Rencontre avec Di Dou Da

dimanche 27 janvier 2008
par  Paul MASSON
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Jean-Jacques d’Amore président de Di Dou Da présente l’association à l’occasion des vœux de nouvel an.

Merci à vous tous, adhérents, amis et partenaires de Di Dou Da, d’avoir répondu à notre invitation.
Merci tout particulièrement à toi Catherine Génisson, Députée et Vice-Présidente chargée de la culture à la Région, à vous Monsieur le sénateur-maire, à toi aussi François (adjoint au maire chargé de la culture) et à toi Frédéric Leturque (adjoint à la jeunesse et à la politique de la ville) pour votre présence à nos côtés, et pour votre fidèle et solide soutien depuis le 11 mars 1995, date de naissance de l’association.
La “petite” va donc bientôt fêter ses 13 ans. Pour certains, elle s’est dévergondée, pour d’autres elle s’est assagie au fil de sa croissance.
Une chose est indiscutable : elle s’est affirmée, elle sait maintenant à peu près qui elle est, elle est plutôt en bonne forme, elle reste très liée à sa famille (celle de la chanson francophone), elle pense avoir de nombreux amis parmi les artistes et les amoureux de la chanson et du spectacle vivant, et elle s’apprête surtout à vivre une nouvelle année trépidante. Elle a aussi des petits soucis, bien de son âge. Je vous en dirais deux mots entre nous tout à l’heure…

ALORS, QU’EST DEVENUE DI DOU DA ?
Pour aller vite, Je dirais une “meneuse” qui s’efforce, de multiples manières, d’emmener les publics dans des chemins vers lesquels ils ne vont pas spontanément. Le grand boulevard du Showbizz et de l’industrie du disque est si bruyant, parfois si envahissant, qu’il n’est pas toujours facile de percevoir que les rues d’à côté fourmillent de grands talents d’écriture, de voix exceptionnelles, de chanteurs et de musiciens qui ont une nprésence en scène impressionnante, généreuse et sensible. Qui a déjà vu un spectacle d’Allain Leprest ou de Bernard Joyet, pour ne citer qu’eux, savent à quel point, on en ressort transformé ! Et qu’on se comprenne bien une fois pour toutes, ce n’est pas la chanson à nos yeux chiante, narcissique ou larmoyante que nous essayons de promouvoir. Mais tout ça est bien subjectif. Nous allons plus naturellement vers des artistes, émergents ou reconnus, qui bousculent nos certitudes ou notre confort, interpellent nos neurones, malmènent nos zygomatiques ou nous arrachent parfois de belles larmes.

Vous l’aurez compris, la première vocation de Di Dou Da est donc d’essayer de développer chez le plus grand nombre cette liberté qu’est l’esprit de curiosité, le goût de découvrir et l’attrait pour le spectacle vivant. Les CD, nous adorons tous, mais ça reste tout de même, reconnaissons-le, de la musique en conserve. Ainsi chaque mois à l’Hôtel de Guînes, je pense que nous faisons la démonstration, lors de nos ”cabarets découverte” que les chansons qui n’ont rien à voir avec les standards “bien dans le format” , ou les récitals sans artifices, ni excès de projecteurs, peuvent aussi nous procurer un immense bonheur.

La deuxième vocation de Di Dou Da est elle aussi source de plaisir. Celui de chanter cette fois. Près de 150 personnes ont depuis 1999 participé aux stages “Oser chanter” que nous proposons chaque année avec nos amis d’A Corps Voix. Lorsqu’ils ont commencé, la toute première fois à chanter, certains connaissaient les chansons, mais pas leurs auteurs, d’autres mêmes croyaient qu’ils ne pourraient pas ou ne savaient pas chanter ou chanteraient faux . Pire, certains avaient été refoulés des écoles et des conservatoires. Sous la conduite de Christian Camerlynck, d’Isabelle Gordien, de Béatrice Coton, de Jean-Paul Roseau ou de notre fidèle pianiste Damien Nison, Ils ont pendant ces stages écouté, choisi et tenté des interprétations. Et nous avons découvert là des voix souvent magnifiques. Graves ou aigues, puissantes ou timides, claires ou un peu éraillées…. toutes nous procurent des émotions fortes et le plaisir de découvrir des personnalités. Nous l’avons encore vécu, pas plus tard que mardi dernier à la médiathèque d’Arras où devant une centaine de spectateurs, 18 chanteurs de l’association nous ont fait voyagé, tour à tour, dans l’étonnant répertoire de la chanson gourmande.
J’en profite pour tordre le cou à une confusion : le chant ‘amateur que nous pratiquons à Di Dou Da n’est pas du chant choral. Le chanteur chante seul et parfois en duo, accompagné de pianistes formés à cet exercice très particulier et très exigeant. Ce qui nous empêche pas de chanter de temps en temps avec la salle. Ce qui est formidable dans cette aventure qu’est le travail de la voix et du chant, c’est que les amateurs parviennent parfois à servir les mots et les mélodies avec une telle vérité, à s’y investir tellement qu’ils n’appartiennent plus à leurs auteurs. Merci à tous ces amateurs d’être une sorte de conservatoire VIVANT de notre patrimoine passé et à venir. C’est en cherchant ainsi à relier les créateurs, leurs œuvres, le foisonnant répertoire francophone (sans exclusive) et les amateurs, que Di Dou Da est devenue à sa manière une école du spectateur. Nous avons donc ici, chers amis, loin des pressions de la mode, la prétention de pratiquer l’éducation populaire et de faire en sorte que notre aventure collective continue d’affirmer sa force pluri-générationnelle. Et ça ne fait que commencer !

