Notre corps nous parle…

lundi 12 octobre 2020
par  Nicole DUPUIS
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A l’occasion d’octobre Rose, un mois de sensibilisation au cancer du sein

Nicole propose un texte intime et poétique.

Notre corps nous parle, il nous parle de nous et de notre lien à la vie. Et souvent nous ne prenons pas la peine d’essayer de décrypter ses messages. Même s’ils sont aléatoires, peut-être bien qu’ils nous font peur .

Oui, notre corps nous parle...
A travers ses maux de pacotille, il nous chuchote de tendres paroles de mise en garde.
Dans le feu de ses cataclysmes, il nous lance des cris d’urgence.
Parfois, au cœur du silence et de l’immobilité de certaines heures protégées, j’entends mes deux seins me parler…

L’un m’a quittée, avec ses menaçants noyaux de mort. Mais je le sens toujours là, vibrant encore de son mystérieux effondrement, comme un deuil qui ne se fera jamais tout à fait… mais un deuil qui me pousse vers l’essentiel.
Ce sein-là me dit : « n’oublie pas la précarité de tout ce qui s’installe ; N’oublie pas ce grand souffle d’éphémère qui te baigne sans fin, de détresse en ivresse, des instants qui te comblent, jusqu’au fil de tes naufrages..
N’oublie pas sa main sur ton épaule… la main de celle qui connaît la fin de ton voyage. Dans le désordre du chemin, elle sème des perles d’éternité. A toi de t’en saisir pour illuminer l’écheveau fragile de tes jours.
N’oublie pas sa main sur ton épaule. Deux fois déjà, elle t’a glissé au bord du cœur une petite fleur d’adieu. Et tu as senti s’agiter le grand bouquet final...
Mais tu vois mieux désormais l’intense clarté de ses bourgeons les plus intimes, ceux qu’on ne respire que loin des tumultes et des occupations.
N’oublie pas de t’y embraser ! »

L’autre sein, le résistant, me chante les rondeurs éternelles du plaisir et de l’enfance… et les sources à foison de tendresse et de lait qui s’offrent librement, sans peur et sans projets.
J’y sens palpiter la sève fidèle de la vie simple, celle qui s’obstine, confiante, dans le giron des heures ordinaires.
L’autre sein, c’est mon escarcelle. Je n’y garde que les jolis cailloux blancs de tous mes sentiers d’existence.
Jusqu’à ce matin, ils étaient inoffensifs..

Nicole

le 4 janvier 2020


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