animations de stages « oser prendre la parole », j’ai toujours un peu peur de la mienne. Peur de laisser s’échapper mes ignorances, peur du regard de l’autre sur ce que je suis.
Heureusement, il y a ceux qui me ressemblent, qui, comme moi, ne pensent qu’au « brin de rose » pour tenir, sous les discours. Il y a tous leurs regards perdus qui en disent long et, que je cueille avec tendresse, sous le vernis des apparences. Il y a la secrète symphonie de toutes nos solitudes nouées, qui cherchent sans fin leurs accords, dans le mystère suspendu de la vie, il y a nos cœurs immenses qui battent à fleur de peau, bien au delà des bavardages.....
Heureusement, il y a les poètes, les saltimbanques, les fous, qui usent leur vie, à crier, à peindre, à danser, leurs fragilités et les nôtres.
Il y a, par exemple, Anne Sylvestre qui nous fait de grands signes d’amour

« J’aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer......
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses,
Et moitié à côté...
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons. »

Comment la remercier de nous rejoindre en quelques rimes, de la pointe de ses mots magiques, dans notre pays de « taiseux ».Grâce à elle, notre « petite chanson » sonne si clair, au cœur de la musique de l’humanité !

« J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas « comme il faut »......
Ceux qui veulent bien n’être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants »

Oui, heureusement, il y a le miracle de la poésie qui sème des étoiles dans nos failles les plus intimes, et des éclats d’aurore sur les bourbiers de nos hontes !


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