petit lexique (socio)-économique simplifié

samedi 3 novembre 2007
par  Christian NOUAUX, Paul MASSON
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Aliénation
dépossession de l’individu et perte de maitrise de ses forces propres au profit de puissances supérieures, que celles-ci s’exercent à un niveau individuel (aliénation mentale) ou à un niveau social (aliénation sociale et économique).

(travail aliéné) :
la triple figure du travail aliéné est qu’il est inventé par un autre, organisé par un autre, et que le produit de ce travail profite à un autre.

Banques
"je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"
Thomas Jefferson (1802)

Bonheur national brut (BNB) :
indicateur de bien-être économique durable bien plus englobant que le Produit Intérieur Brut utilisé dans le petit pays du Bhoutan reposant sur la croissance et le développement économiques, la conservation et la promotion de la culture, la sauvegarde de l’environnement et l’utilisation durable des ressources naturelles, et la bonne gouvernance responsable, ces quatre piliers à importance égale.
Voir : Produit Intérieur Brut

Capital :
au sens économique général il est un des facteurs de production, l’autre étant le travail.
Pour les libéraux classiques et Marx il est du travail accumulé, partie de la valeur-travail.
Pour Marx le capital s’approprie gratuitement la plus-value produite par l’ouvrier. Sous la forme de monnaie, le capital ne produit aucun profit ; il faut que l’argent se transforme en marchandise pour en produire.

charges patronales cotisations sociales de l’entreprise qui financent les salaires différés.
Le terme charges patronales est un terme inapproprié. Il laisse entendre que se sont des cotisations sociales payées par les « patrons » (propriétaires de l’entreprise) alors qu’elles sont payées par l’entreprise elle-même.
Les véritables charges patronales pour l’entreprise sont les dividendes distribués aux actionnaires. En effet la part distribuée aux actionnaires est, pour l’entreprise, une charge prise sur la valeur ajoutée qui diminue ses capacités d’investissement.
Cette appellation est source de confusion et idéologiquement chargée. Elle confond l’entreprise et le propriétaire de l’entreprise. Elle laisse croire que les intérêts de l’entreprise et les intérêts des propriétaires de l’entreprise sont semblables, ce qui est faux. L’entreprise n’a pas intérêt à distribuer des revenus à ses propriétaires (sauf stratégiquement : augmenter le capital, fidéliser ses actionnaires…), c’est pour elle une charge qu’elle ne peut pas affecter à son autofinancement (cash-flow).

cotisations sociales
part des charges de l’entreprise servant à financer le salaire différé (salaire social) des salariés de l’entreprise.
La diminution des cotisations sociales correspond en fait à une diminution du revenu des salariés amenés à prendre sur leur salaire net ce qu’il recevait préalablement par leur salaire différé.

crise
la crise c’est quand "le neuf est trop neuf et le vieux trop vieux" disait Gramsci.
L’idéogramme chinois pour écrire crise assemble le mot danger et le mot opportunité .

Force de travail :
dans la terminologie marxiste (mais aussi implicitement chez Smith et Ricardo sans employer ce terme), partie rémunérée du travail de l’ouvrier nécessaire à sa reconstitution – la peine en durée et non pas la simple durée (Smith), minimum nécessaire pour sa subsistance (Ricardo), dépense productive déterminée de tout individu moyen en muscles, nerfs et cerveau humains -, l’autre partie gratuite étant extorquée par le capital.
Voir définition de Valeur-travail et reproduction et ici

Globalisation voir mondialisation

Indices économiques :
batterie d’indicateurs économiques inspirant ou pas la confiance et l’esprit d’entreprise.
Leur nature sacrée les fait parfois ressembler à ces augures romains, pour qui le vol d’oiseaux prédisait la victoire ou la défaite.

Intérêt général :
dans la théorie libérale l’intérêt général et l’intérêt privé coïncident, avec des nuances selon les économistes.
voir aussi ici

Intérêt privé :
dans la théorie libérale l’intérêt privé et l’intérêt général coïncident, avec des nuances selon les économistes.
mais le petit peuple a des difficultés à l’admettre

Interventionnisme (économique) :
attitude (généralement d’un état) qui consiste à intervenir dans le jeu économique et ainsi à en fausser les règles « naturelles de la concurrence ».

Investissement :
en macroéconomie, partie d’un revenu non utilisée à la consommation, épargnée pour acquérir des outils pour produire.

Keynésiens :
pour Keynes et ses amis c’est la demande qui a un rôle fondamental sur le niveau de production et le plein-emploi, d’où l’importance de la consommation et de l’investissement, et en période de sous-emploi la nécessité de l’intervention de l’Etat par un outil essentiel, le déficit budgétaire.