La troisième vocation de Di Dou Da est très liée aux deux premières. Elle en est même le prolongement. Pour la quatrième année consécutive, nous allons proposer pendant une semaine du 20 au 29 juin prochain, un événement qui s’inscrit parfaitement dans le calendrier culturel de la ville et de la région :

FAITES DE LA CHANSON.

Il me semble utile d’en rappeler la philosophie :
- Faire se rencontrer sur la scène du théâtre d’Arras, chanteurs amateurs et artistes professionnels (qui acceptent la présence d’amateurs en première partie de leur concert)
- Jouer la carte de la diversité, en programmant plusieurs approches artistiques et de styles de chansons
- Programmer un artiste ayant une notoriété, mais pas trop “showbizzé” pour qu’il soit un point de repère pour le public, mais dont le prix du cachet soit “décent” et “compatible” avec la jauge du théâtre
- Mettre à l’honneur un répertoire qui nous semble majeur
- Ouvrir la scène à une création
- Donner carte blanche à un grand serviteur de la chanson
- S’en tenir à des formules légères (pour des raisons de coût et de logistique)

Pendant cette semaine, quasiment en face du théâtre, c’est-à-dire à l’Hôtel de Guînes, nous tenons aussi à offrir au public “un supplément d’âme” et un environnement chaleureux, original, pédagogique, festif. Je pense aux animations qui rencontrent un vrai succès chaque année : les scènes ouvertes aux spectateurs dans la magnifique cour de l’HdeG, les Master class, les stages d’interprétation, les ateliers oser chanter, les ateliers oser écrire…
Je pense aussi à quelques nouveautés en préparation : un spectacle construit dans la semaine avec des enfants et ados par le jeune artiste prometteur Flavien Riez, des interviews publiques des artistes en journée, des rencontres/présentation de livres, cd, vidéo pour entrer plus intimement dans l’univers des artistes que nous aimons. Nous continuons aussi de réfléchir à de nouvelles formes de partages qui font que nous avons chaque année un bonheur fou à nous retrouver dans la cour de l’hôtel de Guînes.

voir le programme

POURQUOI LE 28 MARS ?
Il s’agit pour Di Dou Da, d’une date très importante dans son calendrier 2008. Ce soir-là, sur la scène du Casino, le Rotary Club d’Arras et son président Bernard Sénéca donnent carte blanche à Di Dou Da, comme ils le donnent chaque année à une association de la ville. Nous avons donc décidé de rendre hommage à un de nos compagnons de route auquel nous sommes profondément attachés CHRISTIAN CAMERLYNCK. Il nous a tant donné depuis dix ans, notamment de 1999 à 2001, avec le vaste projet en milieu scolaire “Nous chanterons les droits de l’homme”, puis en nous donnant toutes les clefs pour développer le chant amateur à Arras et d’entre d’autres villes comme Lille et Auchy-les-mines, il nous a tant donné que nous avions presque oublié qu’il est un grand interprète et un comédien de grand talent. Ceux qui l’ont vu à Paris au printemps dernier pourront vous donner d’autres arguments. Je dois dire aussi que Christian joue aussi un très grand rôle dans l’élaboration de Faites de la Chanson, puisqu’il en est le conseiller artistique. Rendez-vous donc le vendredi 28 mars au Casino où évidemment la première partie sera assurée par des chanteurs amateurs.

