écriture en couleur

dimanche 27 mai 2007
par  Christian LEJOSNE, Paul MASSON
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Avec l’encre bleue j’écris le paradis
les yeux clairs de ma mère
le jardin de l’enfance
le temps d’avant la naissance
la vierge des églises
l’inconscient, l’océan
le ciel, le voyage de la vie à venir
le bleu, c’est l’infini, c’est le verbe rêver.

Avec l’encre rouge j’écris le sang versé
les règles de la femme,
le sang de ma naissance,
la peur et le désir
le feu qui brûle en soi
l’ivresse du plaisir, la douleur des ruptures
C’est le vin de la vigne, le fruit de la passion.

Avec l’encre marron, c’est la terre que j’écris
l’arbre qui prend racine,
la plante qui se nourrit
les vallons, les montagnes, la nature, les planètes
C’est le travail de l’homme, la poutre qui soutient,
le meuble raboté, ciré, poncé, verni,
la peau tannée des animaux, le cuir,
peau tendue de tambour et le son qui s’installe,
le marron, c’est croquer, c’est monter, c’est grandir.

Avec l’encre jaune, j’écris s’épanouir
le poussin vient de naître et déjà c’est un coq
le printemps a vécu et les grands champs sont murs
Colza, puis seigle et blé dans l’éclat du soleil
l’été à son zénith, chauffe la terre entière.
La citrouille est carrosse, la belle au bois dormant est prête à s’éveiller.

Le passage est en gris
entre deux, inconnu, que va-t-il advenir ?
La brume, le brouillard, crainte et espoir mêlés
le gris après le feu, la cendre calcinée.
Une page est tournée, quelque chose va naître
et l’on ne sait pas quoi ; une espérance attend
Phénix aux mille éclats, arc en ciel d’avenir.

Paul


J’écris avec l’encre verte le parfum clair de ta prairie
Tes hautes herbes qui frissonnent
Les fleurs fraîches au bout de ta tige
Ta coulée sentant bon la nature
Le charme fou que tu laisses en pâture

J’écris avec l’encre rouge la chaleur de tes lèvres vives
Le sang versé des révolutions avortées
La sensualité du vin quand il coule sur tes seins
L’odeur de ta robe enlevée
Dans la torpeur d’un jour sans fin

J’écris avec l’encre blanche le son mat des pas dans la neige
Le cri de la craie quand elle décrit l’absence
Les nuages qui cachent mon soleil
L’écran laiteux de ma vieillesse
Le mur nu où toujours je me cogne

J’écris avec l’encre noire l’espoir en berne dans ma poitrine
Les regrets de mes nuits étoilées
Le mystère qui peuple l’univers
Les trous, les vides, le froid, la terre
L’univers qui peuple le mystère

Christian


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