Libéralisme :
il préconise la primauté du marché, la libre concurrence et la liberté du travail et des échanges.
Latent depuis des siècles, il a été théorisé au 18ème siècle, parallèlement à l’émergence des idées émancipatrices qui ont précédé les Révolutions américaine et française, tout d’abord par Adam Smith et son image de la "main invisible du marché", et David Ricardo.
Le fondement de leur libéralisme s’appuie sur le triomphe de la raison et la rationalité du comportement humain, mais ils notent de possibles dysfonctionnements et n’interdisent pas d’éventuelles interventions du « prince ».

Libre échange :
tenu par les économistes libéraux pour l’état idéal du commerce international.
Pour eux il est limité par les mesures protectionnistes (tarifs douaniers), par les monopoles ou les ententes entre oligopoles.
Voir mondialisation …

Marché :
selon les Libéraux seul le marché et sa régulation offre-demande, la concurrence, sans aucune intervention extérieure, permettent à une société d’être efficace et juste. Et ceci sur tous les marchés : biens et services, travail, capitaux, entreprises.

mondialisation :
tentative libérale de création d’un supermarché planétaire sans entraves au libre échange, où tous les acteurs obéiraient aux mêmes règles (concurrence, non-protectionnisme, règle anti-monopole…).
Les organismes supranationaux actuellement régulateurs de ce supermarché sont l’OMC (Organisation mondiale du commerce), la Banque mondiale et le FMI (Fond monétaire international), dont la légitimité démocratique reste assez obscure.
Voir libéralisme, libre échange, démocratie

Plus value (sur cession d’actif) : différence, lors de la cession d’un actif, entre le produit de la vente et la valeur nette comptable de cet actif. (voir capital)
En économie marxiste, c’est la part de la valeur ajoutée, par le travail que le propriétaire de l’entreprise s’approprie.

Politique économique :
instrument économique permettant d’œuvrer pour un objectif économique et/ou social déterminé (relance par la consommation ou l’investissement, fixation du taux directeur, déficit budgétaire, déflation, politique de redistribution, politique fiscale, etc..).
Dans l’Union européenne le traité de Maastricht a considérablement limité l’éventail des politiques économiques utilisables par un Etat de l’Union.

Production :
le fait de produire des biens matériels et d’assurer des services, distinct du fait de les vendre ou pas (donc distinct du Chiffre d’affaires) : cultiver un jardin potager pour sa consommation est une production. C’est un des concepts essentiels de la micro et macroéconomie.
La production : le résultat d’un travail qui conduit a une transformation d’un produit, d’un bien d’une idée, d’une représentation…..
au sens de la Comptabilité Nationale, la production est l’activité économique socialement organisée consistant à créer des biens et des services s’échangeant habituellement sur le marché et/ou obtenus à partir de facteurs de production s’échangeant sur le marché. La production est marchande lorsqu’elle s’échange ou est susceptible de s’échanger sur un marché à un prix tel que l’on puisse considérer qu’il vise au moins à couvrir les coûts de production. Tous les biens sont marchands.
La production des services non marchands comprend les services fournis par les administrations publiques et privées à la collectivité dans son ensemble ou à des groupes particuliers de ménages, à titre gratuit ou quasi gratuit ainsi que les services produits par les ménages à titre d’employeur de personnel domestique.

Produit intérieur brut (PIB) :
grand gâteau de la richesse produite sur le territoire. Il est égal à la somme des valeurs ajoutées produites par les entreprises sur le territoire + le PIB non marchand (coûts salariaux des fonctionnaires, production estimée des jardins ouvriers…).
Le PIB est productiviste, il augmente avec les nuisances de toutes sortes.
La variation du PIB d’une année sur l’autre donne le taux de croissance, thermomètre dont dépendent fortement l’humeur des consommateurs et des investisseurs. Elle exacerbe, surtout lorsque cette variation stagne, les conflits pour le partage du gâteau. Voir le BNB

Profit :
résultat qui revient au propriétaire du capital lors qu’il a payé les travailleurs et les produits consommés pendant le cycle de production.
En économie ce terme simple est remplacé par Résultat Economique Brut (REB) voir ce terme.

Reproduction :
Marx croit à la contrainte majeure de la reproduction matérielle d’une société.
Le travail étant une marchandise comme les autres, il est donc toujours finalement payé à son prix, c’est à dire au coût de sa reproduction.
Voir travail, force de travail, valeur-travail, valeur, capital.

revenu :
Le revenu de quelqu’un est l’ensemble des droits sur les ressources disponibles qui lui sont attribuées.