DEUX MOTS ENFIN SUR LA SANTÉ FINANCIÈRE DE DI DOUD DA
En ce 26 janvier, j’ose imprudemment la formule : “Elle est bonne”. Mais une fois que nous aurons mis en œuvre nos 8 cabarets “découverte” annuels, mis en œuvre toutes nos activités Chant’amateur dont le tout récent “parcours de formation” qui va permettre à une douzaine de chanteurs amateurs de se frotter en 6 étapes d’ici le mois de mai, à toutes les disciplines de la scène pour aller plus loin sur le chemin de l’interprétation personnelle, que nous aurons mis en œuvre le programme de la Faites de la Chanson, …je ne suis pas sûr d’être tout aussi optimiste.
De quoi vivons-nous aujourd’hui ? Nous commençons par compter sur nous-même, signe de maturité, vous en conviendrez. Pour aller vite, nos cotisations, la billetterie de nos différentes manifestations et la participation des uns et des autres à nos actions de formation amateur ont généré près de 18 000 euros en 2007. Avec cette coquette somme nous ne pourrions évidemment pas nous lancer dans une quatrième Faites de la Chanson dont le budget a frisé l’an passé les 70 000 euros.
Pour poursuivre cette belle aventure, nous avons donc la chance de pouvoir compter sur le soutien logistique et financier de la ville d’Arras, dont l’aide a fortement évolué entre 1995 et 2005. J’en profite pour remercier chaleureusement l’adjoint à la culture (un homme par ailleurs très cultivé en matière de chansons) pour l’écoute et l’attention dont il a toujours fait preuve à notre égard. Monsieur le Maire, Messieurs les élus municipaux, nous avons bien conscience que 24 500 euros par an, auxquels il faut ajouter des prêts de salles, le renfort régulier de techniciens et bien d’autres avantages en nature … et bientôt un siège pour notre association, nous avons profondément conscience que ce n’est pas rien. Et nous tenons à vous en remercier fort sincèrement Monsieur le Maire. Je sais aussi que vous attendez le MAIS ! Il va être nuancé mais il y a en effet un mais. La ville affirme à juste raison sa vocation culturelle, comme je l’ai lu cette semaine même à la page 163 de Télérama, je cite : “La ville d’Arras contribue au développement de nombreux événements dont la notoriété dépasse aujourd’hui les frontières régionales : festival l’Autre Cinéma, Faites de la Chanson, Salon du livre d’expression populaire, Main square Festival”. Nous prenons acte de cette volonté bien réelle ainsi affichée nationalement, et nous vous demandons Monsieur le maire de bien vouloir recevoir dans les prochains jours les représentants de Plan Séquence, Colères du Présent et Di Dou Da qui sont les opérateurs de ces événements. Evénements qui selon nous ne peuvent pas être supportés que sur le seul budget municipal de la culture. Tant les dimensions “image de la ville”, “Fête ”, “retombées économiques”, sans oublier le travail social et éducatif accomplis à longueur d’année par ces trois associations. De toute évidence, il doit être possible de mobiliser d’autres fonds municipaux pour que nos objectifs communs, les vôtres soient de plus en plus atteints. Merci donc d’accepter le principe de cette réunion de travail.
D’autant que, plus la ville est en première ligne sur ce genre d’événements, plus les autres partenaires publics s’engagent à leur tour. Je pense notamment au Département et à la Région. Di Dou Da a de ce point de vue la grande chance de pouvoir compter sur une avocate résolue et écoutée, Catherine Génisson, députée et vice-Présidente chargée de la culture à la Région. Grâce à ses plaidoiries efficaces et à la confiance qu’elle fait à notre travail, nous avons obtenu 32 000 euros l’an passé. Je n’oublie pas non plus la contribution de 8 000 euros du département et de 2 500 de la SACEM. L’année dernière, grâce aussi au soutien de François Demazière nous avons même obtenue une aide exceptionnelle de 15 000 euros du ministère de la culture. Pas sûr que cette aubaine se reproduise cette année, ce qui nous fait souci pour boucler notre budget. Même si j’ai aujourd’hui la quasi certitude que le groupe privé Gazeley reconduira son aide.

Pour terminer, je voudrai rendre un grand hommage à l’ensemble des bénévoles de l’association, et croyez moi il en faut du carburant bénévole pour mener autant de projets, sans un seul permanent professionnel. Des centaines heures et des centaines heures qu’il faudrait pourtant comptabiliser.
Voilà, chers amis, l’essentiel de ce que Di Dou Da avait à vous dire en ce début d’année, que nous vous souhaitons particulièrement heureuse et féconde.

Office Culturel d’ARRAS - Samedi 26 janvier 2008

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