Voter pour soi : tout un programme

mercredi 7 mars 2007
par  Christian LEJOSNE
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La saison des promesses est revenue. Je ne parle pas du printemps qui tarde montrer son nez. Non. Je pense la période électorale qui s’annonce : régionales, cantonales, européennes … On n’a pas fini d’en entendre, des belles promesses : cette fois-ci c’est sûr, juré, promis, ça va vraiment changer si nous votons pour untel ou pour bidule. D’ailleurs, on ne nous demande pas plus : voter pour moi qu’ils disent tous. Après je m’occupe de tout. Et comment qu’ils s’en occupent ! A coup de QG, d’état-major, en montant en première ligne, en faisant campagne … C’est fou ce que la pratique politicienne emprunte au vocabulaire militaire. C’est pourtant rarement dans les casernes que fleurissent les idées démocratiques.

Alors, avant que vous ne receviez une flopée de professions de foi (drôle de nom là encore, vous ne trouvez pas ?) dans leur triste enveloppe grise, j’ai pensé vous proposer la mienne. Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous promettre la lune. Je ne suis candidat qu’à mon propre changement. Ma profession de foi ne concerne en conséquence que moi. Si je vous en fais part, c’est pour m’obliger d’avantage à respecter mes propres engagements. Et aussi parce que ça peut vous donner envie de vous engager vous-même dans la direction de changements qui vous concernent au premier chef. Une manière d’élection à l’envers où chacun s’engage pour soi-même. Si l’on est plusieurs à s’engager chacun sur de premiers changements, c’est déjà la société qui n’est plus tout à fait la même. Alors, imaginez si l’on est des millions à décider de changements plus conséquents.

Voici mon programme (mis en œuvre immédiatement) :

Je respecte ma vie, parce qu’elle est unique. « N’oubliez pas que vous allez mourir » disait Louis Jouvet à ses apprentis comédiens. J’entends dans ces paroles à la fois une demande de grande humilité dans ce que nous réalisons et l’impérative nécessité de se rappeler que chaque instant doit être vécu le plus ardemment possible.
Je prends mon temps. Je prends du plaisir à faire les choses au rythme qui me convient. Je fuis l’urgence. Je me reconnais dans les propos de Paul VIRILIO (Urbaniste et philosophe) : « La vitesse absolue est le contraire de la démocratie qui suppose d’aller vers les autres, de discuter, de prendre le temps de la réflexion et de partager la décision. Quand il n’y a plus de temps à partager, il n’y a plus de démocratie possible ». En marchant une heure chaque jour pour aller au travail, je prends le temps de réfléchir à ce que je dois faire ou ne pas faire, de me fixer des mini-objectifs quotidiens dans tous les domaines de ma vie.
Je ne regarde plus les journaux télévisés (sauf Arte). Leurs images me noient sous un flot d’émotions incompatibles avec une réelle information qui laisserait la place à ma propre réflexion. Je lis des journaux indépendants (1) et des livres pour approfondir les sujets qui m’intéressent et dont les médias ne parlent pas ou peu.
Nous travaillons moins. Bien avant la loi Aubry sur la réduction du temps de travail, nous avions (ma femme et moi) déjà diminué de moitié notre temps de travail. Aujourd’hui, je bénéficie de l’ARTT. J’espère bien diminuer encore plus mon temps de travail prochainement. Car à quoi bon travailler toujours plus pour consommer encore d’avantage de produits inutiles… Ce temps libéré peut être utilement consacré à d’autres domaines d’activités : se cultiver, prendre soin de soi et de ses proches, se divertir, prendre le temps de ne rien faire … et celui de se questionner (et de vous faire partager mes réflexions).

Je respecte l’environnement et la planète, parce qu’elle aussi est unique, que ses ressources sont limitées et que la consommation d’énergie est le reflet de l’inégalité entre les hommes (7070 kwh par an pour un français contre 22 pour un éthiopien).
A la maison, je cherche à économiser l’énergie, en mettant des lampes fluo-compactes (qui consomment cinq fois moins qu’une lampe standard à incandescence), en installant un réservoir à double capacité dans les WC … Je m’inspire du livre « La maison des néga-watts » pour diminuer radicalement ma consommation d’énergie (2).
En ville, je limite l’usage de ma voiture, parce que ça pollue, ça amoche les villes, ça stresse. D’ici 20 ans, il est prévu un doublement du parc automobile mondial … avec toutes les conséquences sur l’environnement et le climat. J’ai fait le choix d’habiter près de mon lieu de travail pour y aller à pied, près du centre-ville pour utiliser les services sans recourir à la voiture.

Je respecte mes prochains et aussi mes lointains. Je participe au monde qui m’entoure et chaque fois que je peux, j’apporte mes connaissances accumulées pour aider mes proches quand je sens qu’ils peuvent être réceptifs.
J’achète au maximum des produits locaux, qui limitent les nuisances liées au transport et les intermédiaires. J’évite les super-marchés qui exploitent leurs fournisseurs et leur personnel (un jour, j’espère pouvoir dire que je ne vais plus du tout dans ces lieux). Je limite mes achats de consommation à ce qui m’est vraiment utile.
J’irai voter les week-ends prochains, bien que je ne me fasse pas trop d’illusions sur l’issue de cet acte. Même si l’essentiel est ailleurs, je ne vois pas pourquoi je me priverai de cette conquête démocratique ; les espagnols ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, en balayant ceux qui n’ont pas voulu entendre leur refus d’aller combattre en Irak contre des armes de destruction massive qui n’ont jamais été retrouvées.

Christian LEJOSNE

(1) En particulier Silence ! que vous pouvez découvrir gratuitement en leur demandant un N° d’essai (9 rue Dumenge 69317 LYON Cédex 04)
(2) La Maison des néga-watts de Thierry SALOMON et Stéphane BEDEL – éd terre vivante 12 €


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