Salaire :
Revenu distribué au salarié en échange de son travail et de sa subordination..
Il est composé de deux parties :
Le salaire net que le salarié reçoit chaque mois avec sa fiche de paie
et le salaire différé appelé aussi salaire social. C’est un salaire indirect
perçu
- pour se soigner : c’est la Sécurité Sociale (CPCAM)
- pour disposer d’un revenu à la retraite (CNAV )
- pour élever sa famille : ce sont les allocations familiales (CAF),
- et en cas de chômage : allocations chômage

salaire socialisé :
revenus distribués aux salariés en cas de maladie, de congés maternités, pendant leur retraite ou lors de période de chômage. Également, revenu complémentaire, distribué pour élever les enfants.
Le salaire différé permet d’organiser la solidarité entre les travailleurs, inégaux devant la maladie, la mort.
le salaire socialisé (salaire différé) est alimenté par les cotisations sociales des entreprises et les cotisations personnelles du salarié. Elles apparaissent sur les fiches de paye sous des appellations divers : prélèvements obligatoires, charges salariales, charges patronales, cotisations sociales, mais jamais sous le nom de salaire différé

Salaire différé : autre terme pour désigner le salaire socialisé

Salariat :
certains pensent que le salariat, et autres formes assimilées ou à venir, sont appelés à disparaitre. Le capitalisme disparaîtrait lui aussi, tant salariat et capitalisme sont organiquement liés.
voir travail

Solidarité
Par les cotisations sociales, les travailleurs d’abord, puis depuis la libération, la société française toute entière, ont fait de la solidarité, une valeur structurante de notre organisation sociale.
Les attaques contre les « charges sociale » qui financent cette solidarité, au delà des atteintes au pouvoir d’achat des travailleurs, sont une remise en cause d’un modèle de société solidaire au profit d’un autre modèle de société individualiste. Les enjeux autour des charges sociales, de la sécurité sociale, des retraites comme ceux autour des services publics sont des enjeux de société.
Les attaques contre les protections sociales (remise en cause de la sécurité sociale, des retraites) et des services publics sont des remises en cause d’une organisation sociale solidaire.

Taylorisme :
désigne l’Organisation scientifique du travail (OST) conçue par Frederick Taylor, ingénieur américain (1856-1915), dont le caractère est prétendument objectif et rationnel.
Il s’agit de décomposer une tâche en une série de tâches partielles et complémentaires, contribuant à la réalisation d’un produit.
Pour Taylor la multiplicité des tâches à accomplir sur un même poste freine la productivité.
Taylor reconnait l’existence d’un savoir-faire des ouvriers professionnels, mais il pense que ce dernier s’exerce au détriment de la productivité. Il est donc nécessaire de réorganiser le travail et de procéder à un transfert de compétences vers un personnel d’encadrement, afin de permettre aux exécutants d’être plus productifs.

Travail :
fait référence dans son sens économique soit au motif du salaire, soit à la force de travail et à sa reconstitution, soit à la valeur-travail, soit au facteur de production dont l’autre est le capital.
Voir ces termes, voir aussi aliénation, reproduction.

Valeur :
terme économique fondamental, source des conflits entre économistes ou idéologues. _ On distingue la valeur d’usage (utilité objective ou subjective d’une chose), la valeur d’échange, qui est fondée soit sur le rapport de l’offre à la demande, soit sur la quantité de travail nécessaire à la production (valeur-travail).
Voir valeur-travail.

Valeur ajoutée (VA) :
solde du Produit de l’activité (ou Produit total) moins consommations intermédiaires.
C’est la richesse crée par l’entreprise, gâteau que veulent se partager conflictuellement cinq convives (Actionnaires, État, banquiers, salariés et l’entreprise elle-même).
C’est aussi la rémunération des facteurs de production (travail et capital) mis en œuvre dans l’entreprise.

Valeur-travail :
Pour les libéraux classiques (Adam Smith, David Ricardo) aussi bien que pour Marx, l’instrument de mesure de la valeur d’échange d’une marchandise est le travail – la valeur d’une marchandise est déterminée par la quantité de travail que cette marchandise permet d’acheter, de commander à autrui (Smith) ; …ce travail est à la fois celui qui est directement utilisé pour la fabrication et la dépense de travail préalablement accumulée dans l’outillage nécessaire pour produire (Ricardo).
Pour Marx la valeur travail, inspirée de Ricardo, se décompose en deux partie : la force de travail et le salaire nécessaire à sa reconstitution, et d’autre part la plus-valu, travail gratuit que s’approprie le capital.
Autrement dit la différence entre travail et valeur-travail est celle entre travail réel et travail créateur de valeur marchande (marchandise).
Voir aussi valeur, capital, force de travail, reproduction.

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